Les temps qui se renouvellent dans le monde révèlent à chaque instant la sagesse du Créateur.
LE JOUR DIT : « Un jour en annonce la parole à l’autre, et une nuit en fait connaître la science à l’autre. »
Leçons du cœur
Contemple le secret de la persévérance et du lien qui ne cesse jamais, car le jour nous enseigne qu’il n’existe pas un seul instant dans la vie qui soit dépourvu de sens.
L’enseignement profond qui se trouve ici est que même lorsque l’homme a l’impression que sa journée s’est écoulée sans aucun accomplissement, il doit savoir que ce jour « en annonce la parole » au jour suivant : il construit un degré supplémentaire dans son âme.
Le véritable renforcement consiste à unir la lumière du jour à l’obscurité de la nuit ; même dans les moments où la connaissance semble cachée, elle continue de s’écouler et de transmettre la sagesse.
Sache que le Créateur renouvelle chaque jour l’œuvre de la Création, et que chaque matin constitue une occasion pour une nouvelle parole de foi.
Lorsque tu comprendras que toute la continuité de ta vie est un seul grand chant qui ne s’interrompt jamais, ton âme se remplira d’une vitalité nouvelle, et tu mériteras de trouver chaque jour et chaque nuit la force de continuer et de t’élever dans le service du Créateur, béni soit-Il.
Mon cœur Te parle
Maître du monde, Toi qui, dans Ta bonté, renouvelles chaque jour et constamment l’œuvre de la Création, aide-moi et accorde-moi le mérite de me renouveler chaque jour et à chaque instant, comme si j’étais né aujourd’hui. Aide-moi à ne jamais regarder un jour à travers le jour précédent, mais à avoir confiance en Toi, car à chaque heure et à chaque instant Tu es présent avec moi, puisque nul lieu n’est vide de Toi et qu’aucun instant n’est dépourvu de sens.
Je T’en prie, Hachem, accorde-moi de relier la bonté du matin à la foi des nuits, afin d’annoncer au matin Ta bonté et Ta fidélité durant les nuits. Accorde-moi que toutes Tes mitsvot et Ton service soient véritablement nouveaux à mes yeux, et que je mérite de chanter et de psalmodier devant Toi un chant nouveau.
Sauve-moi chaque jour par un salut nouveau, jusqu’à ce que je mérite de m’élever dans un supplément de sainteté et de connaissance, et de trouver repos et sérénité au sein du temps qui se renouvelle. Amen.
L’œuvre de Tes mains
Le jour est le moteur de l’énergie du monde.
À chaque instant de lumière du jour, les végétaux accomplissent la « photosynthèse » : ils captent des particules de lumière, les photons, qui ont parcouru 150 millions de kilomètres depuis le Soleil, et les transforment en nourriture et en oxygène.
Les scientifiques ne sont toujours pas parvenus à construire une machine aussi efficace qu’une seule feuille verte, capable de transformer l’air de la nuit en vie véritable grâce à la lumière du Soleil.
Le jour est le temps durant lequel la Création « prépare » la vie à la surface de la terre.
ÉTUDE APPROFONDIE
AU CŒUR DES MOTS
Aucun jour n’existe isolément
Contemple le secret du temps qui ne cesse jamais de transmettre, car le jour nous enseigne que l’existence n’est pas une succession d’instants sans lien entre eux. Chaque journée reçoit quelque chose de celle qui l’a précédée et remet quelque chose à celle qui la suivra.
Le verset ne dit pas seulement qu’un jour possède une parole.
Il dit :
« Un jour en annonce la parole à l’autre. »
Le jour devient ainsi un messager.
Il arrive, accomplit sa mission puis transmet ce qu’il porte au jour suivant.
Cette image change profondément notre rapport au temps. Nous pensons souvent en journées séparées :
aujourd’hui j’ai réussi ;
aujourd’hui j’ai échoué ;
aujourd’hui j’étais inspiré ;
aujourd’hui je n’ai presque rien accompli.
Mais la Torah nous apprend à regarder plus largement.
