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Bénédictions du matin en hébreu commentées

Les bénédictions du matin

Modé Ani

Au réveil, prenons un instant pour reconnaître la bonté de Hachem : Il nous a rendu notre âme et nous accorde une nouvelle journée. Que nos premières paroles expriment une gratitude sincère pour ce don de la vie.

מוֹדֶה (האשה אומרת: מוֹדָה) אֲנִי לְפָנֶיךָ, מֶלֶךְ חַי וְקַיָּם, שֶהֶחֱזַרְתָּ בִּי נִשְׁמָתִי בְחֶמְלָה, רַבָּה אֱמוּנָתֶךָ:‏

La reconnaissance peut éveiller l’amour. Rabbénou Yona enseigne qu’en se rappelant, dès le réveil, la bonté du Créateur qui lui a rendu son âme et renouvelé ses forces, l’homme fait grandir dans son cœur l’amour de Hachem. Cet amour lui donne l’élan de se lever pour Le servir. Accueillons cette journée avec le désir d’employer la vie reçue à une parole bienveillante, à l’étude et aux mitsvot.

(Rabbénou Yona, Séfer Hayira, enseignement sur le réveil, cité dans Séder Hayom Bahalakha Ouvéaggada, chapitre « Conduite de l’homme au matin », passages « Modé Ani Lefanékha » et « Comment se lever le matin ? ».)

Al nétilat yadaïm

En commençant cette journée, préparons-nous à servir Hachem avec des mains pures et un cœur disponible. La nétilat yadaïm nous rappelle que la vie renouvelée au réveil nous est donnée pour Le servir et bénir Son Nom.

בָּרוּךְ אַתָּה יְהוָֹה, אֱלֹהֵינוּ מֶֽלֶךְ הָעוֹלָם, אֲשֶׁר קִדְּשָׁנוּ בְּמִצְוֹתָיו וְצִוָּנוּ עַל נְטִילַת יָדָיִם:‏

Le Rachba explique qu’au matin, nous sommes comme une créature nouvelle. Nous sanctifions donc nos mains, à l’image du Cohen qui les sanctifiait avant son service au Temple. Cette image nous invite à considérer autrement les gestes de la journée : ces mains pourront donner, aider et accomplir les mitsvot. Dès le matin, éveillons en nous le désir de les employer au bien.

(Rachba, cité dans le Beit Yossef, Oraḥ Ḥayim, chapitre 4, passage sur la raison de la nétilat yadaïm du matin.)

Acher Yatsar

Arrêtons-nous devant la sagesse avec laquelle Hachem a formé notre corps. Son fonctionnement quotidien nous permet de vivre. Remercions-Le avec attention pour ces bienfaits si proches de nous que nous finissons parfois par les oublier.

בָּרוּךְ אַתָּה יְהוָֹה, אֱלֹהֵינוּ מֶֽלֶךְ הָעוֹלָם, אֲשֶׁר יָצַר אֶת הָאָדָם בְּחָכְמָה, וּבָרָא בוֹ נְקָבִים נְקָבִים, חֲלוּלִים חֲלוּלִים, גָּלוּי וְיָדוּעַ לִפְנֵי כִסֵּא כְבוֹדֶךָ, שֶׁאִם יִסָּתֵם אֶחָד מֵהֶם, אוֹ אִם יִפָּתֵח אֶחָד מֵהֶם, אֵי אֶפְשָׁר לְהִתְקַיֵּם אַפִלּוּ שָׁעָה אֶחָת. בָּרוּךְ אַתָּה יְהֹוָה, רוֹפֵא כָל־בָּשָׂר וּמַפְלִיא לַעֲשׂוֹת:‏

Les ouvertures et les organes du corps remplissent chacun leur fonction. Le Beit Yossef rapporte que l’évacuation de ce dont le corps n’a plus besoin participe elle-même à sa préservation. Cette bénédiction nous apprend ainsi à reconnaître la bonté de Hachem jusque dans les fonctions les plus ordinaires. Nous pouvons Le remercier pour un bienfait discret, sans attendre qu’un manque nous en révèle le prix.

(Berakhot 60b ; Beit Yossef, Oraḥ Ḥayim, chapitre 6, explication de « Acher Yatsar » et de « Rofé khol bassar ».)

