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LE VENT

Le Créateur ordonne aux vents du monde de rassembler le peuple d’Israël depuis toutes les extrémités de la terre.

LE VENT DIT : « Je dirai au nord : Donne ! Et au sud : Ne retiens pas ! Amène Mes fils de loin et Mes filles des extrémités de la terre. »

Leçons du cœur

Contemple le secret du mouvement et du rassemblement des points de bien, car le vent, qui ne cesse jamais de se mouvoir, nous enseigne que rien ne demeure éloigné pour toujours.

L’enseignement profond qui se trouve ici est que même lorsqu’un homme se sent dispersé dans son esprit ou très éloigné de la sainteté, comme s’il se trouvait à « l’extrémité de la terre », il doit attendre le vent de sainteté qui viendra le ramener.

Le véritable renforcement consiste à savoir que le Créateur dirige les vents du monde afin de rassembler toutes les parties souillées et perdues de notre âme.

Sache que même lorsqu’un vent de tempête passe sur toi, il ne vient que pour chasser la poussière et te rapprocher de nouveau de la Source.

Lorsque tu apprendras à avancer avec le bon vent et à croire que tout exilé finit par revenir, ton âme se remplira d’une vitalité vivante, comme une délivrance personnelle, et tu mériteras de voir toutes tes forces se rassembler pour servir Hachem dans la joie.

Mon cœur Te parle

Maître du monde, « De l’extrémité de la terre je T’appelle lorsque mon cœur est accablé ». Toi qui formes des pensées afin qu’aucun éloigné ne soit rejeté loin de Toi, rassemble donc la dispersion de mon âme, dispersée dans une grande dispersion, et fais-moi monter des lieux de chute vers l’ensemble des âmes d’Israël. Aide-moi à croire que même lorsque je suis éloigné et abaissé, c’est précisément de cet endroit que mon cri augmente Ta gloire dans le monde.

Accorde-moi de chasser de moi tout esprit de folie et de tristesse, et fais descendre sur moi, depuis Ta demeure sainte, un bon esprit de sainteté, un esprit de sagesse et d’intelligence.

Et même lorsqu’un « vent de tempête » se déchaînera contre moi, aide-moi à me souvenir qu’il ne fait qu’accomplir Ta volonté, afin de purifier mon âme et de me réveiller de mon sommeil.

Accorde-moi de trouver en moi des « points positifs » même au cœur du bouleversement, et par cela, que je mérite de rassembler ce qui était éloigné en moi et de me renouveler chaque jour dans la joie et dans une délivrance personnelle. Amen.

L’œuvre de Tes mains

Le vent est le « grand répartiteur » de la planète.

Il naît des différences de température et son rôle essentiel est de redistribuer la chaleur à la surface de la Terre. Sans le vent, la région de l’équateur deviendrait un véritable four brûlant, tandis que les pôles gèleraient sans possibilité de réchauffement.

De plus, c’est le vent qui transporte les nuages des océans vers l’intérieur des terres. Sans le mouvement des vents, la pluie tomberait essentiellement sur les mers et les terres émergées deviendraient des déserts arides, privés de vie.


ÉTUDE APPROFONDIE

AU CŒUR DES MOTS

Le vent qui dispersait devient le vent qui rassemble

Contemple le secret d’une force invisible capable de parcourir toutes les directions, car le vent semble d’abord être le symbole même de la dispersion. Il emporte les feuilles, déplace les nuages, soulève la poussière et transporte au loin ce qui se trouvait auparavant réuni.

Et pourtant, dans le Perek Chira, son chant est précisément celui du rassemblement :

« Je dirai au nord : Donne ! Et au sud : Ne retiens pas ! »

Hachem ordonne aux directions elles-mêmes de restituer ce qu’elles contiennent.

Le nord ne pourra garder.

Le sud ne pourra retenir.

La distance ne pourra devenir une prison éternelle.

Ce qui fut dispersé aux extrémités de la terre peut être ramené.

Le vent enseigne ainsi une vérité essentielle de la Guéoula :

Hachem sait rassembler ce que l’histoire a dispersé.

