Les luminaires renoncent à leur propre volonté devant la puissance du Créateur et dirigent le monde selon Son décret.
LE SOLEIL DIT : « Le soleil et la lune se tiennent dans leur demeure ; à la lumière de Tes flèches ils avancent, à la clarté de l’éclair de Ta lance. »
Leçons du cœur
Contemple le secret de la soumission à la Source supérieure, car le soleil, qui est le plus grand et le plus puissant des luminaires du monde, nous enseigne que même les forces les plus puissantes n’agissent pas d’elles-mêmes.
L’enseignement profond qui se trouve ici est que même lorsqu’un homme connaît la réussite, possède de la force ou exerce une influence, il doit se souvenir qu’il n’est qu’un instrument de la lumière du Créateur.
Le véritable renforcement consiste à savoir que tout ton mouvement dans le monde doit être dirigé vers la lumière du Créateur, afin de ne jamais tomber dans l’erreur de penser que « ma force et la puissance de ma main » ont produit cette réussite.
Sache que le Créateur est Celui qui éclaire ton chemin par Ses flèches et Ses éclairs. Lorsque tu annules ton propre vouloir devant le Sien, tu deviens toi-même un luminaire qui éclaire les autres.
Lorsque tu reconnaîtras que chaque lever de soleil dans ta vie est un cadeau gratuit, ton âme se remplira d’une vitalité véritable, et tu mériteras de voir comment même ta force devient un service pur et lumineux pour la gloire de Son Nom.
Mon cœur Te parle
Maître du monde, accorde-moi de reconnaître d’un cœur entier que je ne possède absolument aucune force propre, et que « je n’ai aucun pouvoir, par ma propre force et la puissance de ma main, pour accomplir cette réussite », mais que tout vient de Toi seul. Je T’en prie, Hachem, aide-moi à annuler entièrement mon sentiment d’existence propre et mon orgueil, et à diminuer l’importance que j’accorde à mon propre honneur, jusqu’à ce que mon honneur devienne néant et rien, et que toute ma volonté et toute ma pensée ne soient tournées que vers la révélation de Ton immense gloire dans le monde.
« Envoie Ta lumière et Ta vérité, qu’elles me guident » : éclaire donc mon chemin par une « connaissance parfaite de la sainteté », afin que je mérite de voir Ta Providence particulière à chacun de mes pas. Accorde-moi, par « un cadeau gratuit », ce qui provient de Ton bon trésor, et remplis mon âme et mes membres d’une « nouvelle vitalité de sainteté » et d’un enthousiasme du cœur, jusqu’à ce que je mérite de goûter à la lumière cachée.
Fais que mon visage soit un « visage lumineux de sainteté », comme une vision lumineuse, afin que je mérite d’être inclus dans Ton unité simple et d’éclairer de Ta lumière le monde entier. Amen.
L’œuvre de Tes mains
Le Soleil est un gigantesque fourneau nucléaire situé à environ 150 millions de kilomètres de la Terre.
La distance entre la Terre et le Soleil varie légèrement au cours de l’année. La lumière et la chaleur qu’il nous apporte contribuent aux conditions nécessaires à la vie sur notre planète.
À chaque seconde, le Soleil transforme par fusion environ 600 millions de tonnes d’hydrogène, et le rayonnement qui nous parvient est à l’origine des conditions qui nous permettent de respirer et de nous nourrir, car il constitue la source de l’oxygène et de la nourriture dans le monde.
ÉTUDE APPROFONDIE
AU CŒUR DES MOTS
Même la plus grande lumière visible s’arrête devant Hachem
Contemple le secret de la lumière qui reconnaît qu’elle n’est pas sa propre source, car le soleil est probablement l’une des créatures devant lesquelles l’homme ressent le plus naturellement la puissance. Il éclaire le monde, rythme les jours, réchauffe la terre et permet à une multitude de formes de vie d’exister.