Élohaï Néchama

Reconnaissons la pureté de l’âme que Hachem nous a donnée. Il la garde en nous et nous permet, aujourd’hui encore, de Le remercier. Éveillons le désir de prendre soin de ce dépôt précieux.

אֱלֹהַי, נְשָׁמָה שֶׁנָּתַתָּ בִּי טְהוֹרָה, אַתָּה בְרָאתָהּ, אַתָּה יְצַרְתָּהּ, אַתָּה נְפַחְתָּהּ בִּי, וְאַתָּה מְשַׁמְּרָהּ בְּקִרְבִּי, וְאַתָּה עָתִיד לִטְּלָהּ מִמֶּנִּי, וּלְהַחֲזִירָהּ בִּי לֶעָתִיד לָבוֹא, כָּל־זְמַן שֶׁהַנְּשָׁמָה בְקִרְבִּי, מוֹדֶה (האשה אומרת מוֹדָה) אֲנִי לְפָנֶיךָ יְהֹוָה אֱלֹהַי וֵאלֹהֵי אֲבוֹתַי, רִבּוֹן כָּל־הַמַּעֲשִׂים אֲדוֹן כָּל־הַנְּשָׁמוֹת. בָּרוּךְ אַתָּה יְהֹוָה, הַמַּחֲזִיר נְשָׁמוֹת לִפְגָרִים מֵתִים:‏

Cette prière nous accompagne de l’origine de notre âme jusqu’à sa restitution future, lors de la résurrection. Au milieu de cette grande espérance, elle nous ramène à ce que nous pouvons faire maintenant : tant que notre âme demeure en nous, remercier Hachem. Chaque jour de vie devient ainsi une occasion de répondre à Son don par une prière sincère et une action bonne.

(Berakhot 60b, texte de « Élohaï Néchama » ; Séder Hayom Bahalakha Ouvéaggada, chapitre « Explication des bénédictions du matin », commentaire de « Élohaï Néchama ».)

Hanoten lassékhvi vina

Remercions Hachem pour la faculté de comprendre et de discerner. En reconnaissant le passage de la nuit au jour, pensons aussi à la responsabilité d’employer notre intelligence avec justesse.

בָּרוּךְ אַתָּה יְהוָֹה, אֱלֹהֵינוּ מֶֽלֶךְ הָעוֹלָם, הַנוֹתֵן לַשֶּׂכְוִי בִינָה, לְהַבְחִין בֵּין יוֹם וּבֵין לָיְלָה:‏

Le Beit Yossef explique que le mot « sékhvi » désigne le cœur, siège du discernement, et qu’il s’applique aussi au coq qui perçoit l’arrivée du jour. Nous remercions Hachem pour cette capacité à reconnaître les distinctions. Que ce don nous conduise à réfléchir avant d’agir, à écouter avant de répondre et à rechercher ce qui est juste.

(Berakhot 60b ; Beit Yossef, Oraḥ Ḥayim, chapitre 46, explication de « Hanoten lassékhvi vina ».)

Pokéaḥ ivrim

La vue nous ouvre au monde et aux êtres qui nous entourent. Remercions Hachem pour ce don et préparons-nous à regarder avec attention les bienfaits qu’Il place devant nous.

בָּרוּךְ אַתָּה יְהוָֹה, אֱלֹהֵינוּ מֶֽלֶךְ הָעוֹלָם, פּוֹקֵחַ עִוְרִים:‏

Le Talmud rattache cette bénédiction au moment où l’on ouvre les yeux. Un geste si familier devient une occasion de gratitude. Dans cet esprit, veillons aussi à l’usage de notre regard : voir ce qui mérite d’être apprécié, remarquer celui qui a besoin d’aide et reconnaître le bien chez autrui. La reconnaissance peut ainsi orienter notre manière de voir.

(Berakhot 60b ; Séder Hayom Bahalakha Ouvéaggada, chapitre « Explication des bénédictions du matin », commentaire de « Pokéaḥ ivrim ».)

Matir assourim

Remercions Hachem pour la liberté de mouvement qu’Il donne à notre corps. Que la possibilité de bouger devienne pour nous une invitation à nous rendre disponibles pour une mitsva.

