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LA TERRE

Le monde et tout ce qu’il contient sont la propriété du Saint béni soit-Il.

LA TERRE DIT : « À Hachem appartient la terre et tout ce qu’elle renferme, le monde et ceux qui l’habitent. »

Leçons du cœur

Contemple le secret de la reconnaissance que rien n’appartient véritablement à l’homme, car la terre nous enseigne que tout nous est confié en prêt par le Créateur.

L’enseignement profond qui se trouve ici est que notre emprise sur ce monde ne nous est donnée que par la force du Créateur, qui nous l’accorde. Le véritable renforcement consiste à marcher sur la terre avec humilité et reconnaissance, et non à poursuivre les biens matériels comme s’ils constituaient toute la réalité.

Sache que la terre supporte tout et reçoit tout, car elle sait à Qui elle appartient. Dès que tu intègreras profondément que le Créateur est le Maître de tous tes biens comme de ton propre corps, ton âme trouvera la sérénité, libérée des inquiétudes liées à la possession, et tu mériteras de vivre dans une véritable tranquillité, à l’ombre de Ses ailes.

Mon cœur Te parle

Maître du monde, « À Hachem appartient la terre et tout ce qu’elle renferme, le monde et ceux qui l’habitent ». Tu es le Maître et l’unique Souverain de tous les mondes. Accorde-moi le mérite de croire véritablement, d’une foi parfaite, que « tout vient de Toi, et c’est de Ta main que nous Te donnons », et que je ne possède par moi-même ni force ni capacité de faire quoi que ce soit indépendamment de Ta Providence et de Ta volonté.

Je T’en prie, Hachem, ouvre mes yeux afin que je puisse comprendre et savoir que « toute la terre est remplie de Ta gloire », et qu’aucun endroit au monde ne peut Te cacher, car « il n’existe aucun lieu qui soit dépourvu de Toi », absolument aucun.

Aide-moi à accomplir le devoir qui m’incombe de dire : « C’est pour moi que le monde a été créé », et à prier constamment pour les manques du monde et pour sa réparation.

Plein de miséricorde, ramène la gloire à sa racine et fais disparaître du monde la conception d’une nature autonome et les négations de la foi, jusqu’à ce que tous sachent et croient qu’il n’existe en réalité aucune force indépendante de la nature dans le monde, mais que tout est dirigé selon Ta sainte volonté.

Accorde-moi le mérite de m’annuler entièrement devant Toi, afin que toutes mes actions et toutes mes pensées soient uniquement pour Ta grande gloire, car c’est pour cela que nous avons été créés.

L’œuvre de Tes mains

Le sol qui se trouve sous nos pieds est un véritable monde vivant. Une seule poignée de terre saine contient davantage d’organismes vivants, notamment des micro-organismes, que l’ensemble des êtres humains vivant sur toute la planète !

Cette véritable « usine souterraine » recycle les déchets et les transforme en éléments nutritifs. Sans elle, aucun arbre ne pourrait pousser et aucun fruit ne pourrait mûrir.


ÉTUDE APPROFONDIE

AU CŒUR DES MOTS

Rien ne nous appartient absolument

Contemple le secret de la reconnaissance que rien n’appartient véritablement à l’homme, car la terre nous enseigne que tout ce que nous possédons nous est confié en dépôt par le Créateur. L’homme marche sur la terre et peut croire qu’elle lui appartient, qu’il possède ses biens, sa maison, ses forces et même son propre corps. Mais la terre elle-même témoigne du contraire : « À Hachem appartient la terre et tout ce qu’elle renferme. »

Ce verset ne demande pas à l’homme de mépriser ce qu’il possède. Il lui apprend à changer la manière dont il le possède.

Il existe une immense différence entre dire « Ceci est à moi » et dire « Hachem m’a confié ceci ». Dans le premier cas, la possession peut facilement nourrir l’orgueil. Dans le second, elle fait naître la responsabilité.

Si mon argent m’appartient absolument, je peux être tenté de croire que son seul but est de satisfaire mes désirs. Mais s’il m’a été confié par Hachem, je dois me demander ce qu’Il attend de moi à travers lui. Si ma maison est un dépôt d’Hachem, elle peut devenir un lieu de Torah, de Chabbat, de générosité et de paix. Si mes capacités sont un cadeau confié pour une mission, elles deviennent des instruments d’Avodat Hachem.

Plus l’homme reconnaît que ce qu’il possède ne lui appartient pas absolument, plus il peut véritablement en faire quelque chose de grand.

L’abondance elle-même est une épreuve

Le Yalkout Chimoni raconte que Rabbi ‘Hiya bar Abba fut reçu chez un homme immensément riche. Au milieu d’un repas d’une abondance extraordinaire, un enfant proclamait : « À Hachem appartient la terre et tout ce qu’elle renferme. » Le Midrach explique qu’il répétait ce verset afin que le maître de maison ne s’enorgueillisse pas.

Le chant de la terre possède donc une fonction très concrète : protéger l’homme de l’illusion de la possession.

La pauvreté possède ses épreuves, mais l’abondance possède les siennes. Lorsqu’une personne manque de quelque chose, elle se souvient facilement qu’elle a besoin d’Hachem. Lorsqu’elle possède beaucoup, elle peut progressivement avoir l’impression de se suffire à elle-même.