Et pourtant, son chant commence par un arrêt :
« Le soleil et la lune se tiennent dans leur demeure. »
Celui qui paraît entraîner toute la journée dans son mouvement proclame qu’il peut lui-même être arrêté.
C’est le premier enseignement du soleil :
aucune force créée n’est autonome devant Hachem.
La mer peut être arrêtée.
Le Jourdain peut cesser de couler.
Le soleil peut suspendre sa course.
Les forces que nous appelons « nature » possèdent une extraordinaire régularité, mais elles ne sont pas des puissances indépendantes de Celui qui les a créées.
Le soleil ne chante donc pas :
« Regardez combien je suis puissant. »
Il proclame :
« Ma puissance elle-même appartient à Hachem. »
Lorsque le soleil s’arrêta pour Yéhochoua
Le Yalkout Chimoni rappelle le miracle de Yéhochoua lorsqu’il combattit pour Israël :
« Soleil, arrête-toi à Guiv‘on, et toi, lune, dans la vallée d’Ayalon » (Josué 10, 12).
Le soleil et la lune suspendirent alors leur cours.
Le Midrach enseigne ainsi que même les astres qui paraissent gouverner le temps sont soumis à la parole de Hachem.
Habacuc reprend cette image dans son grand chant consacré aux délivrances accomplies par Hachem en faveur d’Israël. Le commentaire ancien de notre étude rapproche également notre verset du miracle de Guiv‘on : le soleil et la lune demeurent immobiles tandis que la puissance divine conduit la bataille.
Cela donne au verset une dimension extraordinaire.
Nous mesurons habituellement ce qui est possible selon les règles que nous connaissons.
Nous disons :
« Le temps avance. »
« Cette situation suit son cours. »
« Les choses sont ainsi. »
« Rien ne peut l’arrêter. »
Le soleil répond :
même ce qui semble suivre la course la plus immuable demeure entre les mains de Hachem.
Cela ne signifie pas que l’homme doive attendre un miracle au lieu d’agir. Yéhochoua lui-même combattait.
Mais l’Émouna lui apprend à ne jamais transformer les limites de son propre raisonnement en limites imposées à Hachem.
Tu dois agir selon ce qui est entre tes mains.
Mais tu ne dois jamais conclure :
« Puisque je ne vois aucune solution, aucune solution n’existe. »
L’homme voit la course du soleil.
Hachem voit celui qui lui a donné sa course.
La constance n’est pas l’autonomie
Le soleil possède pourtant une autre leçon.
La plupart du temps, il ne s’arrête pas.
Il accomplit fidèlement sa mission jour après jour.
Sa régularité elle-même est une forme de service.
Chaque matin, il paraît revenir selon l’ordre établi par Hachem. Il ne se lasse pas de sa mission parce qu’elle ressemble à celle d’hier.
Voilà une leçon importante pour l’Avodat Hachem.
L’homme recherche facilement la nouveauté.
Il veut ressentir quelque chose de différent.
Une nouvelle inspiration.
Une grande élévation.
Un changement visible.
Mais une partie immense du service de Hachem ressemble au soleil :
revenir.
Mettre les Téfilines encore aujourd’hui.
Réciter encore le Chéma.
Allumer encore les bougies de Chabbat.
Ouvrir encore le même Siddour.
Étudier encore.
Éduquer encore.
Faire encore preuve de patience.
Dire encore une Berakha avant de manger.
La répétition peut devenir fatigue si l’homme oublie Celui devant qui il agit.
Mais lorsqu’il se souvient de sa mission, la répétition devient fidélité.
Le soleil ne cherche pas chaque matin une nouvelle fonction.
Il accomplit parfaitement celle qui lui a été confiée.
Il existe une grande sainteté dans cette constance.
Et pourtant, il faut parfois savoir s’arrêter
Le même soleil enseigne simultanément le contraire :
il sait aussi s’arrêter lorsque Hachem le veut.