בָּרוּךְ אַתָּה יְהוָֹה, אֱלֹהֵינוּ מֶֽלֶךְ הָעוֹלָם, מַתִּיר אֲסוּרִים:‏

Pendant le sommeil, nos membres demeurent comme liés. Au réveil, nous pouvons les étendre et les mouvoir. Le Beit Yossef voit dans ce changement le sens de cette bénédiction. Pensons à tout ce que permet un mouvement simple : tendre la main, se rendre auprès de quelqu’un, ouvrir un livre. Recevons cette liberté avec le désir de l’employer utilement.

(Berakhot 60b ; Beit Yossef, Oraḥ Ḥayim, chapitre 46, distinction entre « Matir assourim » et « Zokef kéfoufim ».)

Zokef kéfoufim

En nous tenant debout, reconnaissons que cette force nous vient de Hachem. Accueillons la journée avec humilité et avec la volonté de nous présenter à Son service.

בָּרוּךְ אַתָּה יְהוָֹה, אֱלֹהֵינוּ מֶֽלֶךְ הָעוֹלָם, זוֹקֵף כְּפוּפִים:‏

Après avoir remercié pour le mouvement des membres, nous remercions pour la possibilité de redresser le corps. Le Beit Yossef distingue ces deux bienfaits : chacun mérite notre attention. Cette précision nous apprend à ne pas traverser trop vite les bontés reçues. Se lever, se tenir debout, commencer une tâche : autant d’occasions de se souvenir de Celui qui nous soutient.

(Berakhot 60b ; Beit Yossef, Oraḥ Ḥayim, chapitre 46, distinction entre « Matir assourim » et « Zokef kéfoufim ».)

Malbich aroumim

Pensons aux vêtements qui nous protègent et préservent notre pudeur. Remercions Hachem de pourvoir à ce besoin quotidien, et éveillons notre attention à ceux qui manquent du nécessaire.

בָּרוּךְ אַתָּה יְהוָֹה, אֱלֹהֵינוּ מֶֽלֶךְ הָעוֹלָם, מַלְבִּישׁ עֲרֻמִּים:‏

Le Talmud associe cette bénédiction au fait de s’habiller. Le vêtement que nous prenons chaque matin peut donc devenir un rappel de la bonté de Hachem. Ce regard nous aide à apprécier ce que nous possédons. Il peut aussi ouvrir notre cœur à autrui : ayant reçu de quoi nous vêtir, cherchons, selon nos moyens, à préserver la dignité de celui qui manque.

(Berakhot 60b ; Séder Hayom Bahalakha Ouvéaggada, chapitre « Explication des bénédictions du matin », commentaire de « Malbich aroumim ».)

Hanoten layaef koaḥ

Remercions Hachem pour les forces qu’Il renouvelle. Même lorsque la fatigue demeure, reconnaissons le bien déjà reçu et abordons le jour avec confiance, à la mesure de nos possibilités.

בָּרוּךְ אַתָּה יְהוָֹה, אֱלֹהֵֽינוּ מֶֽלֶךְ הָעוֹלָם, הַנּוֹתֵן לַיָּעֵף כֹּחַ:‏

Le Midrach compare l’âme fatiguée à un objet usé confié en dépôt. Un homme rend ce qu’il a reçu tel qu’il l’a gardé ; Hachem rend à l’âme sa fraîcheur. Cette image nous invite à reconnaître le repos comme un bienfait. Nous pouvons accueillir les forces disponibles aujourd’hui sans exiger de nous-mêmes de tout accomplir à la fois.

(Midrach Téhilim, psaume 25, enseignement de Rabbi Alexandri, cité dans Séder Hayom Bahalakha Ouvéaggada, chapitre « Explication des bénédictions du matin », commentaire de « Hanoten layaef koaḥ ».)

Roka haarets al hamayim

Reconnaissons la bonté de Hachem dans la terre ferme sur laquelle nous vivons. Avant même nos activités, un lieu nous est donné pour nous tenir et agir.

בָּרוּךְ אַתָּה יְהוָֹה, אֱלֹהֵינוּ מֶֽלֶךְ הָעוֹלָם, רוֹקַע הָאָרֶץ עַל הַמָּיִם:‏

Le Talmud rattache cette bénédiction au moment où l’on pose les pieds sur le sol. Notre gratitude s’étend ainsi au cadre même de notre existence. Nous sommes invités à remarquer ce qui nous porte chaque jour et que l’habitude rend presque invisible. Le sol sous nos pas devient, lui aussi, une occasion de louer le Créateur.