L’homme voit les distances.

Hachem voit encore l’appartenance.

« Mes fils » et « Mes filles » : l’exil n’efface pas l’identité

Le verset ne dit pas simplement :

« Ramène les exilés. »

Hachem dit :

« Mes fils »

et

« Mes filles ».

Cette expression est bouleversante.

Ils sont loin.

Mais ils sont encore Ses enfants.

La géographie a changé.

L’appartenance n’a pas changé.

Le temps a passé.

Le lien n’a pas été annulé.

Voilà un enseignement immense pour celui qui se sent spirituellement éloigné.

Une personne peut avoir traversé une longue période sans Torah.

Elle peut avoir abandonné certaines Mitsvot.

Elle peut être tombée très bas à ses propres yeux.

Elle finit parfois par penser :

« Je suis désormais trop loin. »

Le prophète lui répond :

loin n’est pas le contraire de fils.

Le verset dit précisément :

« Mes fils de loin. »

La distance est décrite.

Mais elle n’est pas transformée en identité.

Hachem ne dit pas :

« Ceux qui étaient autrefois Mes enfants. »

Ils le sont encore.

C’est peut-être l’un des fondements les plus profonds de la Téchouva :

on peut être loin de la maison sans avoir cessé d’avoir une maison.

Le Yalkout Chimoni : la promesse appartient à la Guéoula future

Le Yalkout Chimoni rattache directement notre verset à la délivrance future. À propos de l’image de l’aigle qui déploie ses ailes pour prendre ses petits, il explique :

« Il déploiera ses ailes et le prendra » correspond à :

« Je dirai au nord : Donne ! »

et :

« Il le portera sur son aile » correspond à :

« Amène Mes fils de loin. »

Le rassemblement des exilés est ainsi présenté comme le geste d’un père qui vient reprendre ses enfants et les porter.

Cette image change profondément notre manière de concevoir la Guéoula.

Il ne s’agit pas seulement d’un déplacement de populations.

C’est un retour familial.

Hachem rassemble ceux qui Lui appartiennent.

Le monde peut les appeler dispersés.

Hachem les appelle :

Mes enfants.

Le Yalkout poursuit en décrivant un avenir où Israël ne sera plus livré aux puissances étrangères mais retrouvera son repos et son héritage.

Les quatre directions ne peuvent retenir ce qui appartient à Hachem

Le nord et le sud apparaissent dans notre verset, tandis que le verset précédent avait déjà proclamé :

« De l’orient Je ferai venir ta descendance, et de l’occident Je te rassemblerai. » (Isaïe 43, 5)

Les quatre directions sont donc convoquées.

Est.

Ouest.

Nord.

Sud.

Aucun point du monde n’est en dehors de l’ordre de Hachem.

Le Yalkout Chimoni souligne ailleurs que la révélation divine elle-même n’était pas limitée à une direction, mais s’exprimait à travers les différents côtés du monde.

Cela apporte une consolation très profonde.

L’homme voit quelqu’un partir très loin et peut penser :

« Comment reviendra-t-il ? »

Il voit une âme absorbée dans un autre monde.

Une famille dispersée.

Une génération qui semble s’éloigner.

Mais Hachem n’a pas besoin que la personne se trouve déjà près pour commencer à la rappeler.

Le verset commence précisément là où les enfants sont loin.

Aucune extrémité de la terre n’est une extrémité de la Providence.

Le vent touche sans être vu

Le vent possède une qualité particulière : on ne le voit pas directement.

On voit ses effets.

Une branche bouge.

Une feuille s’envole.

Un nuage change de direction.

Mais le vent lui-même demeure invisible.

Il en est ainsi de nombreuses conduites de Hachem.

L’homme voudrait voir clairement :

« Voici comment Hachem va me ramener. »

« Voici par quel chemin cette personne fera Téchouva. »

« Voici comment notre délivrance arrivera. »

Mais souvent, le mouvement commence avant que son origine soit visible.

Une rencontre.

Une parole entendue presque par hasard.

Un souvenir d’enfance.

Une difficulté qui réveille une question.

Un Chabbat vécu différemment.