C’est une leçon fondamentale.
L’homme peut tellement s’habituer à son propre mouvement qu’il finit par confondre vitesse et direction.
Il court.
Il produit.
Il travaille.
Il organise.
Il répond.
Il prévoit.
Puis il recommence.
Et parce qu’il avance rapidement, il suppose qu’il avance nécessairement dans la bonne direction.
Le soleil de Yéhochoua dit :
parfois, même ce qui avance depuis toujours doit s’arrêter.
Le Chabbat enseigne précisément ce secret.
Pendant six jours, l’homme travaille.
Puis Hachem lui dit :
arrête.
Non parce que le travail n’aurait aucune valeur, mais parce que l’homme doit se rappeler qu’il n’est pas venu au monde uniquement pour faire fonctionner le monde.
Il doit également se demander :
« Où suis-je en train d’aller ? »
« Pourquoi est-ce que je cours autant ? »
« Ce que je poursuis me rapproche-t-il de Hachem ? »
« Ai-je encore du temps pour ma Torah, ma famille, ma prière et mon âme ? »
Il existe des habitudes qui ne sont mauvaises que parce qu’on ne les interroge plus.
Une grande partie de la Téchouva commence par un arrêt.
Arrête-toi assez longtemps pour regarder dans quelle direction tu marches.
Le soleil lui-même peut suspendre sa course.
L’homme n’a donc pas à avoir peur de suspendre parfois la sienne pour retrouver son véritable chemin.
« À la lumière de Tes flèches ils avancent »
Le verset poursuit :
« À la lumière de Tes flèches ils avancent, à la clarté de l’éclair de Ta lance. »
L’Abravanel, tel qu’il est repris dans le commentaire précédent de notre ouvrage, relie cette image aux miracles par lesquels Hachem combattit pour Israël : les forces célestes elles-mêmes s’effacent devant l’éclat de l’intervention divine.
L’image est saisissante.
Habituellement, le soleil éclaire le monde.
Mais dans notre verset, une autre lumière l’éclaire lui-même.
Cela signifie qu’il existe toujours une lumière au-dessus de la lumière que l’homme connaît.
Le soleil est lumineux pour nous.
Mais devant Hachem, le soleil lui-même devient une créature qui reçoit sa direction.
Spirituellement, cela enseigne que l’intelligence humaine possède elle aussi une limite.
L’intelligence est une immense bénédiction. La Torah nous demande de réfléchir, d’étudier, de comprendre et d’utiliser notre jugement.
Mais il existe une différence entre utiliser sa lumière et croire que sa lumière est toute la lumière.
L’homme peut comprendre beaucoup de choses et pourtant devoir dire :
« Ici, je ne comprends pas encore. »
Cela n’annule pas son intelligence.
Cela lui donne sa juste place.
Comme le soleil.
Elle éclaire énormément.
Mais elle n’est pas Hachem.
Ne fais pas de ta propre lumière une idole
Depuis les temps anciens, des hommes ont adoré le soleil précisément parce qu’ils voyaient en lui une puissance extraordinaire.
La Torah vient briser cette confusion.
Ce qui donne énormément n’est pas nécessairement la Source.
Ce qui brille n’est pas nécessairement divin.
Ce qui influence une grande partie de ta vie n’est pas nécessairement son maître.
Cette erreur existe encore sous des formes beaucoup plus discrètes.
Un homme peut faire de son intelligence son soleil.
De son argent son soleil.
De sa carrière son soleil.
D’une personne qu’il admire son soleil.
De sa réussite son soleil.
Il pense :
« Tant que cela brille, ma vie tient debout. »
Puis cette lumière diminue, et tout son monde intérieur s’effondre.
Le soleil du Perek Chira lui enseigne :
même le soleil s’arrête devant Hachem.
Ne demande donc jamais à une créature de porter le poids de ton existence entière.
Aime les personnes.