(Berakhot 60b ; Séder Hayom Bahalakha Ouvéaggada, chapitre « Explication des bénédictions du matin », commentaire de « Roka haarets al hamayim ».)

Hamékhine mitsadé gaver

Remercions Hachem pour la possibilité de marcher. En pensant aux chemins de cette journée, éveillons le désir de diriger nos pas vers ce qui est bon.

בָּרוּךְ אַתָּה יְהוָֹה, אֱלֹהֵינוּ מֶֽלֶךְ הָעוֹלָם, הַמֵּכִין מִצְעֲדֵי גָבֶר:‏

Cette bénédiction accompagne, dans le Talmud, les premiers pas. Marcher suppose une coordination que nous remarquons rarement tant elle nous est familière. En remerciant Hachem pour cette faculté, nous pouvons aussi réfléchir à sa destination. Un trajet vers l’étude, une visite ou une aide apportée à quelqu’un donnent à nos pas un sens précieux.

(Berakhot 60b ; Séder Hayom Bahalakha Ouvéaggada, chapitre « Explication des bénédictions du matin », commentaire de « Hamékhine mitsadé gaver ».)

Chéassa li kol tsorki

Rappelons-nous les moyens que Hachem nous donne pour répondre à nos besoins. Avant de penser à ce qui nous manque encore, prenons le temps de reconnaître ce que nous avons reçu.

בָּרוּךְ אַתָּה יְהוָֹה, אֱלֹהֵינוּ מֶֽלֶךְ הָעוֹלָם, שֶׁעָשָׂה לִי כָּל־צָרְכִּי:‏

Le Talmud associe cette bénédiction au fait de chausser ses pieds. Les chaussures permettent d’aller à ses occupations et de pourvoir à ses besoins. À partir de ce bienfait simple, notre reconnaissance peut s’élargir à tout ce qui nous est accordé. Les besoins demeurent, mais le cœur apprend à nommer aussi les dons déjà présents.

(Berakhot 60b ; Séder Hayom Bahalakha Ouvéaggada, chapitre « Explication des bénédictions du matin », commentaire de « Chéassa li kol tsorki ».)

Ozer Israël bigvoura

Remercions Hachem pour la force de nous préparer à Son service. Pensons à la maîtrise de soi dont nous aurons besoin pour agir avec retenue et fidélité.

בָּרוּךְ אַתָּה יְהוָֹה, אֱלֹהֵינוּ מֶֽלֶךְ הָעוֹלָם, אוֹזֵר יִשְׂרָאֵל בִּגְבוּרָה:‏

Cette bénédiction se rattache à la ceinture et à la tenue qui convient à la prière. Le commentaire du Séder Hayom Bahalakha Ouvéaggada y souligne aussi la force spirituelle nécessaire pour maîtriser son penchant. Pensons à une situation concrète : retenir une parole dure, patienter ou renoncer à une faute. Demandons intérieurement que la force reçue serve ces choix.

(Berakhot 60b ; Beit Yossef, Oraḥ Ḥayim, chapitre 46, passage « Ki assar hémyané » ; Séder Hayom Bahalakha Ouvéaggada, commentaire de « Ozer Israël bigvoura ».)

Oter Israël betifara

Reconnaissons l’honneur de vivre dans le souvenir de Hachem. Que le signe de respect évoqué par cette bénédiction nous aide à conserver une attitude humble et digne.

בָּרוּךְ אַתָּה יְהוָֹה, אֱלֹהֵינוּ מֶֽלֶךְ הָעוֹלָם, עוֹטֵר יִשְׂרָאֵל בְּתִפְאָרָה:‏

Le Talmud rattache cette bénédiction au couvre-chef. Le Beit Yossef explique qu’il rappelle la crainte du Ciel et représente un honneur pour Israël. Ce qui couvre la tête nous invite à nous souvenir de Celui devant qui nous vivons. Portons ce rappel dans notre conduite, en cherchant à parler et à agir avec respect.

(Berakhot 60b ; Beit Yossef, Oraḥ Ḥayim, chapitre 46, explication de « Oter Israël betifara ».)