Une vieille mélodie.

Un verset.

Quelque chose commence à bouger.

Extérieurement, cela paraît minuscule.

Mais peut-être un souffle est-il déjà passé.

Le vent enseigne donc :

ne méprise pas les mouvements invisibles.

Une âme peut commencer son retour longtemps avant que son entourage ne le remarque.

Rassembler également les parties dispersées de soi-même

L’exil n’est pas seulement géographique.

L’homme peut vivre dans un seul endroit tout en étant intérieurement dispersé.

Une partie de lui veut servir Hachem.

Une autre court après mille préoccupations.

Son corps se trouve dans la prière.

Son esprit ailleurs.

Il est avec sa famille mais pense au travail.

Il travaille mais pense à ce qu’il aurait dû faire hier.

Son énergie est distribuée dans tant de directions qu’il finit par ne plus savoir où se trouve son centre.

Le chant du vent peut alors être entendu intérieurement :

« Donne ! Ne retiens pas ! Ramène Mes fils de loin. »

Ramène tes pensées.

Ramène ton désir.

Ramène ton temps.

Ramène les morceaux de ta vie qui se sont éloignés de leur centre.

Cela ne signifie pas abandonner les responsabilités du monde.

Cela signifie leur redonner une direction commune.

La Parnassa peut devenir service d’Hachem.

La famille peut devenir service d’Hachem.

Le repos peut devenir service d’Hachem.

Le corps peut devenir un instrument du service.

Lorsque tout est relié à une seule Source, ce qui était dispersé commence à former une vie.

La Téchouva est aussi un rassemblement

Nous pensons souvent à la Téchouva uniquement comme au regret d’une faute.

Mais elle peut être comprise également comme un rassemblement.

L’homme a laissé certaines parties de lui-même s’éloigner.

Ses yeux sont partis dans une direction.

Ses pensées dans une autre.

Ses désirs ailleurs.

La Téchouva dit :

reviens.

Non seulement :

« Arrête de faire le mal »,

mais :

« Reviens vers ton centre. »

Une personne qui revient à la prière rassemble une partie d’elle-même.

Celui qui fixe un temps de Torah rassemble son esprit.

Celui qui demande pardon rassemble une relation qui s’était déchirée.

Celui qui recommence une Mitsva rassemble un lien abandonné.

Peu à peu, l’âme cesse d’être une multitude de fragments qui tirent dans des directions opposées.

Elle retrouve une orientation.

Le nord lui-même devra donner

Le Zohar apporte une lecture très profonde aux mots :

« Je dirai au nord : Donne ! »

Il associe le nord à la rigueur et aux jugements. Pourtant, il enseigne que c’est précisément là que se trouve également gardé un bien destiné à Israël pour le temps futur.

Hachem dira alors au nord :

« Donne. »

Ce qui fut lieu de rigueur devra restituer la bénédiction qui y était cachée.

Le Zohar développe une idée extraordinaire :

Hachem peut faire sortir la guérison du lieu même où se trouvait la blessure.

Il faut manier cette idée avec beaucoup de délicatesse.

Nous ne pouvons jamais regarder une souffrance précise et prétendre savoir quel bien Hachem y a caché.

Mais nous pouvons croire à un principe plus général :

le malheur n’a pas le dernier mot sur ce qu’il a touché.

Une épreuve peut laisser des blessures réelles.

Mais Hachem peut également faire naître, parfois au même endroit, une profondeur nouvelle.

Une compassion.

Une prière.

Une force.

Une proximité.

Une capacité d’aider quelqu’un d’autre.

Le nord qui semblait ne porter que la rigueur entend finalement :

« Donne. »

« Et au sud : Ne retiens pas »

Le Zohar s’étonne également de cette seconde parole.

Le sud est justement associé à la bonté et à la bénédiction. Pourquoi faudrait-il lui dire :

« Ne retiens pas » ?

Il explique ce verset dans le contexte de la délivrance future : lorsque viendra le temps de la rédemption d’Israël, aucune bénédiction ne devra plus être empêchée.

La formule est remarquable.

Le nord reçoit l’ordre :

donne.

