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LES CIEUX

Les cieux et le firmament témoignent de la grandeur du Créateur et de la sagesse de Ses œuvres.

LES CIEUX DISENT : « Les cieux racontent la gloire de Hachem, et le firmament proclame l’œuvre de Ses mains. »

Leçons du cœur

Contemple le secret de l’annulation de soi devant l’Infini, car les cieux nous enseignent qu’au-delà de toutes nos difficultés et de toutes nos inquiétudes, il existe un ordre immense et admirable que le Créateur dirige.

L’enseignement profond qui se trouve ici est que, lorsqu’un homme lève les yeux vers les hauteurs, il comprend que chaque détail de sa vie est une œuvre des mains du Saint béni soit-Il. Le véritable renforcement consiste à déposer les limites de l’intellect humain et à porter son regard vers ce qui le dépasse, afin d’acquérir l’humilité et la confiance.

Lorsque tu reconnaîtras que le Créateur t’enveloppe de Sa gloire, comme les cieux enveloppent la terre, ton âme trouvera la sérénité au milieu de la course incessante de ce monde, et tu mériteras de t’attacher intérieurement à ta racine supérieure.

Mon cœur Te parle

Maître du monde, « Les cieux racontent la gloire de Hachem, et le firmament proclame l’œuvre de Ses mains. » Je Te remercie d’avoir créé les cieux, la terre et toutes leurs armées, afin de révéler Ta Divinité dans le monde, et afin que, par Ta miséricorde, nous méritions de Te connaître et de contempler la douceur de l’éclat de Ta lumière, même dans ce monde inférieur.

Accorde-moi le mérite de faire grandir, de louer et d’élever Ta gloire par mon intermédiaire. Puissé-je mériter d’annuler toute mon existence propre et de diminuer la recherche de mon honneur personnel, car à Toi appartiennent la grandeur et la splendeur, et tout ce qui est appelé par Ton Nom, c’est pour Ta gloire que Je l’ai créé.

Je T’en prie, Hachem, ouvre mes yeux afin que je puisse comprendre et savoir que « toute la terre est remplie de Ta gloire », et accorde-moi le mérite de lever chaque matin les yeux vers les cieux et d’attirer sur moi une connaissance de sainteté, une connaissance pure et limpide, grâce à laquelle je mériterai de revenir véritablement vers Toi.

Aide-moi à comprendre, à travers toutes les créatures, les signes par lesquels Tu me fais allusion à chaque instant afin de me rapprocher de Toi, et à découvrir la vitalité de Ta Divinité revêtue dans chaque « œuvre de Tes mains » et dans toutes les lettres par lesquelles le monde a été créé.

Accorde-moi le mérite que ma bouche et mes paroles racontent toujours Tes louanges et Tes merveilles, jusqu’à ce que nous méritions d’être inclus dans la lumière de Ton Infini pour l’éternité.

L’œuvre de Tes mains

Les cieux que nous contemplons ne sont pas simplement un espace vide, mais constituent une extraordinaire « protection atmosphérique ».

À chaque instant, l’atmosphère consume des millions de petites météorites qui auraient pu nous atteindre, et elle filtre avec une précision remarquable les rayonnements dangereux du soleil, de sorte que seule l’énergie qui donne la vie demeure.

Sans cette précision extraordinaire dans la composition des gaz, la vie à la surface de la terre serait brûlée ou gelée en quelques secondes.


ÉTUDE APPROFONDIE

AU CŒUR DES MOTS

Un chant qui n’a pas besoin de paroles

Contemple le secret du chant silencieux qui remplit toute la Création, car les cieux ne possèdent ni bouche ni voix semblable à la nôtre, et pourtant David affirme qu’ils racontent la gloire de Hachem. Leur existence même est une parole. Leur immensité, leur ordre, leur constance, leur lumière et le renouvellement perpétuel de leurs cycles forment un récit qui ne cesse jamais.