Chélo assani goy

Remercions Hachem de nous avoir donné part à l’alliance d’Israël, à la Torah et aux mitsvot. Accueillons cette appartenance avec joie et avec le désir d’en assumer les devoirs.

בָּרוּךְ אַתָּה יְהוָֹה, אֱלֹהֵינוּ מֶֽלֶךְ הָעוֹלָם, שֶׁלֹּא עָשַׂנִי גוֹי:‏

האשה אומרת: גּוֹיָה:‏

Le Beit Yossef explique cette série de bénédictions à partir de l’obligation des mitsvot. Nous rendons grâce pour la place qui nous est donnée dans le service de Hachem. Cette reconnaissance nous engage : recevoir la Torah appelle une conduite fidèle à ses enseignements. Que notre joie d’appartenir à Israël se traduise par davantage d’étude, de droiture et de bonté.

(Beit Yossef, Oraḥ Ḥayim, chapitre 46, passage sur les trois bénédictions « Chélo assani ».)

Chélo assani aved

Remercions Hachem pour la liberté et la responsabilité qui nous sont accordées dans Son service. Recevons la possibilité d’accomplir Ses mitsvot comme un bien précieux.

בָּרוּךְ אַתָּה יְהוָֹה, אֱלֹהֵינוּ מֶֽלֶךְ הָעוֹלָם, שֶׁלֹּא עָשַׂנִי עָבֶד:‏

האשה אומרת: שִׁפְחָה:‏

Le terme « aved » désigne ici le statut de l’esclave cananéen, dont les obligations religieuses diffèrent de celles d’un Juif libre. Le Beit Yossef précise que la bénédiction porte sur ce statut au regard des mitsvot. Elle nous invite à mesurer la valeur de notre disponibilité : pouvoir choisir le bien et accomplir ce qui nous incombe est une responsabilité dont nous remercions Hachem.

(Beit Yossef, Oraḥ Ḥayim, chapitre 46, explication de « Chélo assani aved » et réponse du Rambam rapportée par l’Aboudraham.)

Chélo assani icha

L’homme remercie Hachem pour les mitsvot supplémentaires auxquelles il est tenu. Qu’il prononce ces mots avec humilité, en désirant accomplir pleinement les obligations qui lui ont été confiées.

בָּרוּךְ אַתָּה יְהוָֹה, אֱלֹהֵינוּ מֶֽלֶךְ הָעוֹלָם, שֶׁלֹּא עָשַׂנִי אִשָּׁה:‏

Le Beit Yossef explique cette bénédiction par la différence d’obligation dans les mitsvot, notamment celles dont les femmes sont dispensées. La gratitude porte sur le service à accomplir. Elle appelle donc l’homme à examiner sa fidélité à ses devoirs : donner du temps à l’étude, prier avec attention et accomplir les mitsvot avec soin. La joie de l’obligation prend son sens dans l’effort pour y répondre.

(Beit Yossef, Oraḥ Ḥayim, chapitre 46, passage sur les trois bénédictions « Chélo assani » ; Séder Hayom Bahalakha Ouvéaggada, commentaire de « Chélo assani icha ».)

Chéassani kirtsono

La femme remercie Hachem de l’avoir créée selon Sa volonté. Qu’elle accueille avec confiance la vie reçue et la part de Son service qui lui est confiée.

האשה אומרת: בָּרוּךְ שֶׁעָשַׂנִי כִּרְצוֹנוֹ:‏

Ces mots expriment la reconnaissance envers le Créateur et l’acceptation de Sa volonté. Ils peuvent aider chacune à servir Hachem à partir de sa propre vie, avec ses possibilités et ses responsabilités. Les mitsvot qu’elle accomplit, la prière qu’elle Lui adresse et le bien qu’elle apporte à autrui donnent une expression concrète à cette confiance.

(Séder Hayom Bahalakha Ouvéaggada, chapitre « Explication des bénédictions du matin », commentaire de « Chéassani kirtsono ».)

Hamaavir et Vihi ratson

Remercions Hachem de dissiper le sommeil, puis confions-Lui la direction de notre journée. Désirons que nos forces éveillées nous rapprochent de Sa Torah et de Ses mitsvot.