Le sud :

ne retiens pas.

Autrement dit, toutes les forces devront participer au même rassemblement.

La rigueur devra relâcher.

La bonté devra s’écouler.

Ce qui séparait devra laisser passer.

La Guéoula devient le moment où les directions opposées cessent de tirer Israël chacune de leur côté et commencent toutes à servir un seul retour.

Spirituellement, l’homme a lui aussi besoin de cet équilibre.

Il existe des moments où il doit dire à sa rigueur intérieure :

« Donne. »

Ne sois pas tellement sévère avec toi-même que tu refuses de reconnaître le bien que tu possèdes encore.

Et à sa bonté :

« Ne retiens pas. »

Si tu peux encourager quelqu’un, encourage.

Si tu peux pardonner, ne retiens pas inutilement.

Si tu peux donner de l’amour, une parole positive ou de la Tsedaka, laisse la bonté circuler.

Le vent ne possède rien : il transporte

Le vent ne garde pas ce qu’il porte.

Il transporte.

Les nuages.

Les graines.

Les odeurs.

La chaleur.

Il reçoit ici et conduit ailleurs.

Voilà un enseignement particulièrement beau pour l’homme.

Nous avons tendance à nous approprier ce qui nous a été confié.

Mon intelligence.

Mon argent.

Mon influence.

Ma Torah.

Mon temps.

Mais peut-être sommes-nous parfois davantage semblables au vent :

des porteurs.

Une personne reçoit une connaissance afin de la transmettre.

Une richesse afin de pouvoir également donner.

Une expérience afin d’aider.

Une parole afin d’encourager.

Même une consolation reçue peut devenir un jour consolation pour quelqu’un d’autre.

Le vent dit :

ne retiens pas.

Ce qui devait seulement passer par toi ne doit pas nécessairement s’arrêter en toi.

Certaines dispersions préparent un rassemblement plus profond

Israël a vécu parmi de très nombreux peuples et dans des régions très éloignées les unes des autres.

Le verset reconnaît cette dispersion.

Il ne la minimise pas.

Mais il annonce qu’elle ne sera pas définitive.

Cela enseigne une distinction très importante :

une situation peut durer longtemps sans être éternelle.

L’homme confond facilement les deux.

« Cela fait tant d’années, donc cela ne changera jamais. »

Mais l’exil lui-même nous apprend qu’une longue durée ne constitue pas une souveraineté absolue.

La promesse demeure :

« Amène Mes fils de loin. »

Le mot « loin » est donc suivi d’un verbe de mouvement.

La distance n’est pas supprimée du verset.

Elle est transformée en chemin de retour.

Le vent du rassemblement et le souffle de vie

En hébreu, le même mot, roua’h, peut désigner le vent et le souffle.

Cette proximité donne naturellement au chant une profondeur supplémentaire.

Rassembler ce qui était dispersé, c’est rendre à un corps sa vitalité.

Le prophète Ézéchiel utilise précisément l’image des quatre vents dans la vision des ossements desséchés :

« Viens des quatre vents, ô souffle, et souffle sur ces morts afin qu’ils vivent. » (Ézéchiel 37, 9)

Puis cette vision devient explicitement une prophétie adressée à Israël :

« Je vais ouvrir vos tombeaux […] et Je vous ramènerai sur la terre d’Israël. » (Ézéchiel 37, 12)

Il existe donc un lien profond entre :

rassembler,

souffler,

et faire revivre.

Une âme dispersée perd de la force.

Une famille divisée perd de la force.

Un peuple dispersé souffre de son éloignement.

Lorsque les parties se réunissent autour de leur Source, une nouvelle vitalité apparaît.

Le rassemblement est déjà une forme de résurrection.

Hachem peut rappeler même celui qui ne sait plus revenir seul

Il existe des moments où l’homme sait qu’il doit revenir.

Il connaît le chemin.

Il lui manque seulement le courage.

Mais il existe aussi des éloignements plus profonds.

Une personne ne sait même plus comment commencer.

Elle se sent étrangère.

Elle ne possède plus les habitudes.

Elle ne connaît plus les mots de la prière.