La terre vient alors murmurer sous ses pieds :

« Tout cela appartient encore à Hachem. »

L’homme agit, construit et travaille, mais qui lui a donné ses années, son intelligence, sa force, ses possibilités et les matériaux nécessaires à son œuvre ? L’agriculteur peut dire « mon champ », mais il ne possède ni la pluie, ni le soleil, ni la vie cachée dans la semence.

La reconnaissance que tout appartient à Hachem ne nie pas l’effort humain. Elle le replace dans sa véritable perspective.

Rencontrer Hachem dans la matière

Le Yalkout Chimoni compare également la louange de Moché à celle du roi David. Moché, monté dans les hauteurs, pouvait proclamer : « À Hachem ton Dieu appartiennent les cieux, les cieux des cieux, la terre et tout ce qu’elle contient » (Devarim 10, 14). David, lui, louait Hachem à partir du monde terrestre : « À Hachem appartient la terre et tout ce qu’elle renferme. »

Il existe donc une manière de rencontrer Hachem en s’élevant vers les hauteurs, et une autre de Le rencontrer précisément dans la terre.

Tout le monde n’est pas Moché Rabbénou montant au sommet du Sinaï. Mais chacun possède une maison, une table, une journée, un travail, un corps et quelques biens.

David enseigne que l’homme n’a pas besoin de quitter ce monde pour découvrir la souveraineté de Hachem. Il suffit qu’il regarde correctement ce qui se trouve déjà entre ses mains.

Lorsqu’un homme prend du pain et prononce une bénédiction, il reconnaît sa Source. Lorsqu’il prélève de son argent pour la Tsedaka, il proclame que cet argent n’est pas détaché de Hachem. Lorsqu’il honore le Chabbat avec ce qu’il possède, la matière elle-même devient témoignage.

Transformer la matière en Michkan

Le Yalkout Chimoni utilise encore notre verset à propos des dons destinés au Michkan. Celui à qui appartient « la terre et tout ce qu’elle renferme » n’a évidemment besoin ni de notre or ni de nos biens. Mais Il désire faire résider Sa Présence parmi nous.

Hachem n’avait pas besoin de l’or du Michkan.

Israël avait besoin que son or puisse devenir Michkan.

De la même manière, Hachem n’a pas besoin de notre argent, de notre temps ou de nos capacités. C’est nous qui avons besoin que notre argent puisse devenir Tsedaka, que notre temps puisse devenir Torah, que notre maison puisse devenir accueil et que notre voix puisse devenir prière.

Ainsi, « À Hachem appartient la terre » n’amoindrit pas la matière. Ce verset la sanctifie.

Même l’homme appartient à Hachem

Le verset ajoute : « le monde et ceux qui l’habitent. » Ce ne sont donc pas seulement nos biens qui appartiennent à Hachem. L’homme lui-même appartient à Hachem.

Sa vie devient alors une mission.

L’homme cesse de demander uniquement : « Qu’est-ce que je veux faire de ma vie ? » et commence aussi à demander : « Qu’est-ce que Hachem attend de la vie qu’Il m’a confiée ? »

Rabbi Naḥman explique précisément que la plénitude d’une chose dépend de son lien avec Hachem. Lorsque la « terre » demeure reliée à Hachem, elle se trouve dans son plein accomplissement. Lorsqu’elle veut se détacher de sa Source, elle entre dans le manque et le désordre.

Une grande intelligence coupée de sa Source peut devenir orgueil. Reliée à Hachem, elle devient sagesse. La richesse détachée de sa Source peut devenir avidité. Reliée à Hachem, elle devient générosité et Mitsva.

La terre dit alors simplement :

« À Hachem. »

Ces deux mots rétablissent l’ordre.

Qu’est-ce qu’une vie véritablement pleine ?

Le Zohar comprend également la « terre » comme une allusion à Erets Israël, réceptacle des bénédictions d’en haut. La véritable plénitude de la terre ne réside donc pas seulement dans ce qu’elle produit matériellement, mais dans ce qu’elle reçoit d’en haut.

Qu’est-ce alors qu’une vie pleine ? Une vie remplie d’objets, de rendez-vous et de réussites, ou une vie dans laquelle existe un espace pour la Présence d’Hachem ?

Un foyer peut être richement meublé et pourtant manquer de quelque chose d’essentiel. Un autre peut être plus simple mais rempli de Chabbat, de Torah, de bénédictions, de respect et de générosité.

La plénitude apparaît lorsque la matière reconnaît son Maître.

Sache donc, âme précieuse, que lorsque la terre proclame : « À Hachem appartient la terre et tout ce qu’elle renferme », elle ne vient pas t’enlever ce que tu possèdes, mais t’apprendre à le posséder sans en devenir l’esclave. Tout ce qui se trouve entre tes mains t’a été confié afin que tu puisses en révéler la sainteté : ton argent peut devenir Tsedaka, ta maison peut devenir un lieu de Chabbat et de paix, ta table peut devenir reconnaissance, ton intelligence peut servir la Torah et ton temps peut devenir Mitsva. Ne mesure donc pas ta richesse seulement à la quantité de ce que tu possèdes, mais à la lumière que tu réussis à faire passer à travers ce qui t’a été confié. Lorsque l’abondance vient, souviens-toi de Celui qui l’a donnée ; lorsque quelque chose manque ou disparaît, souviens-toi que la Source de toute bénédiction n’a pas disparu avec elle. Plus tu relieras ta terre à Hachem, plus elle trouvera sa véritable plénitude, jusqu’à ce que même la matière commence à chanter et remplisse ton cœur de reconnaissance, de confiance et d’une profonde sérénité.