בָּרוּךְ אַתָּה יְהוָֹה, אֱלֹהֵינוּ מֶֽלֶךְ הָעוֹלָם, הַמַּעֲבִיר חֶבְלֵי שֵׁנָה מֵעֵינָי וּתְנוּמָה מֵעַפְעַפָּי:‏

וִיהִי רָצוֹן מִלְפָנֶיךָ יְהֹוָה, אֱלֹהַי וֵאלֹהֵי אֲבוֹתַי, שֶׁתַרְגִּילֵנִי בְּתוֹרָתֶךָ, וְתַדְבִּיקֵנִי בְּמִצְוֹתֶיךָ, וְאַל תְּבִיאֵנִי לִידֵי חֵטְא, וְלֹא לִידֵי עָוֹן, וְלֹא לִידֵי נִסָיוֹן, וְלֹא לִידֵי בִזָּיוֹן, וְתַרְחִיקֵנִי מִיֵּצֶר הָרָע, וְתַדְבִּיקֵנִי בְּיֵצֶר הַטּוֹב, וְכוֹף אֶת־יִצְרִי לְהִשְׁתַּעְבֶּד לָּךְ, וּתְנֵנִי הַיּוֹם וּבְכָל־יוֹם לְחֵן וּלְחֶסֶד וּלְרַחֲמִים בְּעֵינֶיךָ וּבְעֵינֵי כָל־רוֹאַי, וְגָמְלֵנִי חֲסָדִים טוֹבִים. בָּרוּךְ אַתָּה יְהֹוָה, גּוֹמֵל חֲסָדִים טוֹבִים לְעַמּוֹ יִשְׂרָאֵל:‏

La reconnaissance pour le réveil se prolonge en une demande : que la Torah devienne familière à notre vie et que nous soyons attachés aux mitsvot. Nous demandons aussi d’être préservés de la faute et de l’épreuve. Cette prière nous apprend à commencer avec humilité : nous voulons avancer, et nous savons combien l’aide de Hachem nous est nécessaire.

(Berakhot 60b ; Beit Yossef, Oraḥ Ḥayim, chapitre 46, passages sur la continuité de « Hamaavir » et « Vihi ratson ».)

Yéhi ratson pour la protection du jour

Confions à Hachem les rencontres et les difficultés possibles de la journée. Demandons-Lui de nous préserver des influences mauvaises et de nous aider à garder une conduite droite.

יְהִי רָצוֹן מִלְּפָנֶיךָ יְהֹוָה, אֱלֹהַי וֵאלֹהֵי אֲבוֹתַי, שֶׁתַּצִּילֵנִי הַיּוֹם וּבְכָל יוֹם וָיוֹם, מֵעַזֵּי פָנִים, וּמֵעַזּוּת פָּנִים, מֵאָדָם רָע, מִיֵּצֶר רָע, מֵחָבֵר רָע, מִשָּׁכֵן רָע, מִפֶּגַע רָע, מֵעַיִן הָרָע, וּמִלָּשׁוֹן הָרָע, מִדִּין קָשֶׁה, וּמִבַּעַל דִּין קָשֶׁה, בֵּין שֶׁהוּא בֶן־בְּרִית, וּבֵין שֶׁאֵינוֹ בֶן־בְּרִית:‏

Le Talmud rapporte que Rabbi prononçait une demande semblable après sa prière, bien qu’il fût entouré de gardes. Les protections humaines ne lui faisaient pas oublier Hachem. À notre tour, prenons les précautions nécessaires avec sagesse, tout en Lui confiant ce qui nous échappe. Demandons aussi la protection contre notre propre mauvais penchant, afin que notre conduite contribue à la paix.

(Berakhot 16b, prière de Rabbi après la prière.)

Al divré Torah et Véhaarèv na

Avant l’étude, reconnaissons le privilège de recevoir la parole de Hachem. Demandons d’en goûter la douceur, de l’étudier avec sincérité et de la transmettre avec amour aux générations qui nous suivent.