Une journée peut ne pas produire son fruit en elle-même. Elle peut simplement préparer celle qui vient après.
Une étude commencée aujourd’hui sera comprise demain.
Une prière prononcée aujourd’hui ouvrira peut-être le cœur plus tard.
Un effort répété pendant des semaines produira une habitude que l’homme n’aurait jamais pu acquérir en une seule journée.
La sainteté se construit souvent par transmission.
Le jour d’aujourd’hui n’a pas besoin d’achever toute ton histoire.
Il doit simplement transmettre quelque chose de bon au jour de demain.
Chaque jour révèle quelque chose de nouveau
Le Malbim explique que la Création ne rend pas témoignage à Hachem une seule fois. Son témoignage se renouvelle continuellement.
Pendant le jour, l’homme voit les œuvres de Hachem et peut reconnaître à travers elles Sa puissance et Sa sagesse. Puis vient un autre jour, porteur d’autres événements, d’autres rencontres et d’autres manifestations de la Providence.
Ainsi :
« Un jour en annonce la parole à l’autre. »
Chaque jour apporte son propre omer, sa propre parole.
Cela signifie qu’il ne faut pas demander à toute sa vie de répéter une ancienne lumière.
L’homme connaît parfois une période spirituellement très forte et voudrait ensuite retrouver exactement la même sensation.
Un Chabbat particulier.
Une prière particulière.
Une époque où son étude lui procurait beaucoup d’enthousiasme.
Lorsque cette expérience ne revient pas de la même manière, il croit avoir perdu quelque chose.
Mais peut-être Hachem ne veut-Il pas seulement répéter hier.
Peut-être aujourd’hui possède-t-il une nouvelle parole.
Une autre forme de service.
Une autre leçon.
Une autre manière de Le rencontrer.
L’Émouna ne consiste donc pas uniquement à préserver ce que nous avons reçu autrefois.
Elle consiste également à rester suffisamment attentif pour découvrir :
« Qu’est-ce qu’Hachem m’enseigne aujourd’hui ? »
Le jour montre ; la nuit fait comprendre
Le Malbim relève une différence remarquable entre les deux moitiés du verset.
Le jour « annonce une parole ».
La nuit « fait connaître une science ».
Pendant le jour, l’homme agit, observe, travaille, rencontre, reçoit des événements. Il voit ce qui lui arrive.
Mais lorsqu’arrive la nuit et que le bruit du monde diminue, un autre travail devient possible :
comprendre.
Le Malbim explique que la nuit est le temps où l’homme réfléchit à ce qu’il a vu pendant le jour et peut en faire naître une connaissance plus profonde de Hachem.
Cela donne au verset une dimension très pratique.
Le jour pose la question :
« Qu’est-il arrivé ? »
La nuit peut demander :
« Qu’est-ce que cela m’a appris ? »
Une conversation difficile s’est produite.
Pourquoi ai-je réagi ainsi ?
Une aide inattendue est arrivée.
Ai-je reconnu la bonté de Hachem ?
J’ai eu une occasion d’accomplir une Mitsva.
L’ai-je remarquée ?
J’ai échoué dans une situation.
Que pourrais-je faire différemment demain ?
Cette réflexion ne doit pas devenir une accusation permanente contre soi-même.
Elle est simplement une manière de ne pas laisser les journées passer sans recevoir leur enseignement.
Une expérience qui n’est jamais méditée peut rester seulement un événement. Une expérience méditée peut devenir une connaissance.
Moché transmet son jour à Yéhochoua
Le Yalkout Chimoni donne à notre verset une interprétation extraordinaire.
Lors de la guerre contre Amalek, Moché prie pour Israël jusqu’au coucher du soleil. Le Midrach enseigne que le soleil s’arrêta alors pour lui. Il cite ensuite :
« Un jour en annonce la parole à l’autre »
et explique :
le jour de Moché annonça le jour de Yéhochoua.
Moché transmit en quelque sorte à Yéhochoua la promesse qu’un jour le soleil s’arrêterait également pour lui, comme cela se produisit lors de la conquête d’Erets Israël.
