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Une bonté éternelle

16. Or Lavan avait deux filles : le nom de l’aînée était Léa, celui de la cadette Ra’hel.

17. Léa avait les yeux faibles ; Ra’hel était belle de taille et belle de visage.

(Genèse 29:16,17)

Les yeux de Léa

D’après le Rachbam, les yeux de Léa étaient tout le temps en larmes.

Pour Rachi, la raison de ses larmes était dû au fait qu’elle pensait être promise à Essav, frère aîné de Yaakov. Car tout le monde disait: « Rivka a eu deux garçons, Essav et Ya’akov, et Lavan son frère, deux filles, Léa et Ra’hel. L’aînée avec l’aîné (Lea avec Essav) et la cadette avec le cadet (Ra’hel avec Yaakov) ».

Dans la Guémara Ta’anit, nous apprenons que si une femme a de beaux yeux, il ne sera pas nécessaire de regarder le reste. (Il est évident que tout le reste du corps est à l’image des yeux).

Si la Torah nous parle des yeux de Léa, c’est pour nous dire qu’ils étaient magnifiques (tout comme son apparence, aussi belle que Ra’hel) mais qu’à cause de ses larmes, ils se sont abîmés.

D’après Rabbi Haïm Patiel, Léa était beaucoup plus belle que Ra’hel.

Dans la Guémara, on nous rapporte que Léa se tenait à la croisée des chemins, pour questionner les voyageurs sur ce qu’ils savaient du comportement d’Essav. Ils lui dirent que c’était un homme mauvais, qu’il volait les gens, sans scrupule. Alors, elle commença à pleurer et à implorer le ciel afin de ne jamais tomber dans les mains de cet homme. Elle pleura tellement que ses yeux s’abîmèrent. Ce fut pour elle un éloge, elle fit connaître ainsi à son entourage le dégoût qu’elle ressentait face à un mécréant comme Essav, et son désir de s’attacher à un juste comme Ya’akov.

Léa rend grâce à l’Éternel

Elle conçut encore, elle mit au monde un fils et elle dit : « Pour le coup, je rends grâce à l’Éternel ! » C’est pourquoi elle le nomma Yehoudah. Alors, elle cessa d’enfanter. (Genèse 29:35)

Dans la Guémara Béra’hot, on nous enseigne que depuis le premier jour de la création du monde, personne ne rendit grâce comme le fit Léa.

D’après le Haemri Chefer, depuis la création du monde, aucune créature ne reçut plus que convenu et ne rendit hommage pour cela à l’Éternel, hormis Léa.

Ya’akov devait donner naissance aux 12 tribus. Ya’akov se maria avec Léa et Ra’hel mais aussi avec leurs servantes Zilpah et Bilah. Chacune d’elles devait donc donner naissance à 3 enfants. Avec ce quatrième enfant, Léa comprit qu’elle avait reçu plus que les autres et c’est la raison pour laquelle elle le nomma Yehoudah, de Hoda, rendre grâce.

Rendre grâce a plus de valeur, que louer ou chanter en l’honneur de D.ieu.

Deux notions y sont incluses: la louange et la reconnaissance. La louange sur les faits, et la reconnaissance des faits qui ont été attribués exclusivement à une personne et non à une autre.

D’après le Targoum Yonatan, Léa voulait dire que de cet enfant sortirait la lignée des Rois d’Israël et dont le premier fut le Roi David, qui consacra sa vie à rendre grâce à l’Éternel.

Le Roi David rend hommage à Léa.

אשרי האיש, אשר לא הלך בעצת רשעים, ובדרך חטאים לא עמדת, ובמושב לצים לא ישב

(תהילים א:א)

Heureux l’homme qui ne suit point les conseils des méchants, qui ne se tient pas dans la voie des pécheurs, et ne prend point place dans la société des railleurs.
(Psaume 1:1)

Le Roi David commence son livre des Psaumes par l’éloge fait à la personne qui s’écarte du mal et recherche le bien. Bien qu’il ait choisi le bon, il souffrira tout au long de sa vie face aux épreuves, mais il lui promet, qu’il sera malgré tout un homme vraiment heureux et satisfait dans ce monde et dans le monde à venir.

Cette allusion est faite dans le premier mot du verset אשרי – Heureux et les dernières lettres des mots  אשרי האיש, אשר לאHeureux l’homme qui ne, qui forment aussi le mot אשרי – Heureux, mais en désordre. Ce monde est appelé « un monde en désordre » et le monde futur « un monde clair ou en ordre ». (Erets Ha’haïm)

À l’inverse, la réussite du méchant ne sera qu’éphémère, il finira un jour ou l’autre par tout perdre.