Rachi explique précisément que les cieux ne parlent pas aux hommes avec des mots. Les astres et les luminaires accomplissent leur course, illuminent le monde et manifestent l’œuvre de leur Créateur ; c’est alors l’homme qui, en les contemplant, se met à raconter la gloire de Hachem.

Il existe ici un premier enseignement fondamental : toute la Création peut parler, mais elle a besoin d’un homme capable de l’entendre. Deux personnes peuvent regarder le même coucher de soleil. L’une n’y verra qu’un phénomène habituel ; l’autre ressentira qu’elle se tient devant une œuvre qu’elle n’a ni créée ni ordonnée, et son cœur s’ouvrira à la reconnaissance. Le ciel n’a pas changé. C’est le regard qui a changé.

Le Yalkout Chimoni enseigne qu’Hachem créa les cieux et la terre afin qu’ils Le louent. Le chant n’est donc pas une activité secondaire de la Création. Il appartient à sa raison d’être. Les cieux n’existent pas d’abord, puis décident ensuite de louer leur Créateur : leur existence elle-même constitue leur louange.

Cela transforme profondément notre manière de regarder le monde. Habituellement, nous considérons une chose selon son utilité : le soleil éclaire, la pluie abreuve, la terre produit, les arbres donnent leurs fruits. Le Yalkout Chimoni nous invite à découvrir une dimension plus profonde : avant même ce qu’une créature fait pour nous, il faut entendre ce qu’elle dit de Hachem.

De la Création à la Providence

Le Malbim révèle une distinction remarquable entre les deux parties du verset : « Les cieux racontent la gloire de Hachem » et « le firmament proclame l’œuvre de Ses mains ».

Les cieux témoignent d’abord du Créateur. Celui qui contemple l’immense ordre de la Création peut comprendre qu’une sagesse et une volonté sont à son origine. Mais le firmament révèle une dimension supplémentaire : il ne dit pas seulement « Hachem a créé », il proclame également « Hachem agit encore ».

Le Malbim rattache le firmament aux phénomènes qui préparent notamment la pluie et permettent à la terre de vivre. Il révèle ainsi non seulement la puissance originelle du Créateur, mais Sa conduite continuelle du monde.

Les deux parties du verset forment donc deux degrés d’Émouna :

les cieux enseignent la Création ; le firmament enseigne la Providence.

Il est relativement facile de croire qu’Hachem a créé le monde. L’épreuve plus profonde commence lorsqu’il faut croire qu’Il dirige également ma vie présente, avec ses ouvertures et ses fermetures, ses temps de pluie et ses temps de sécheresse, ce que je comprends et ce qui m’échappe.

Les nuages peuvent cacher le ciel sans supprimer le ciel. De même, une période d’obscurité peut cacher à l’homme la manière dont Hachem le conduit sans que Sa Providence ait cessé d’exister.

Faire descendre le chant jusque sur la terre

Le Yalkout Chimoni décrit encore les cieux qui chantent tandis que la terre pleure. Les cieux jouissent davantage du rayonnement de la Chékhina, tandis que la terre porte un monde soumis au travail, au manque et à la mortalité. Pourtant, Hachem promet à la terre qu’elle aussi chantera.

Le chant des cieux est ainsi le chant d’un monde où la lumière divine apparaît avec davantage de transparence. Mais l’homme vit sur la terre. Il connaît la fatigue, le manque, l’incertitude et les épreuves.

L’objectif n’est donc pas de rester éternellement spectateur d’un ciel qui chante au-dessus de nous. Le véritable Tikoun consiste à faire descendre ce chant jusque dans la vie terrestre : prendre une journée ordinaire et y accomplir une Mitsva, prendre une difficulté et en faire une prière, prendre une réussite et en faire une reconnaissance, prendre une maison et y faire entrer la Torah.

L’homme devient alors le lieu de rencontre entre le ciel et la terre.

