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LES SOURCES

Toute la source de la vitalité et de la joie des créatures se trouve dans le Saint béni soit-Il.

LES SOURCES DISENT : « Ils chantent comme ceux qui dansent : toutes mes sources sont en Toi. »

Leçons du cœur

Contemple le secret du jaillissement constant depuis la source intérieure, car les sources nous enseignent que la véritable vitalité jaillit de l’intérieur, du lien direct avec le Créateur.

L’enseignement profond qui se trouve ici est que lorsque l’homme annule son propre sentiment d’existence et dit « toutes mes sources sont en Toi », il devient lui-même une source de bénédiction qui ne cesse jamais de jaillir.

Le véritable renforcement consiste à rechercher le chant et la danse même au cœur du travail quotidien, en reconnaissant que toute notre force nous est donnée d’En-Haut.

Sache que le Créateur est la source éternelle qui apaise la soif de ton âme et purifie toutes tes pensées. Lorsque tu enracineras dans ton cœur qu’il n’y a rien en dehors de Lui et que toute ta vitalité vient de Lui, ton âme trouvera la sérénité loin de toute poursuite et de toute jalousie, et tu mériteras de devenir comme une source qui jaillit avec force et se réjouit de la part spirituelle qui est en elle.

Mon cœur Te parle

Maître du monde, « Maître de la joie et de l’allégresse, Toi dont la joie réside dans Ta demeure », accorde-moi, dans Ta grande miséricorde, de chanter, de pousser des cris de joie et de jouer devant Toi un chant nouveau, un chant de merveilles qui jaillit d’une foi véritable. Accorde-nous de parvenir à la dimension de « Ils chantent comme ceux qui dansent », afin que nous méritions une grande joie dans Ton service, jusqu’à ce que cette joie se répande dans tous nos membres et que nous méritions de frapper des mains et de danser des danses de sainteté. Par ces mouvements et ces danses saintes, puissions-nous mériter d’adoucir et d’annuler tous les Dinim et tous les décrets qui pèsent sur nous et sur tout Ton peuple, la maison d’Israël.

Je T’en prie, Hachem, accorde-moi que « toutes mes sources soient en Toi », que tous mes désirs, mes aspirations, ma volonté et toutes les sources de ma sagesse et de ma connaissance soient attachés et liés à Toi seul. Aide-nous à nous défaire de tout désir et de toute aspiration pour les vanités de ce monde, afin que toutes nos pensées ne soient tournées que vers le désir de T’atteindre et de reconnaître Ta grandeur, car c’est pour cela que nous avons été créés. Accorde-nous de puiser dans la joie l’eau des sources du salut et de recevoir une Torah et une connaissance nouvelles par l’intermédiaire des véritables Justes.

Aie pitié de nous et prends-nous en miséricorde, et accorde-nous le mérite de voir la joie de la danse que Tu prépareras pour les Justes dans l’avenir. Puissions-nous tous montrer du doigt et dire : « Voici Hachem, en qui nous avons espéré. » Hâte et précipite notre délivrance, et fais-nous remonter vers notre terre dans l’allégresse ; alors notre bouche sera remplie de rire et notre langue de chants de joie.

L’œuvre de Tes mains

Une source est l’un des meilleurs systèmes naturels de filtration de l’eau au monde.

L’eau s’infiltre à travers de profondes couches de roches et de sable pendant des dizaines, et parfois même des centaines d’années. Au cours de ce processus, elle ne fait pas seulement disparaître de nombreuses impuretés : elle absorbe également des minéraux essentiels dont le corps humain a besoin pour vivre.

La source constitue ainsi un témoignage de la Création, qui veille directement à la santé de l’homme depuis les profondeurs mêmes de la terre.


ÉTUDE APPROFONDIE

AU CŒUR DES MOTS

Derrière chaque jaillissement existe une Source

Contemple le secret de la vitalité qui jaillit d’un lieu caché, car une source possède quelque chose de mystérieux. L’eau apparaît soudain entre les pierres ou au creux de la terre, mais ce que l’œil voit n’est que le point où elle devient visible. Avant de jaillir, elle a parcouru un chemin souterrain que personne ne regardait.

Ainsi en est-il de nombreuses forces dans la vie de l’homme.

La joie apparaît, mais d’où vient-elle ?

Une idée nouvelle surgit dans l’esprit, mais quelle est sa véritable origine ?

L’homme se réveille un matin avec la force de recommencer après une longue période de fatigue. Pourquoi aujourd’hui ?

Une parole de Torah touche soudain son cœur alors qu’il l’avait déjà entendue plusieurs fois.