Tout le verset est l’éloge de Léa, qui refusa et pria de tout son cœur, au point de perdre l’éclat de ses yeux, pour ne pas suivre les conseils des méchants, de ne pas se tenir dans la voie des pécheurs et de ne pas prendre place dans la société des railleurs, incarnés par Essav.

Grâce à cela, Léa mérita de se marier avec Ya’akov, de vivre dans sa tente, d’avoir plus d’enfants que toutes ses autres femmes, de donner naissance à Levi, qui donnera la tribu des prêtres (les Leviyim et les Cohanim) et à Yehouda, d’où la lignée de la Royauté d’Israël, le Roi David et le Machia’h (le Messie). Pour finir, elle mérita d’être enterrée auprès de Ya’akov.

Valeurs numériques et allusions

L’allusion faite à Léa se retrouve dans les trois premières lettres des mots  

האיש, אשר לא – l’homme qui ne…, qui forment le mot לאה  – Léa.

La valeur numérique de לאה  – Léa est 36, soit la même que les mots אודה יי – je rendrai grâce à l’Éternel (Psaume 7 :18).

Avec son ensemble (+1) לאה  – Léa équivaut à 37, soit la même valeur que le mot בכיה (pleure)

Le nom לאה  – Léa écrit pleinement comme suit : למד אלף הא  a comme valeur numérique 191, soit la même que les mots : בן דוד יבוא ויגאלנו – « le fils de David viendra et il nous délivrera » (allusion au Machia’h (le Messie) qui sera un descendant du Roi David de la tribu de Yehouda et donc, descendant de Léa).

Les lettres de son nom ל.א.ה forment aussi le mot  אהל – tente (tente de Yaakov)

Essav le mécréant

La vision qu’ Essav avait de ce monde était à son image. À sa naissance, on le nomma עשו “Essav” de עשיו “fini, terminé, mature…” du fait qu’il était recouvert de poils comme un homme. Son aspect était rougeâtre, son état de santé à ce moment-là, n’a pas permis à ses parents de lui faire la circoncision au huitième jour. Quand il devint grand, il la refusa catégoriquement.

Essav voyait ce monde comme un élément fini, prêt à la consommation, il dédaignait toute notion de spiritualité, de morale, de récompense ou de punition. Il rejetait l’idée que ce monde a besoin de réparation, qu’il n’est que l’écorce avant le fruit, qu’il est éphémère, qu’il n’est programmé que pour sept millénaires et que le huitième millénaire sera le début d’une nouvelle ère spirituelle.

Le huitième millénaire

Quand une personne mérite d’atteindre la vraie modestie, il devient complètement libre de toute attirance pour les plaisirs de ce monde. Cette modestie est appelée יום השמיני (Yom Hachemini) le huitième jour. Grâce à cette véritable modestie, elle pourra vaincre les sept mauvais attributs (tentations) car la modestie les englobe tous. L’allusion faite à ceci, se trouve dans la valeur numérique du mot שמיני “le huitième” qui équivaut à 410, soit la même valeur que les mots קדוש “saint” et le mot דרור “libre”. Ainsi, par la véritable modestie, la personne amène sur elle la dimension de la sainteté, elle se détache alors des tentations et devient libre des plaisirs de ce monde.

Cette dimension pourra être atteinte à titre individuel dans ce monde, par un  travail sans relâche sur les traits de caractère, mais deviendra une dimension universelle lors du passage vers le huitième millénaire. Ce passage sera marqué par le dernier grand repas, lorsque nous mangerons la chair du Léviathan, gardée depuis le jour de la création et  nous deviendrons saints, libérés des contraintes matérielles pour pouvoir jouir pleinement des plaisirs spirituels qui seront l’étude de la Torah et l’éclat de la présence Divine. Nous atteindrons alors, la vraie modestie.

Bat A’yin (Rabbi Avraham Dov de Avritich)

Nous trouvons l’allusion faite à – עשו Essav dans ce même verset, avec un écart égal à huit lettres comme suit :  אשר לא הלך בעצת רשעים, ובדרך (Heureux l’homme qui ne suit point les conseils des méchants, qui ne se tient pas dans la voie…)

C’est l’allusion à toutes ces notions que le chiffre huit nous enseigne et qu’ Essav dédaigna en vendant son droit d’aînesse à Yaakov.