Le verset est alors particulièrement consolant.

Il ne dit pas seulement :

« Que Mes fils reviennent. »

Hachem ordonne :

« Amène Mes fils. »

Il existe donc un retour dans lequel Hachem Lui-même provoque les rencontres, les ouvertures et les circonstances qui ramènent l’homme.

Cela ne supprime pas le libre arbitre.

Mais cela signifie que celui qui ne sait plus comment retrouver le chemin n’est pas abandonné à sa seule capacité d’orientation.

Hachem sait également envoyer un vent.

Rassembler ne signifie pas rendre tout le monde identique

Les enfants viennent de directions différentes.

Nord.

Sud.

Orient.

Occident.

Ils n’arrivent pas tous du même endroit.

La Guéoula ne supprime pas nécessairement toutes les différences acquises pendant le chemin.

Elle leur redonne un centre.

Cela constitue également un enseignement important pour l’unité d’Israël.

L’unité ne signifie pas que chaque Juif doit posséder exactement le même caractère, le même parcours ou les mêmes habitudes.

Elle signifie que les directions différentes peuvent reconnaître une même Source et une même appartenance.

Un peuple véritablement uni n’est pas un peuple sans différences.

C’est un peuple dont les différences ne réussissent plus à faire oublier qu’il forme une seule famille.

« Mes fils. Mes filles. »

Avant les directions, il existe la filiation.

La Guéoula commence par un appel

Il est enfin remarquable que tout le rassemblement commence par une parole :

« Je dirai au nord… »

Hachem parle.

Puis les directions rendent leurs enfants.

Cela rejoint un principe rencontré à plusieurs reprises dans le Perek Chira : derrière les mouvements de la Création existe une parole divine.

Les eaux bougent à Sa voix.

Les étoiles accomplissent leur mission.

Les nuages portent la bénédiction.

Le vent lui-même devient maintenant messager du retour.

La Guéoula ne sera donc pas le résultat d’un monde qui aurait fini par se réparer tout seul.

Elle vient d’un appel de Hachem qui traverse toutes les distances :

« Revenez. »

Et chaque petit retour de l’homme vers Hachem peut déjà devenir un écho de cet appel.

Sache donc, âme précieuse, que lorsque le vent proclame : « Je dirai au nord : Donne ! Et au sud : Ne retiens pas ! Amène Mes fils de loin et Mes filles des extrémités de la terre », il t’enseigne qu’aucune dispersion n’est assez grande pour faire oublier à Hachem ce qui Lui appartient. Le verset ne nie pas la distance : il parle précisément de fils qui sont loin et de filles aux extrémités de la terre. Mais ils demeurent Ses enfants. Si toi aussi tu te sens dispersé, éloigné ou partagé entre trop de directions, commence par rassembler un seul morceau de ta vie autour de Hachem : une prière, un moment de Torah, une Mitsva reprise, une relation réparée. Le Yalkout Chimoni lit ce verset comme la promesse du rassemblement futur d’Israël, semblable à l’aigle qui déploie ses ailes et reprend ses petits. Le Zohar va plus loin encore : même le nord, lieu de rigueur, devra finalement « donner », et la bénédiction ne pourra plus être retenue. Ne crois donc pas que les endroits difficiles de ton histoire soient capables de posséder éternellement ce qu’ils ont pris. Hachem peut appeler de très loin, ouvrir un passage là où tu ne le voyais pas et faire surgir une guérison depuis un lieu qui semblait n’avoir produit que de la douleur. Et si tu as toi-même reçu une force, une connaissance, une bonté ou une consolation, sois comme le vent : ne retiens pas ce qui doit passer à travers toi vers une autre âme. Ainsi, peu à peu, ce qui était dispersé se rassemblera, ce qui était loin retrouvera son centre, et ton propre cœur apprendra déjà le secret de la Guéoula : aucune direction du monde n’est assez lointaine pour échapper à l’appel du Père qui dit encore à propos d’Israël : “Mes fils, Mes filles, revenez vers Moi”, jusqu’au grand rassemblement dans la confiance, l’unité et la profonde sérénité.