Le verset parle donc non seulement d’un jour transmettant au suivant.
Il parle également d’une génération transmettant à la suivante.
Moché ne garde pas son jour pour lui.
Il prépare celui de Yéhochoua.
Voilà un principe immense dans le judaïsme.
Avraham prépare Yits’hak.
Yits’hak prépare Yaakov.
Moché enseigne à Yéhochoua.
Les parents transmettent aux enfants.
Les maîtres aux élèves.
Une génération reçoit la Torah d’une autre et doit la remettre à celle qui vient.
Nous ne commençons jamais entièrement à zéro.
Nous vivons grâce à des jours que d’autres ont préparés avant nous.
Quelqu’un a préservé le Chabbat pour que nous sachions aujourd’hui comment le garder.
Quelqu’un a étudié les textes que nous ouvrons.
Quelqu’un a transmis une mélodie, une coutume, une manière de prier.
Nos propres journées possèdent donc elles aussi une responsabilité :
qu’allons-nous transmettre ?
Ce que les enfants reçoivent de nos journées
Cette transmission ne se fait pas seulement par de grands discours.
Un enfant apprend énormément en regardant comment une journée est vécue.
Il observe comment ses parents parlent lorsqu’ils sont fatigués.
Comment ils réagissent à une contrariété.
Ce qu’ils font lorsqu’ils ont un moment libre.
Avec quelle importance ils accueillent le Chabbat.
S’ils remercient Hachem lorsqu’une bonne chose arrive.
S’ils prient seulement lorsque tout va mal ou si la prière appartient naturellement à la vie.
De cette manière aussi :
un jour annonce une parole au jour suivant.
Chaque journée familiale écrit silencieusement quelque chose dans la génération suivante.
Cela ne signifie pas que les parents doivent être parfaits.
Au contraire, l’une des transmissions les plus précieuses peut être de montrer comment on répare.
Un père qui s’est trompé et demande pardon transmet quelque chose.
Une mère qui traverse une difficulté et continue à parler avec Émouna transmet quelque chose.
Une maison où l’on sait recommencer après une mauvaise journée transmet quelque chose de très profond :
la faute n’est pas la fin ; on peut revenir.
Ce message accompagnera parfois un enfant bien plus longtemps qu’un discours parfait.
Ne laisse pas une mauvaise journée devenir une identité
Le chant du jour apporte ainsi un grand renforcement.
Un homme peut connaître une mauvaise journée.
Il a mal réagi.
Il a perdu du temps.
Sa prière a été distraite.
Il a échoué dans une résolution.
Puis vient une tentation dangereuse :
transformer le bilan d’une journée en définition de soi.
« Voilà qui je suis. »
Le verset répond :
le jour parle au jour suivant. Il ne le condamne pas.
Aujourd’hui peut transmettre à demain autre chose que son échec.
Il peut lui transmettre une leçon.
« J’ai compris où je tombe. »
« Demain je vais protéger davantage ce moment. »
« Je vais demander pardon. »
« Je vais recommencer. »
Ainsi, même une journée imparfaite peut devenir utile si elle transmet davantage de vérité à celle qui la suit.
L’homme ne choisit pas toujours ce qui lui est arrivé aujourd’hui.
Mais il peut choisir en partie ce qu’il transmet de cette journée à demain.
La blessure peut transmettre de l’amertume.
Ou devenir une demande de guérison.
L’erreur peut transmettre du découragement.
Ou devenir de l’expérience.
La réussite peut transmettre de l’orgueil.
Ou devenir reconnaissance.
Chaque jour nous remet quelque chose.
À nous de décider ce que nous allons en faire.
Le Zohar : la lumière passe d’un degré à l’autre
Le Zohar lit notre verset comme un mouvement de lumière :
« un jour vers un jour, un degré vers un degré »,
où chacun reçoit et éclaire l’autre.
Sans entrer dans les profondeurs de cette lecture, son principe est magnifique :
la lumière n’est pas faite pour rester enfermée.