La Création et la Torah

Le Psaume 19 passe ensuite naturellement des cieux à la Torah : « La Torah de Hachem est parfaite, elle restaure l’âme » (Psaumes 19, 8).

Il existe en effet deux livres placés devant l’homme. Le premier est la Création. Le second est la Torah. Les cieux disent : regarde l’œuvre et reconnais l’Artisan. La Torah dit : maintenant que tu L’as reconnu, apprends comment vivre avec Lui.

La Création éveille l’émerveillement ; la Torah donne à cet émerveillement une direction. Car il serait possible de contempler toute une vie les étoiles et les montagnes tout en demeurant intérieurement inchangé.

La question devient donc :

si toute la Création révèle son Créateur, que révèle ma propre vie ?

Rabbi Naḥman rattache précisément ce verset à la Torah, aux âmes et à la prière. La Torah ne doit pas rester uniquement dans l’intelligence. Elle doit devenir prière, désir, action et transformation de la manière dont l’homme vit.

Les cieux racontent en rayonnant

Le Zohar demande ce que signifie réellement que les cieux « racontent ». Il enseigne que leur manière de raconter est de rayonner et de diffuser la lumière qu’ils reçoivent.

Voilà l’un des enseignements les plus beaux de ce chant :

on peut parler de Hachem en rayonnant.

Un homme peut prononcer de nombreux discours sur l’Émouna sans nécessairement la faire sentir autour de lui. Un autre peut parler beaucoup moins, mais sa patience, son honnêteté, sa joie dans la Mitsva et sa manière de traiter les autres donnent envie de comprendre d’où vient sa lumière.

Les cieux ne crient pas.

Ils brillent, et leur lumière raconte.

Ainsi doit progressivement devenir l’Avodat Hachem : la Torah étudiée doit produire une clarté dans la manière de vivre, la prière doit adoucir le cœur, et l’Émouna doit devenir perceptible dans la façon de traverser les changements de l’existence.

Rabbi Naḥman révèle encore que les cieux et leur régularité constituent déjà un Nigoun. Nous pensons parfois qu’Hachem se révèle uniquement lorsqu’un miracle bouleverse les habitudes. Mais les cieux enseignent exactement le contraire :

la régularité elle-même est un chant.

Le fait que le soleil se lève encore, que le monde soit suffisamment stable pour que l’homme puisse vivre, construire et servir Hachem appartient lui aussi à Sa Providence.

La routine est donc l’un des grands voiles placés devant le chant de la Création. L’Avodat Hachem consiste en partie à retrouver le regard de celui qui refuse que l’habitude transforme le merveilleux en banal.

Sache donc, âme précieuse, que lorsque tu lèves les yeux vers les cieux, ne les regarde pas seulement comme un immense décor suspendu au-dessus de ta vie. Écoute leur enseignement. Ils te rappellent qu’Hachem a créé le monde mais aussi qu’Il ne l’a jamais abandonné, que la grandeur véritable n’a pas besoin de bruit pour se révéler et que la constance elle-même peut devenir un chant. Lorsque des nuages traversent ton existence et que tu ne comprends plus clairement la conduite d’Hachem, souviens-toi que le ciel n’a pas disparu parce que tes yeux ne le voient plus. Continue à remplir tes jours de Torah, de Mitsvot et de prière, et demande que la lumière que tu reçois descende jusque dans tes actes. Alors ta propre vie pourra devenir une continuation du chant des cieux : tes paroles raconteront Sa bonté, tes choix proclameront Sa présence et ta fidélité témoignera de Sa Providence. Tu découvriras alors qu’il n’est pas toujours nécessaire d’accomplir quelque chose d’extraordinaire pour révéler la gloire de Hachem : il suffit parfois de devenir assez transparent pour que Sa lumière puisse passer à travers toi, jusqu’à remplir ton âme de reconnaissance, de confiance et d’une profonde sérénité.