La source enseigne :

ne confonds pas l’endroit où une bénédiction apparaît avec l’origine véritable de la bénédiction.

Le verset dit :

« Toutes mes sources sont en Toi. »

Tout ce qui jaillit de bon, de vivant et de saint possède finalement une Source plus haute.

L’homme peut recevoir une aide par une personne, une idée par un livre, une Parnassa par son travail, un réconfort par un ami.

Il doit évidemment reconnaître le bien que lui font les hommes.

Mais derrière les canaux, il apprend à reconnaître la Source :

Hachem.

Tsion, le lieu d’où la vie spirituelle rayonne

Le Psaume 87 tout entier chante la grandeur de Tsion. Il décrit les peuples reconnaissant la place particulière de cette ville et s’achève par :

« Toutes mes sources sont en Toi. »

Le Malbim, tel qu’il est repris dans notre commentaire source, comprend cette expression comme la reconnaissance que Tsion devient le point d’origine de la grandeur, de la bénédiction et du renouvellement d’Israël.

Cela ne signifie pas que Hachem serait limité à un lieu, mais qu’Il a choisi dans ce monde des lieux à travers lesquels Sa Présence et Sa Torah se révèlent d’une manière particulière.

Tsion n’est donc pas seulement une ville vers laquelle on voyage.

Elle représente un centre.

L’exil disperse.

Tsion rassemble.

L’exil éloigne les différents membres.

Tsion rappelle qu’ils appartiennent à un même corps.

Cette idée possède son reflet dans l’âme.

Un homme peut lui aussi vivre intérieurement très dispersé. Ses pensées vont dans une direction, ses désirs dans une autre, ses paroles ailleurs encore. Il cherche sa joie dans un endroit, sa sécurité dans un autre, sa valeur dans le regard d’une troisième personne.

Puis il finit par ressentir une fatigue profonde.

Pourquoi ?

Parce qu’une vie possédant trop de centres finit par ne plus avoir de centre.

Le chant de la source vient alors simplifier :

« Toutes mes sources sont en Toi. »

Je peux recevoir par de nombreux canaux.

Mais je ne possède qu’une Source.

Ne transforme pas le canal en source

Il existe ici une distinction essentielle pour l’Émouna.

Hachem fait souvent passer Sa bonté par des intermédiaires.

Un médecin peut apporter une guérison.

Un employeur peut fournir une Parnassa.

Une personne peut ouvrir une porte.

Un maître peut transmettre une Torah.

Un ami peut redonner du courage.

La reconnaissance exige de remercier chacun pour le bien qu’il accomplit.

Mais spirituellement, un danger apparaît lorsque l’homme finit par croire que le canal est devenu la source.

Il pense :

« Sans cette personne, je n’ai plus rien. »

« Si cette porte se ferme, tout est fini. »

« Si je perds cela, je n’ai plus aucune possibilité. »

La source lui répond :

le canal peut changer ; la Source demeure.

L’eau peut jaillir ici aujourd’hui et ailleurs demain.

Hachem possède beaucoup plus de chemins que ceux que tu connais.

Cette pensée ne dispense jamais l’homme de faire son effort ni de préserver les relations et les moyens qu’Hachem lui accorde.

Elle l’empêche simplement de donner à une créature la place qui appartient au Créateur.

Tu peux dépendre pratiquement d’un moyen aujourd’hui sans croire que ton existence dépend ultimement de lui.

La différence paraît subtile.

Mais elle transforme profondément le cœur.

Une source continue de couler même lorsqu’on ne la voit pas

Une source souterraine peut poursuivre son chemin longtemps avant de devenir visible.

Voilà une leçon extraordinaire pour les périodes où l’homme ressent une sécheresse intérieure.

Il dit :

« Je n’ai plus la même joie. »

« Je ne ressens plus la prière. »

« Je ne trouve plus la même inspiration dans mon étude. »

Il regarde la surface et conclut :

« La source s’est tarie. »

Mais il ne voit pas nécessairement ce qui se passe dans les profondeurs.

Dans les chants précédents, la terre aride proclamait :

« La lumière est semée pour le juste. »

Maintenant la source ajoute :

la vie peut aussi circuler sous terre avant de jaillir.

L’homme ne doit donc pas mesurer tout son lien avec Hachem à l’intensité de son émotion présente.

Il existe des jours où le lien se manifeste par l’enthousiasme.

Et d’autres où il se manifeste par la fidélité.

Tu n’as peut-être pas envie de prier, mais tu pries.

Tu ne ressens pas de nouveauté dans ton étude, mais tu ouvres ton livre.