Ce qui est reçu doit pouvoir être transmis.
Tu as compris une parole de Torah qui t’a aidé ?
Peut-être peux-tu l’enseigner avec simplicité à quelqu’un.
Tu as été encouragé dans une période difficile ?
Tu pourras un jour encourager une autre personne.
Quelqu’un t’a fait du bien ?
Ce bien peut continuer son chemin à travers toi.
La lumière devient ainsi semblable à une flamme.
Une bougie peut en allumer une autre sans perdre sa propre lumière.
Puis la seconde en allume une troisième.
De même, une bonne parole dite aujourd’hui peut voyager beaucoup plus loin que celui qui l’a prononcée ne l’imagine.
Nous ne connaissons presque jamais la totalité des conséquences d’un acte de bonté.
Un jour transmet à un jour. Une âme transmet à une âme.
Le Zohar et la valeur des paroles de Torah
Dans un autre passage, le Zohar applique notre verset aux paroles de Torah échangées entre ceux qui l’étudient. Il décrit les jours eux-mêmes comme portant et louant ces paroles.
Cela enseigne quelque chose de très précieux :
une parole de Torah dite avec vérité ne s’achève pas nécessairement au moment où elle a été prononcée.
Elle peut continuer à vivre.
Un enfant se souvient vingt ans plus tard d’une phrase entendue à une table de Chabbat.
Un élève comprend des années après un enseignement qu’il n’avait pas véritablement saisi lorsqu’il l’avait entendu.
Une personne transmet à une autre une parole qui lui avait elle-même été transmise.
Voilà encore :
« un jour en annonce la parole à l’autre. »
La Torah possède une mémoire.
Elle traverse le temps par les hommes qui acceptent de la recevoir puis de la transmettre.
Cela explique aussi pourquoi il ne faut pas mépriser un petit enseignement donné avec sincérité.
Tu ne sais pas jusqu’à quel jour il voyagera.
Construire une vie par accumulation
Nous voudrions souvent changer rapidement.
Le jour enseigne une construction différente :
jour après jour.
Le roi David dit ailleurs :
« Enseigne-nous à compter nos jours, afin que nous acquérions un cœur de sagesse. » (Psaumes 90, 12)
Compter ses jours ne signifie pas seulement savoir combien de temps il reste.
Cela signifie comprendre qu’une vie est constituée de journées limitées, et que chacune peut apporter quelque chose à l’édifice.
Une page par jour devient un livre étudié.
Quelques pièces de Tsedaka répétées deviennent une grande somme de bien.
Quelques minutes de prière personnelle quotidiennes deviennent une relation.
Une attention quotidienne portée à son conjoint ou à ses enfants devient un foyer.
Une petite concession régulière à une mauvaise habitude devient elle aussi une direction.
Le jour nous apprend donc la puissance de l’accumulation.
Nous surestimons parfois ce que nous pouvons accomplir en une journée et sous-estimons énormément ce que nous pouvons construire en plusieurs années de constance.
La grandeur n’est pas toujours dans l’intensité d’un jour exceptionnel. Elle se cache souvent dans la fidélité de jours ordinaires qui se transmettent le bien les uns aux autres.
Ne recommence pas réellement à zéro
Il est fréquent de dire :
« Demain, je recommence à zéro. »
Le chant du jour apporte une nuance importante.
Tu ne recommences presque jamais véritablement à zéro.
Tu recommences avec ce qu’hier t’a appris.
Même une chute t’a donné une information.
Même une tentative interrompue t’a montré ce qui fonctionne moins bien.
Même une longue période d’éloignement peut t’avoir appris combien le lien avec Hachem te manque.
Le lendemain n’est donc pas une page totalement étrangère.
Il reçoit la page précédente.
La question n’est pas :
« Puis-je effacer hier ? »
Mais :
« Que puis-je transmettre d’hier à aujourd’hui pour mieux servir Hachem ? »
Cette manière de voir permet de sortir du cycle décourageant :
enthousiasme,
chute,
abandon,
nouvel enthousiasme,
nouvelle chute.