Rendre grâce par notre prière

Trois fois par jour, dans la Amida (prière journalière) nous rendons grâce de la sorte, à D.ieu.

« Nous Te rendons grâce, car Tu es l’Éternel notre D.ieu et D.ieu de nos pères pour toujours. Tu es notre Créateur, le Rocher de notre vie et le Bouclier de notre salut. De génération en génération, nous Te remercions, nous racontons Tes louanges, sur notre vie qui est dans Ta main et sur nos âmes qui Te sont confiées, pour Tes miracles qui nous comblent chaque jour, pour Tes merveilles et Tes bontés de chaque instant, le soir, le matin et l’après-midi. Le (D.ieu) Bon, car Ta compassion ne s’arrête pas. Le Miséricordieux car Tes bontés n’ont de fin et toujours nous espérons en Toi. Et pour tous, qu’il soit béni, exalté et élevé pour toujours Ton nom, notre Roi à jamais, et tous les vivants Te rendront grâce à jamais. Et ils Te loueront et béniront Ton nom qui est grand en vérité, à jamais, car Il est bon le D.ieu de notre salut et de notre aide à jamais, le D.ieu bon.

Bénis sois-Tu Éternel, dont le Nom est bon, et à Toi il convient de rendre grâce. »

Les bonnes intentions

« Nous Te rendons grâce, (prosterne-toi et que chaque vertèbre s’articule quand tu t’inclines devant Lui. À cet instant, D.ieu fait descendre sur ton âme une lumière merveilleuse, qui te protège du serpent (l’incitateur) qui est sans cesse à ta poursuite) car Tu es l’Éternel notre D.ieu et D.ieu de nos pères pour toujours. Tu es notre Créateur, le Rocher de notre vie, et le Bouclier de notre salut. De génération en génération, nous Te remercions, nous racontons Tes louanges, sur notre vie qui est dans Ta main et sur nos âmes qui Te sont confiées (en te prosternant, tu t’annules devant Ton Créateur et tu Lui confie entièrement ta vie, tu la mets entre Ses mains, grâce à cela tu mériteras de voir et de témoigner ce qui suit), pour Tes miracles qui nous comblent chaque jour, pour Tes merveilles et Tes bontés de chaque instant, le soir, le matin et l’après-midi (en vérité, il faut rester fort, même si tu traverses de lourdes et difficiles épreuves, sois courageux, ne désespère pas, D.ieu fait pour toi de nombreux miracles, et ce chaque jour). Le (D.ieu) Bon, car Ta compassion ne s’arrête pas. Le Miséricordieux car Tes bontés n’ont de fin et toujours nous espérons en Toi. (En t’annulant devant Lui, tu t’attaches à Lui, tu t’attaches à ta Source de vie et ton âme se renouvelle, ce ressourcement te permettra de Le louer et ainsi tu goûteras au plaisir du monde futur même dans ce bas monde) Et pour tous, qu’il soit béni, exalté et élevé (tout le travail du Machia’h (le Messie) qui sera de dévoiler en nous; que cet esprit Divin qui nous anime, n’est alimenté que par le Saint Béni soit-Il, nous louerons l’Éternel pour chaque souffle que nous inspirons. Comme il est dit: « Que chaque souffle loue l’Éternel, loué soit-Il » Psaume 150 :6.) pour toujours, Ton nom notre Roi à jamais, et tous les vivants Te rendront grâce à jamais. Et ils Te loueront et béniront Ton nom qui est grand en vérité, à jamais, car il est bon le D.ieu de notre salut et de notre aide à jamais, le D.ieu bon.

Clôture de la bénédiction

Bénis sois-Tu Éternel, dont le Nom est bon, et à Toi il convient de rendre grâce (en hébreu : ולך נאה להודות (et à Toi il convient de rendre grâce) les dernières lettres forment le nom Divin כ’ה’ת, ce nom sera gravé sur le front du Machia’h. Dans les temps futurs, grâce à ce nom et par les louanges des enfants d’Israël, il soumettra les forces négatives des mécréants. La valeur numérique du כ’ה’ת et de 425 la même que celle de : משיח בן דוד (Machia’h fils de David 424 + 1 pour l’ensemble = 425).