בָּרוּךְ אַתָּה יְהֹוָה, אֱלֹהֵינוּ מֶֽלֶךְ הָעוֹלָם, אֲשֶׁר קִדְּשָׁנוּ בְּמִצְוֹתָיו וְצִוָּנוּ, עַל דִּבְרֵי תוֹרָה:‏

וְהַעֲרֵב נָא, יְהֹוָה אֱלֹהֵינוּ, אֶת־דִּבְרֵי תוֹרָתְךָ בְּפִינוּ וּבְפִיפִיּוֹת עַמְּךָ בֵּית יִשְׂרָאֵל, וְנִהְיֶה אֲנַחְנוּ וְצֶאֱצָאֵינוּ וְצֶאֱצָאֵי, צֶאֱצָאֵינוּ וְצֶאֱצָאֵי עַמְּךָ בֵּית יִשְׂרָאֵל, כֻּלָּנוּ יוֹדְעֵי שְׁמֶךָ וְלוֹמְדֵי תוֹרָתְךָ לִשְׁמָהּ, בָּרוּךְ אַתָּה יְהֹוָה, הַמְלַמֵּד תּוֹרָה לְעַמּוֹ יִשְׂרָאֵל:‏

Rabbénou Yona souligne l’importance d’accorder à la Torah la valeur qui lui revient avant de l’étudier. Nous demandons ensuite que ses paroles deviennent douces à notre bouche. Cette demande embrasse nos enfants et tout Israël : notre étude s’inscrit dans une transmission. En prononçant ces mots, pensons avec affection à ceux pour lesquels nous souhaitons une vie éclairée par la Torah.

(Berakhot 11b ; Beit Yossef, Oraḥ Ḥayim, chapitre 47, au nom de Rabbénou Yona ; Séder Hayom Bahalakha Ouvéaggada, chapitre « Bénédictions de la Torah », passages sur sa douceur et sur les enfants.)

Acher baḥar banou

Remercions Hachem de nous avoir choisis pour recevoir Sa Torah. Accueillons ce don avec joie et respect, en désirant qu’il guide notre manière de vivre.

בָּרוּךְ אַתָּה יְהֹוָה, אֱלֹהֵינוּ מֶֽלֶךְ הָעוֹלָם, אֲשֶׁר בָּחַר בָּנוּ מִכָּל־הָעַמִּים וְנָתַן לָנוּ אֶת־תּוֹרָתוֹ. בָּרוּךְ אַתָּה יְהֹוָה, נוֹתֵן הַתּוֹרָה:‏

Rav Hamnouna désigne cette formule comme la plus éminente des bénédictions de la Torah. Nous y remercions Hachem de nous avoir choisis et de nous avoir donné Sa Torah. Prenons conscience de ce que nous allons ouvrir en ouvrant un livre d’étude : un enseignement reçu de Lui. Cette pensée peut rendre notre écoute plus attentive et notre désir de mettre en pratique plus sincère.

(Berakhot 11b ; Beit Yossef, Oraḥ Ḥayim, chapitre 47, passages sur « Acher baḥar banou » et sur la considération due à la Torah.)

La bénédiction des Cohanim

Recevons ces paroles de Torah avec un cœur ouvert. Elles nous rappellent que la bénédiction, la protection et la paix viennent de Hachem. Pensons à notre foyer et à tout Israël.

וַיְדַבֵּר יְהֹוָה אֶל מֹשֶׁה לֵּאמֹר: דַּבֵּר אֶל אַהֲרֹן וְאֶל בָּנָיו לֵאמֹר כֹּה תְבָרְכוּ אֶת בְּנֵי יִשְׂרָאֵל אָמוֹר לָהֶם: יְבָרֶכְךָ יְהֹוָה וְיִשְׁמְרֶךָ: יָאֵר יְהֹוָה פָּנָיו אֵלֶיךָ וִיהֻנֶּךָּ: יִשָּׂא יְהֹוָה פָּנָיו אֵלֶיךָ וְיָשֵׂם לְךָ שָׁלוֹם: וְשָׂמוּ אֶת שְׁמִי עַל בְּנֵי יִשְׂרָאֵל וַאֲנִי אֲבָרְכֵם:‏

Rachi explique que Hachem donne la bénédiction et protège le bien qu’Il accorde. Il précise aussi que les Cohanim doivent bénir avec attention et de tout cœur. Ces paroles nous invitent à demander un bien qui puisse être conservé et vécu dans la paix. Que notre journée porte quelque chose de cette bénédiction, jusque dans la douceur de nos relations.

(Bamidbar 6, 22 à 27 ; Rachi sur Bamidbar 6, 23 à 27.)