Tu ne ressens pas encore de changement, mais tu continues à travailler une Mida.

Cette fidélité est elle-même la preuve qu’une eau circule encore.

La source la plus profonde n’est pas toujours celle qui fait le plus de bruit.

Le Zohar : Hachem est la Source de la vie

Le Zohar développe les paroles :

« Car auprès de Toi est la source de la vie ; par Ta lumière nous voyons la lumière. » (Psaumes 36, 10)

Il décrit une Source de vie d’où se répandent bénédiction, lumière et vitalité.

Sans entrer dans la structure profonde que le Zohar développe, son enseignement essentiel est très accessible :

la vie n’est pas autonome.

Tout ce qui vit reçoit.

L’arbre reçoit.

L’âme reçoit.

L’intelligence reçoit.

Même la capacité de servir Hachem est un cadeau renouvelé.

Cela change le sens de la reconnaissance.

Habituellement, nous remercions Hachem lorsqu’un événement particulièrement heureux survient.

La source nous apprend une reconnaissance plus profonde :

je Te remercie pour la vitalité elle-même.

Pour la capacité de penser.

De vouloir.

De commencer.

D’aimer.

D’apprendre.

De réparer.

De recommencer après avoir échoué.

Le Zohar relie la Source de vie à une lumière qui fait vivre et éclaire.

Ainsi, lorsqu’un homme dit :

« Toutes mes sources sont en Toi »,

il ne parle pas seulement de ce qu’il possède.

Il parle de ce qui lui permet continuellement d’être vivant.

Faire de la place dans le cœur

Rabbi Naḥman donne à notre verset une lecture particulièrement profonde.

Il explique que lorsque l’homme nourrit dans son cœur de bonnes et saintes pensées sur la manière de servir Hachem, il crée en lui un espace où de bonnes actions et de bonnes Midot peuvent apparaître.

Il cite alors notre verset :

« Ils chantent comme ceux qui dansent : toutes mes sources sont en Toi. »

Rabbi Naḥman rapproche le mot kholelim d’un ‘halal, un espace intérieur.

L’idée est remarquable :

pour qu’une source jaillisse, il faut parfois d’abord lui laisser un passage.

Le cœur humain peut être tellement rempli de bruit qu’il ne reste presque plus de place pour entendre ce qui vient de plus profond.

Les préoccupations.

Les comparaisons.

Les nouvelles.

Les écrans.

Les calculs.

Les blessures que l’on rejoue sans cesse.

Les conversations imaginaires.

Les peurs de demain.

Tout cela peut remplir l’espace intérieur.

L’homme dit alors :

« Je voudrais ressentir davantage Hachem. »

Mais peut-être doit-il commencer par demander :

« Ai-je laissé une place pour Lui ? »

Quelques minutes sans bruit.

Un moment de Torah sans distraction.

Une prière où l’on essaie réellement de penser aux mots.

Une parole personnelle adressée à Hachem.

Un instant où l’on ne cherche ni à produire ni à impressionner.

Un espace s’ouvre.

Et dans cet espace, quelque chose peut recommencer à jaillir.

La prière doit venir du cœur

Rabbi Naḥman poursuit immédiatement son enseignement en citant :

« Le servir de tout votre cœur » (Devarim 11, 13),

que nos Sages expliquent comme une allusion à la prière.

Il souligne que l’essentiel de la prière dépend du cœur.

Une bouche peut prononcer tous les mots tandis que le cœur se trouve ailleurs.

Le chant des sources rappelle alors :

reviens à l’intérieur.

Il ne faut pas nécessairement produire une émotion extraordinaire à chaque prière.

Mais il faut chercher un point de vérité.

Un mot que tu comprends.

Une demande que tu ressens réellement.

Un merci sincère.

Une inquiétude que tu déposes devant Hachem.

Une seule phrase peut parfois ouvrir davantage la source que beaucoup de mots prononcés sans présence.

L’homme peut dire :

« Hachem, aide-moi à Te parler réellement. »

Cette phrase est déjà une prière.

Il existe une différence entre réciter devant Hachem et se tenir devant Hachem.

Lorsque le cœur commence à rejoindre la bouche, la prière retrouve sa source.

« Ils chantent comme ceux qui dansent »

Le verset n’associe pas la source uniquement à l’eau.

Il l’associe au chant et à la danse.

Nous retrouvons naturellement le chant précédent des fleuves, où Rabbi Naḥman reliait le fait de frapper des mains à la joie du cœur.

Ici, cette joie progresse encore.

Elle devient chant.

Elle devient mouvement.

Une joie véritable possède en effet une tendance naturelle à se répandre.