Ainsi avec la force de nos paroles, lorsque nous rendons grâce et que nous louons notre D.ieu, nous balayons de notre vie et du monde tout esprit de perversité et de méchanceté. À l’image de Léa, qui ne cessant de prier et de rendre grâce, mérita de s’éloigner d’Essav et d’avoir comme descendant le Machia’h, fils de David.

(Sidour Et Ratson, du Moharach)

Le Léviathan

Nos sages nous enseignent (Zohar, Chemot) que dans les profondeurs des océans vit un poisson d’une taille gigantesque. Lors de sa création, D.ieu fut obligé de séparer le mâle de la femelle par crainte qu’ils ne se reproduisent par milliers et n’en viennent à détruire le monde. D.ieu tua la femelle et la conserve jusqu’à ce jour dans du sel, dans un endroit que Lui seul connaît. Il réserve sa chair pour le grand repas qui sera fait dans les temps futurs avec les justes de ce monde.

Dans la Torah, Genèse 1:21, le mot התנינים (les grands cétacés) est écrit sans Yod (י) pour faire allusion au fait que D.ieu tua la femelle (Chevet Moussar).

Rabénou Bé ‘hayé nous explique qu’après ce grand repas, il ne sera plus question de se nourrir avec des aliments consistants, nous évoluerons vers un mode de nourriture qui sera complètement spirituel, nous nous arrêterons de boire et de manger pour maintenir le corps en vie, nous nous abreuverons alors avec l’étude de la Torah et l’éclat de la présence Divine qui sont les plaisirs et la nourriture de l’âme.

D’après le commentaire du Devar Yerouchalaϊm sur le Perek Chira, le Léviathan est la créature la plus gigantesque créée par D.ieu, elle symbolise les deux grands peuples qui dominent le monde et font souffrir le peuple juif. Il s’agit d’Essav et d’Ishmael. À la fin des temps, le peuple d’Israël suppliera D.ieu de le délivrer de leur oppression, et il sera écouté.

La valeur numérique du mot התנינים – les grands cétacés (les Léviathans) avec le Yod (comme il aurait dû être écrit dans la Torah) est de 565, soit la même valeur numérique que les mots יפרו וירבו מאוד – « Ils pulluleront et se multiplieront énormément » (Genèse 47 :27). D’où la raison pour laquelle D.ieu ne laissa en vie que le mâle et retira le Yod du mot.

Le chant du Léviathan dans le Perek Chira

Le Léviathan dit: Rendez grâce au Seigneur car Il est bon,
et Sa bonté est éternelle. 
(Psaumes 136:1)

Il est difficile de comprendre l’enthousiasme du Léviathan dans son chant.  

Premièrement, il nous est enseigné dans Baba Batra, que la femelle du Léviathan fut mise en conserve dans du sel, pour être mangée par les justes dans les temps futurs.

Deuxièmement, dans Yebamot il est dit: qu’une demeure sans femme est une demeure sans biens”.

S’il en est ainsi, ce que D.ieu fit au Léviathan en le séparant de sa conjointe ne fut pas une bonne chose pour lui, alors pourquoi rendil grâce au Seigneur? Pourquoi dit-il qu’Il est bon, et que Sa bonté est éternelle?

Pour y répondre, il nous faudra l’enseignement de nos sages dans Béra’hot, qui nous disent: « il faut bénir le Saint Béni soit-Il sur le mal comme sur le bien. » Car, disent-ils, si l’on venait à bénir le Saint Béni soit-Il que sur le bien, nous serions amenés à croire qu’il y a deux divinités, une qui agit pour le bien et une autre qui agit pour le mal. C’est pourquoi ils insistent sur le fait de Le bénir autant sur le bien que sur le mal.

Le chant du Léviathan

Le Léviathan dit: Rendez grâce au Seigneur car Il est bon, et Sa bonté est éternelle. (Psaumes 136:1)

Le Léviathan dit: (je rends grâce au Seigneur, et vous avec moi) Rendez grâce au Seigneur (sur le mal qui m’arrive) car Il est bon (mon intention, est de Le bénir sur le bien comme sur le mal), et (si vous vous demandez quelle obligation y a-t-il à Le bénir sur le mal, le Léviathan répond:) Sa bonté est éternelle (même si des fois, il nous apparaît que D.ieu agit en mal envers nous, sachez que tout vient d’une seule et même source, qui n’est autre que Sa bonté infinie et éternelle).

(Pi Eliahou sur le Perek Chira)

Rédaction et traduction: David Parienté
Correction et relecture : Sabine Helbling