Utilise les moyens.
Développe tes capacités.
Travaille avec sérieux.
Mais garde toujours une distinction entre ce qui éclaire ta vie et Celui qui donne la lumière.
Cette distinction protège le cœur.
Une créature peut se coucher.
La Source demeure.
Le Zohar : aucun astre ne possède d’autorité indépendante
Le Zohar insiste sur un principe fondamental : les astres et les forces célestes n’agissent pas selon une autorité autonome. Leur mouvement et leur influence dépendent de l’ordre supérieur qui les gouverne.
Il dit en substance que toutes ces forces ne possèdent rien de leur propre autorité, mais demeurent sous l’autorité d’en haut.
Cela donne une profondeur supplémentaire au chant du soleil.
La Torah ne nie pas que le soleil exerce une influence immense dans le monde.
Elle nie que cette influence soit indépendante.
Cette différence est essentielle dans l’Émouna.
Un médecin possède une véritable compétence.
Mais il n’est pas le maître de la vie.
L’argent possède un véritable pouvoir pratique.
Mais il n’est pas le maître de la bénédiction.
Les circonstances possèdent un véritable impact.
Mais elles ne sont pas le maître de ton destin.
Les lois de la nature sont véritables.
Mais elles ne sont pas leur propre origine.
L’Émouna ne consiste donc pas à nier les causes naturelles.
Elle consiste à ne pas les transformer en causes absolues.
Derrière le soleil existe Celui qui dit au soleil de se lever.
Plus tu éclaires, plus tu dois apprendre l’humilité
Le soleil offre une autre leçon très importante à celui qui reçoit une capacité d’influencer les autres.
Plus une personne possède de lumière, plus elle risque d’oublier qu’elle l’a reçue.
Un homme possède une grande connaissance de Torah.
Une intelligence particulière.
Une capacité d’enseigner.
Une position de responsabilité.
Une réussite matérielle.
Une parole écoutée.
Tout cela peut véritablement apporter beaucoup de bien.
Mais précisément à cet endroit se trouve une épreuve :
croire que la lumière vient de soi.
Le soleil ne garde rien de sa grandeur lorsqu’il chante.
Il proclame qu’il peut être arrêté.
Voilà peut-être l’une des marques les plus belles d’un véritable homme de lumière :
il éclaire beaucoup sans se prendre pour la Source.
Il peut enseigner sans mépriser.
Diriger sans écraser.
Réussir sans oublier Celui qui lui a donné les moyens de réussir.
Faire du bien sans exiger que tout le monde se tourne vers lui.
La véritable lumière permet de voir autre chose qu’elle-même.
Une lampe qui oblige tout le monde à regarder uniquement la lampe a manqué sa fonction.
Elle est faite pour éclairer le chemin.
Il en va de même pour l’homme.
Ta lumière est accomplie lorsqu’elle aide quelqu’un à voir davantage Hachem, et non davantage ton ego.
Le soleil et la lune : deux lumières qui ne se confondent pas
Le verset réunit :
« le soleil et la lune ».
Le Zohar reprend plusieurs fois cette expression et voit dans leur réunion l’image de deux forces qui se complètent.
Sans entrer dans les dimensions profondes de cet enseignement, il existe déjà une leçon très simple.
Toutes les lumières ne fonctionnent pas de la même manière.
Le soleil éclaire d’une façon.
La lune d’une autre.
Le jour n’est pas la nuit.
Une personne possède une mission.
Une autre possède une mission différente.
L’erreur commence lorsque la lune veut devenir soleil ou lorsque le soleil méprise la lumière de la lune.
Dans la vie spirituelle aussi, les comparaisons peuvent détruire beaucoup de joie.
« Pourquoi n’ai-je pas son intelligence ? »
« Pourquoi ma prière n’est-elle pas comme la sienne ? »
« Pourquoi mon chemin est-il plus lent ? »
Mais Hachem ne demande pas à toutes Ses créatures de produire la même lumière.
