« Le chat dit : « Je poursuivrai mes ennemis et je les atteindrai ; je ne reviendrai pas avant de les avoir anéantis. » » (Psaume 18, 38)
Le chat — dont la nature est de poursuivre les nuisibles et de ne pas leur laisser d’existence — fait entendre, dans son chant, une leçon morale profonde sur le devoir de l’homme de monter la garde et d’éradiquer le mal dès son apparition. Il n’attend pas que la faille grandisse et se propage ; dès qu’apparaît une étincelle de corruption, il se lève pour l’anéantir. Il enseigne ainsi qu’il n’y a pas de perfection dans le service de Dieu tant que le mal subsiste, même de manière infime et dissimulée.
Ainsi est-il dit :
הֲלוֹא אִם־תֵּיטִיב שְׂאֵת, וְאִם לֹא תֵיטִיב – לַפֶּתַח חַטָּאת רֹבֵץ (בראשית ד’, ז’)
« Certes, si tu t’améliores, tu seras élevé ; mais si tu ne t’améliores pas, le péché est tapi à la porte. »
Nous apprenons que l’essentiel du service ne réside pas seulement dans les actes extérieurs, mais surtout dans l’arrachement de la racine du péché. Car si le péché est tapi à la porte, il finira par surgir et tout altérer. L’homme doit donc être vigilant, discerner le mal tant qu’il est encore petit, et l’extirper immédiatement.
La racine de ce mal se révèle dans les sources sous la figure d’Amalek — force de refroidissement et de doute. Les sages ont déjà indiqué que « עמלק » a pour valeur numérique « ספק » (doute), car sa puissance consiste à introduire le doute dans le cœur de l’homme, à refroidir la foi et à affaiblir l’attachement.
À son sujet il est dit :
כִּי יָד עַל כֵּס יָהּ, מִלְחָמָה לַיהֹוָה בַּעֲמָלֵק מִדֹּר דֹּר (שמות י »ז, ט »ז)
« Car la main est sur le trône de Dieu : guerre pour l’Éternel contre Amalek de génération en génération. »
Tant que cette force existe, le Nom n’est pas complet et le Trône n’est pas complet.
C’est pourquoi le commandement d’effacer Amalek est fondamental : déraciner non seulement le mal manifeste, mais aussi le doute subtil qui ronge le cœur. Tant qu’il subsiste une place pour le doute, le mal garde une emprise. De même que le chat ne laisse pas vivre un petit nuisible, ainsi ne faut-il laisser subsister aucun point de doute ni de froideur dans l’âme.
C’est ce qui est suggéré dans le verset :
כִּי שֶׁבַע יִפּוֹל צַדִּיק וָקָם, וּרְשָׁעִים יִכָּשְׁלוּ בְרָעָה (משלי כ »ד, ט »ז)
« Car le juste tombe sept fois et se relève, tandis que les méchants trébuchent dans le mal. »
Même si le juste chute, il se relève et ne laisse pas la chute s’emparer de lui. Allusion profonde : les lettres finales de « שֶׁבַע יִפּוֹל צַדִּיק וָקָם » forment עמלק, pour enseigner que les chutes sont le champ de bataille contre Amalek. Si l’homme se relève, il le soumet ; s’il tombe et demeure à terre, il lui donne prise.
De même est-il dit :
וְרָדְפוּ מִכֶּם חֲמִשָּׁה מֵאָה… וְנָפְלוּ אֹיְבֵיכֶם לִפְנֵיכֶם לֶחָרֶב (ויקרא כ »ו, ח’)
« Cinq d’entre vous en poursuivront cent… et vos ennemis tomberont devant vous par l’épée. »
Les sages expliquent que « לֶחָרֶב » a pour valeur numérique « עמלק », pour enseigner que lorsque l’homme se tient véritablement dans son combat, il reçoit la force de faire tomber la racine d’Amalek jusqu’à son terme.
Ainsi est-il dit encore chez le prophète :
מִצְרַיִם לִשְׁמָמָה תִהְיֶה וֶאֱדוֹם לְמִדְבַּר שְׁמָמָה תִּהְיֶה מֵחֲמַס בְּנֵי יְהוּדָה (יואל ד’, י »ט)
« L’Égypte deviendra une désolation et Édom un désert dévasté, à cause de la violence faite aux enfants de Juda. »
Il y a ici une grande allusion : les mots « מֵחֲמַס בְּנֵי יְהוּדָה » ont pour valeur numérique « עמלק ». Cela enseigne que la violence et la corruption ne sont qu’une manifestation de cette écorce amalécite, qui atteint la justice et détruit le monde. Partout où il y a violence, là se trouve l’emprise d’Amalek.
Selon les paroles des justes, l’essentiel du travail est d’abolir la royauté d’Amalek, qui englobe toutes les forces de dissimulation et d’opposition à la sainteté. Lorsque cette racine est annulée, tous les doutes disparaissent et toutes les obscurités se dissipent.
Tel est le sens profond du chant du chat : un appel constant à l’homme — ne laisse aucune place au mal, même infime ; ne laisse pas le doute entrer ; ne tarde pas à corriger la faille. Lève-toi immédiatement, renforce-toi, et déracine le mal à sa source.
En résumé : le chat enseigne la voie du combat contre l’Amalek intérieur — le doute et la froideur. Par la vigilance, la promptitude et la persévérance à se relever après chaque chute, l’homme mérite de le soumettre. Et lorsque le mal sera entièrement déraciné, la lumière divine se révélera dans sa plénitude, accomplissant la perfection du Nom et du Trône, sans aucune dissimulation.