Lorsque le cœur est réellement rempli, il cherche une expression.

Le roi David n’a pas seulement pensé sa reconnaissance.

Il l’a transformée en Téhilim.

Miriam et les femmes d’Israël n’ont pas seulement ressenti la délivrance de la mer Rouge : elles sortirent avec tambourins et danses, comme il est écrit :

« Toutes les femmes sortirent derrière elle avec des tambourins et des danses. » (Exode 15, 20)

La joie de sainteté ne cherche pas uniquement à procurer une sensation agréable.

Elle cherche à devenir louange.

Voilà pourquoi une maison juive possède des chants de Chabbat.

Pourquoi nous chantons lors des fêtes.

Pourquoi tant de paroles de prière sont devenues des Nigounim.

Le chant permet parfois à une vérité que l’intelligence connaît déjà de descendre plus profondément dans le cœur.

Une source donne sans s’appauvrir

Une source possède encore une propriété merveilleuse.

Elle donne.

Elle abreuve un homme, puis un autre.

Elle nourrit un ruisseau.

Elle peut contribuer à faire vivre des champs entiers.

Et pourtant elle continue à jaillir tant qu’elle demeure reliée à son origine.

L’image possède une application évidente.

L’homme craint parfois :

« Si je donne trop, que restera-t-il pour moi ? »

Cette question peut être légitime, car la Torah ne demande pas d’ignorer ses limites. Le corps a besoin de repos, la famille a besoin de présence, et il faut apprendre à donner avec sagesse.

Mais il existe également une autre vérité :

celui qui reste relié à sa Source peut recevoir de nouvelles forces pour donner.

Une personne qui veut constamment nourrir les autres uniquement à partir de ses propres réserves finit souvent par s’épuiser.

Elle a besoin elle aussi d’une source.

De Torah.

De prière.

De Chabbat.

De silence.

D’un temps pour renouveler son propre lien avec Hachem.

Alors son don n’est plus seulement le vidage d’un réservoir.

Il devient davantage semblable à un écoulement.

Cela vaut particulièrement pour celui qui enseigne, éduque, accompagne ou prend soin des autres.

Tu ne peux pas être continuellement une source pour tout le monde sans revenir toi-même à la Source.

Ne cherche pas la vitalité dans des citernes fissurées

Le prophète Jérémie transmet une parole sévère :

« Ils M’ont abandonné, Moi, la source d’eau vive, pour se creuser des citernes, des citernes fissurées qui ne retiennent pas l’eau. » (Jérémie 2, 13)

Cette image permet de comprendre encore davantage le chant des sources.

Il existe dans le monde beaucoup de choses qui promettent à l’homme de le remplir.

Une reconnaissance permanente.

La comparaison.

L’accumulation.

L’attention des autres.

Une distraction continuelle.

Elles peuvent offrir un plaisir réel et permis à leur juste place.

Mais lorsqu’on leur demande de devenir la source de notre valeur et de notre vitalité, elles ressemblent à des citernes fissurées.

Il faut constamment les remplir de nouveau.

Un compliment satisfait quelques instants.

Puis il en faut un autre.

Une réussite rassure.

Puis une réussite plus grande devient nécessaire.

L’homme boit et reste assoiffé.

Le verset des sources lui propose un déplacement fondamental :

ne demande pas au monde de te donner ce qu’il reçoit lui-même.

Retourne vers la Source.

Cela ne signifie pas quitter la vie matérielle.

Cela signifie vivre la matière sans attendre d’elle qu’elle remplace Hachem.

Toutes mes sources, même celles que je ne connais pas encore

L’expression « toutes mes sources » possède encore une profondeur magnifique.

L’homme connaît certaines de ses forces.

Mais il en possède d’autres qu’il n’a pas encore découvertes.

Il dit :

« Je ne suis pas capable de cela. »

Puis une situation arrive et révèle en lui une patience inattendue.

Il pensait ne pas pouvoir supporter une difficulté.

Il découvre une force.

Il pensait ne pas savoir enseigner.

Une personne a besoin de lui et des paroles viennent.

Il croyait sa prière définitivement sèche.

Un jour, une phrase ouvre son cœur.

D’où ces forces étaient-elles venues ?

Elles étaient peut-être déjà là comme des eaux souterraines.

Hachem connaît en l’homme des sources que l’homme lui-même ne connaît pas encore.

C’est pourquoi il faut être prudent avant de se définir définitivement :

« Je suis comme cela. »

« Je ne changerai jamais. »

« Ce domaine est fermé pour moi. »

Tu ne connais pas encore toutes les sources qu’Hachem a déposées dans ton âme.