Il leur demande de remplir fidèlement la fonction qu’Il leur a donnée.
Il existe des personnes dont la lumière est visible immédiatement.
D’autres soutiennent silencieusement une maison entière sans recevoir presque aucune reconnaissance.
L’une enseigne devant une assemblée.
L’autre élève un enfant avec patience.
L’une accomplit une grande œuvre publique.
L’autre lutte chaque jour pour ne pas perdre son Émouna.
Toutes les lumières n’ont pas besoin d’être identiques pour appartenir au même ciel.
Le soleil s’arrête aussi pour protéger la sainteté
Le Yalkout Chimoni rapporte une tradition selon laquelle, lors de la bataille de Yéhochoua, le soleil et la lune demeurèrent en place tandis qu’Israël poursuivait le combat.
L’image possède encore une dimension importante :
le temps lui-même devient serviteur de la mission.
Nous vivons souvent exactement à l’inverse.
Nous disons :
« Je n’ai pas le temps de prier correctement. »
« Je n’ai pas le temps d’étudier. »
« Je n’ai pas le temps de parler avec mon enfant. »
« Je n’ai pas le temps de réfléchir. »
Mais en réalité, nous donnons toujours notre temps à quelque chose.
La question n’est donc pas seulement :
« Combien de temps ai-je ? »
mais :
« Devant quoi mon temps s’arrête-t-il ? »
Pour certaines choses, nous trouvons miraculeusement une heure.
Pour d’autres, cinq minutes semblent impossibles.
Le soleil invite l’homme à sanctifier son temps.
Fixer un moment de Torah.
Protéger le Chabbat.
Ne pas laisser le travail absorber chaque espace disponible.
Savoir que certaines choses doivent devenir suffisamment importantes pour que le reste puisse, un instant, s’arrêter devant elles.
Si le soleil lui-même peut s’immobiliser devant la volonté de Hachem, combien davantage l’homme doit-il apprendre à interrompre sa course pour une Mitsva.
Ce qui paraît immuable peut changer
Le soleil est aussi le symbole même de ce qui semble revenir éternellement de la même manière.
C’est pourquoi son arrêt devient un message d’espérance extrêmement fort.
L’homme regarde parfois sa propre vie et dit :
« Cela dure depuis tellement longtemps. »
« Cette habitude est trop ancienne. »
« Cette situation est installée. »
« J’ai toujours été ainsi. »
« Rien ne changera. »
Le soleil répond :
la durée n’est pas une preuve d’éternité.
Quelque chose peut s’être produit mille fois et changer à la mille-et-unième.
Tu peux être tombé de nombreuses fois et réussir un jour à commencer autrement.
Une relation peut traverser des années de difficulté et connaître une ouverture.
Une prière peut attendre longtemps avant qu’une réponse apparaisse.
Un homme peut découvrir la Torah tard dans sa vie.
Une âme peut rester longtemps dans la nuit avant de voir son matin.
Il faut évidemment agir avec réalisme et ne pas nier les situations qui exigent de l’aide, des décisions ou des changements concrets.
Mais spirituellement, ne donne jamais au mot « toujours » une puissance qu’Hachem ne lui a pas donnée.
Le soleil paraissait devoir continuer.
Et il s’est arrêté.
La lumière de la Guéoula dépassera celle du soleil
Le prophète Isaïe annonce à propos de la délivrance future :
« Le soleil ne sera plus pour toi une lumière pendant le jour, et la clarté de la lune ne t’éclairera plus ; Hachem sera pour toi une lumière éternelle. » (Isaïe 60, 19)
Le Yalkout Chimoni reprend également cette prophétie.
Cela ne signifie pas nécessairement que la Création lumineuse perd toute fonction au sens matériel ; le message prophétique exprime surtout qu’une lumière infiniment plus profonde apparaîtra.