Au lieu de tout détruire à chaque échec, l’homme construit sur ce qu’il a appris.
Il devient peu à peu plus sage dans son propre service.
Chaque matin Hachem te confie encore un jour
Le renouvellement du jour porte enfin un message très simple.
Si Hachem t’a donné aujourd’hui une nouvelle journée, il existe aujourd’hui quelque chose à faire.
Hier est fermé.
Demain n’est pas encore entre tes mains.
Mais aujourd’hui t’a été confié.
Il ne demande pas nécessairement une transformation spectaculaire.
Peut-être seulement une parole meilleure.
Une bénédiction prononcée avec davantage d’attention.
Quelques minutes de Torah.
Un appel que tu repousses depuis longtemps.
Une réparation.
Un merci.
Une prière.
Une Mitsva.
Puis le soir, tu pourras remettre quelque chose au jour suivant.
Ainsi une vie entière devient une chaîne.
Et lorsqu’un homme regarde des années plus tard, il découvre parfois que les grands changements qu’il cherchait n’ont pas eu lieu en une fois.
Ils se sont formés jour après jour.
Du jour de Moché au jour de la Guéoula
Le Yalkout Chimoni nous a appris que le jour de Moché annonçait celui de Yéhochoua.
Cette image peut s’élargir à toute l’histoire d’Israël.
Une génération transmet à une autre une promesse qui n’est pas encore complètement accomplie.
Nous célébrons Pessa’h parce que la sortie d’Égypte appartient encore à notre jour.
Nous pleurons Jérusalem parce que la mémoire du Temple appartient encore à notre jour.
Nous parlons de la Guéoula parce qu’une espérance transmise pendant des générations doit continuer son chemin.
Chaque génération reçoit cette parole :
Hachem n’a pas abandonné Son peuple ni Son projet.
Puis elle doit la remettre à la suivante.
Voilà peut-être l’une des plus grandes responsabilités du « jour ».
Ne pas seulement transmettre ce que nous avons subi.
Transmettre aussi ce que nous avons espéré.
Ne pas donner à nos enfants uniquement la mémoire de nos difficultés.
Leur donner l’Émouna avec laquelle nous les avons traversées.
Alors le jour d’aujourd’hui devient réellement un pont vers un autre jour.
Sache donc, âme précieuse, que lorsque le jour proclame : « Un jour en annonce la parole à l’autre, et une nuit en fait connaître la science à l’autre », il t’enseigne qu’aucune de tes journées n’a besoin de porter à elle seule tout le poids de ta vie. Aujourd’hui doit simplement recevoir, apprendre et transmettre. Si cette journée a été lumineuse, transforme sa lumière en reconnaissance et emporte-la avec toi demain. Si elle a été difficile, ne transmets pas seulement sa fatigue : demande ce qu’elle peut t’enseigner. Si tu es tombé, transmets au jour suivant la décision de te relever. Si tu as reçu une parole de Torah, ne la laisse pas mourir avec le moment où tu l’as entendue ; fais-la entrer dans tes actes et, lorsqu’il le faut, transmets-la à une autre âme. Le Yalkout Chimoni enseigne que le jour de Moché annonça celui de Yéhochoua : ainsi une lumière reçue aujourd’hui peut préparer une délivrance qui ne se révélera que plus tard. Ne méprise donc jamais les jours ordinaires. Une grande vie n’est souvent rien d’autre qu’une longue chaîne de petites fidélités. Chaque matin, Hachem te remet un nouveau maillon. Ne cherche pas à refaire toute ton existence avant ce soir. Fais simplement de ce jour un peu meilleur, un peu plus vrai, un peu plus proche de Lui, puis confie ce bien au lendemain. Ainsi, jour après jour et nuit après nuit, ton existence cessera d’être une suite d’instants dispersés et deviendra progressivement une seule histoire de transmission, de croissance et d’Émouna, jusqu’au jour où toutes les paroles, toutes les prières et toutes les espérances d’Israël se rejoindront dans la lumière de la Guéoula et dans une profonde sérénité.