Une Téchouva peut en ouvrir une.

Une rencontre peut en ouvrir une.

Un enseignement peut en ouvrir une.

Une épreuve peut parfois révéler une profondeur dont tu ignorais l’existence.

Le chant dit :

« toutes mes sources sont en Toi. »

Même celles que je n’ai pas encore vues.

De la Source à la Guéoula

Le verset est placé dans un Psaume consacré à Tsion.

Cela lui donne naturellement une dimension de Guéoula.

La délivrance est aussi le grand retour des eaux dispersées vers leur centre.

Les exilés reviennent.

Les voix séparées retrouvent un chant commun.

Le monde découvre que sa véritable vitalité ne vient pas de puissances indépendantes mais du Créateur.

Rabbi Nathan reprend précisément notre verset lorsqu’il prie pour le renouvellement du chant et pour la future délivrance. Il demande que s’éveillent les différentes formes de Nigoun jusqu’au chant futur, puis cite :

« Ils chantent comme ceux qui dansent : toutes mes sources sont en Toi. »

La Guéoula apparaît ainsi non seulement comme un retour géographique, mais comme un retour à la Source.

C’est peut-être la définition intérieure de toute Téchouva.

Téchouva signifie revenir.

L’homme ne crée pas une nouvelle âme.

Il revient vers la racine de celle qu’Hachem lui a déjà donnée.

Il retrouve ce qu’il avait oublié.

Il nettoie le passage.

Et l’eau recommence à jaillir.

L’essentiel est de rester relié

Une source n’a pas besoin de courir après ceux qui viennent boire.

Elle jaillit parce qu’elle est reliée à son origine.

Cette image peut libérer l’homme de nombreuses comparaisons.

Il regarde une autre personne et envie sa Torah.

Sa joie.

Son influence.

Ses qualités.

Sa réussite.

Mais une source ne devient pas plus grande parce qu’elle imite une autre source.

Elle doit être dégagée jusqu’à retrouver son propre passage vers la profondeur.

Ton Avodat Hachem ne sera pas exactement celle de l’autre.

Tu as reçu un caractère, une mission, des possibilités et un chemin particuliers.

La question n’est pas :

« Comment devenir sa source ? »

Mais :

« Comment ne pas boucher celle que Hachem a placée en moi ? »

Protège ton cœur.

Nourris-le de Torah.

Parle à Hachem.

Travaille tes Midot.

Éloigne ce qui trouble inutilement ton esprit.

Et surtout, n’oublie jamais d’où vient l’eau.

Plus l’homme se relie à la Source, moins il a besoin de forcer artificiellement le jaillissement.

Sache donc, âme précieuse, que lorsque les sources proclament : « Ils chantent comme ceux qui dansent : toutes mes sources sont en Toi », elles t’enseignent à revenir derrière chaque bénédiction jusqu’à Celui dont elle provient. Ne transforme jamais un canal en source : remercie les personnes qui te font du bien, prends soin des moyens qu’Hachem met entre tes mains, mais rappelle-toi qu’aucune créature ne possède à elle seule ta vie, ta Parnassa, ta joie ou ton avenir. Lorsque ton cœur paraît sec, ne conclus pas immédiatement que la source a disparu ; peut-être l’eau continue-t-elle de circuler plus profondément, et ta fidélité dans la Torah, la prière et les Mitsvot prépare déjà son retour à la surface. Fais surtout de la place dans ton cœur. Rabbi Naḥman enseigne que les bonnes pensées sur la manière de servir Hachem ouvrent en l’homme un espace où Sa royauté peut se révéler, et que l’essentiel de la prière dépend du cœur. Offre donc chaque jour un petit espace à Hachem, même au milieu de tout le bruit : quelques minutes de Torah, une parole sincère, un merci, une demande réelle. Ne cherche pas non plus ta valeur dans des citernes qui doivent être continuellement remplies par le regard des autres. Tu portes en toi des sources que tu n’as peut-être pas encore découvertes. Reste relié à leur Origine, et laisse Hachem les ouvrir au moment juste. Alors ta joie ne dépendra plus uniquement de ce qui vient de l’extérieur ; elle pourra recommencer à jaillir de l’intérieur, devenir chant, devenir prière, devenir bonté pour ceux qui t’entourent. Et plus tu reviendras vers la Source de ta vie, plus tu découvriras que la véritable Téchouva, la véritable joie et la véritable Guéoula disent au fond une seule chose : toutes mes forces, toutes mes espérances et toutes mes sources sont en Toi, Hachem, jusqu’à remplir mon âme de vitalité, de confiance et de profonde sérénité.