Aujourd’hui, l’homme reconnaît Hachem à travers des intermédiaires.
À travers la nature.
À travers l’histoire.
À travers la Torah.
À travers les miracles.
À travers des moments où Sa Providence devient plus visible.
Mais la Guéoula représente un monde où la présence de Hachem deviendra beaucoup moins voilée.
Alors la plus grande lumière que nous connaissons aujourd’hui paraîtra encore secondaire devant cette révélation.
Le soleil lui-même chante déjà cette vérité.
Il sait qu’il n’est pas la lumière ultime.
Voilà pourquoi son chant est profondément messianique.
La lumière la plus éclatante du monde visible témoigne qu’elle attend elle aussi une lumière supérieure.
Apprendre à marcher à Sa lumière
Le verset ne s’achève pas sur l’arrêt :
« À la lumière de Tes flèches ils avancent. »
Après l’arrêt vient donc un nouveau mouvement.
C’est peut-être là l’une des plus belles leçons du chant.
Il ne suffit pas de s’arrêter.
Il faut ensuite repartir dans une meilleure lumière.
L’homme s’arrête pendant Chabbat.
Puis vient dimanche.
Il ne reste pas immobile.
Il retourne dans le monde, mais il devrait y retourner différemment.
Il s’arrête pour faire Téchouva.
Puis il recommence à agir.
Il s’arrête pour réfléchir à son chemin.
Puis il avance avec une direction plus claire.
Ainsi :
l’arrêt n’est pas le contraire du mouvement. Il peut être ce qui donne au mouvement sa juste direction.
Parfois, la meilleure manière d’avancer est d’arrêter quelques instants la course qui nous empêchait de voir.
Puis, lorsque la clarté revient, nous pouvons repartir.
Non plus seulement à la lumière de notre propre logique.
Mais avec cette demande :
« Hachem, éclaire-moi afin que je marche là où Tu veux me conduire. »
Sache donc, âme précieuse, que lorsque le soleil proclame : « Le soleil et la lune se tiennent dans leur demeure ; à la lumière de Tes flèches ils avancent », il t’enseigne que même ce qui paraît le plus puissant, le plus stable et le plus lumineux n’existe pas indépendamment de Hachem. Ne fais donc jamais d’une force de ce monde ta source absolue de sécurité, pas même lorsqu’elle paraît aussi constante que le soleil. Utilise les moyens qu’Hachem te donne, travaille avec sérieux et fais briller les capacités qu’Il a placées en toi, mais souviens-toi toujours d’où vient leur lumière. Apprends aussi du soleil la fidélité : accomplis encore aujourd’hui la Mitsva que tu accomplissais hier, ouvre encore ton Siddour, étudie encore, recommence encore. Mais apprends également son arrêt : lorsqu’il faut faire Chabbat, réfléchir, changer de direction ou écouter ton âme, ne laisse pas la vitesse de ta vie t’empêcher d’obéir. Le Yalkout Chimoni rappelle que le soleil s’arrêta pour Yéhochoua ; ce qui semblait suivre une course immuable demeurait pourtant entièrement soumis à Hachem. Ainsi, ne dis jamais que quelque chose est impossible uniquement parce que tu ne vois pas comment il pourrait changer. Hachem connaît des chemins que ton regard ne connaît pas encore. Et si toi-même tu possèdes une lumière capable d’aider les autres, ne la transforme pas en orgueil : sois comme le soleil du Perek Chira, assez lumineux pour éclairer et assez humble pour savoir qu’il n’est pas la Source. Alors tu sauras t’arrêter lorsqu’il faut t’arrêter, avancer lorsqu’il faut avancer, et marcher non seulement à la lumière de ce que tu comprends, mais à la lumière de Celui qui éclaire toutes les lumières, jusqu’au jour où « Hachem sera pour toi une lumière éternelle », dans la Guéoula, la confiance et la profonde sérénité.

