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LE PREMIER CRI

Un appel pour ouvrir les portes des Cieux en l’honneur du Créateur, le Puissant et le Victorieux.

LE PREMIER CRI DIT : « Élevez vos têtes, ô portes, et élevez-vous, portes éternelles, afin que vienne le Roi de gloire. Qui est ce Roi de gloire ? Hachem, puissant et fort, Hachem, fort dans la guerre. »

Leçons du cœur

Contemple le secret de l’ouverture du cœur au Roi, car le coq, par son premier cri, nous enseigne que le Créateur attend que nous Lui ouvrions une porte au cœur même de notre quotidien.

L’enseignement profond qui se trouve ici est que chaque homme est un « petit monde », et pour que le Roi puisse entrer en lui, il doit élever sa « tête » au-dessus des soucis matériels et élever les portes de sa pensée.

L’essentiel du renforcement est de savoir que tu n’as rien à craindre d’aucune « guerre », intérieure ou extérieure, car le Créateur est le véritable Puissant qui combattra pour toi. Sache que la véritable gloire ne se trouve que dans l’annulation du « moi » et dans le fait de faire régner Hachem sur chaque détail de ta vie.

Au moment où tu proclameras « Qui est ce Roi de gloire ? » et que tu t’abandonneras à Sa puissance, ton âme se remplira d’un enthousiasme de sainteté, et tu mériteras de voir comment toutes les portes fermées s’ouvrent devant toi avec amour.

Mon cœur Te parle

Maître du monde, accorde-moi de secouer de dessus moi le « sommeil de ce monde » et de sanctifier ma pensée dans la sainteté la plus parfaite. Je T’en prie, Hachem, aide-moi à élever ma « tête » et mon esprit au-dessus des soucis de la subsistance et des vanités du temps, et à faire en moi une place pour l’entrée du « Roi de gloire » dans mon monde. Accorde-moi des Mo’hin dégadlout, afin que je mérite d’attacher ma pensée à Toi, sans aucune pensée étrangère.

Je T’en prie, « Hachem, puissant et fort », combats pour moi les guerres intérieures contre le mauvais penchant et les désirs, et fais sortir mon âme d’entre les lions. Accorde-moi l’annulation véritable du « moi » et de la matérialité, afin que je sache que toute grandeur et toute souveraineté T’appartiennent à Toi seul, et que je mérite d’être inclus dans le « front de la volonté » et d’annuler ma volonté devant Ta volonté. Aide-moi à ouvrir toutes les portes fermées de mon cœur par l’enthousiasme de sainteté et par des paroles de vérité, jusqu’à ce que tout mon être soit rempli de Ta lumière qui éclaire et d’une joie qui ne cesse jamais. Amen.

L’œuvre de Tes mains

Le coq est doté d’une horloge biologique extrêmement précise, qui fonctionne sous le contrôle de son cerveau.

Il n’a pas besoin de la lumière du soleil pour savoir quand chanter : son organisme perçoit les changements physiologiques et environnementaux qui précèdent l’aube, ce qui active son mécanisme interne d’éveil.

Ses yeux sont également capables de percevoir une gamme de couleurs et de fréquences lumineuses que l’homme ne distingue pas de la même manière. Cela contribue à expliquer sa capacité à percevoir avec précision les premiers changements annonçant la fin de l’obscurité et l’approche du jour.


ÉTUDE APPROFONDIE

AU CŒUR DES MOTS

Le premier réveil consiste à ouvrir

Contemple le secret du premier mouvement de l’âme au commencement du jour, car le coq ne proclame pas encore ici une longue prière ni un enseignement complexe.

Son premier cri est un ordre :

« Élevez vos têtes, ô portes. »

Avant de construire, il faut ouvrir.

Avant de remplir la journée de Torah, de Mitsvot et de bonnes actions, il faut laisser entrer Celui qui leur donne leur sens.

L’homme peut se réveiller physiquement et garder toutes ses portes intérieures fermées.

Ses yeux sont ouverts.

Son téléphone est ouvert.

Son agenda est ouvert.

Mais son cœur demeure fermé.

Le premier cri enseigne donc :

ne commence pas seulement une nouvelle journée ; ouvre une nouvelle entrée à Hachem dans ta journée.

Quelles sont les portes de l’homme ?

Une porte sépare deux espaces.

Elle peut laisser entrer.

Elle peut également retenir dehors.

L’homme possède lui aussi des portes.

Les yeux.

Les oreilles.

La bouche.

La pensée.

Le cœur.

Par elles entrent :

des images,

des paroles,

des désirs,

des influences,

des inquiétudes.

Et par elles sortent :

nos mots,

nos décisions,

nos réactions,

nos actes.

Le premier cri demande :

qui gouvernera ces portes aujourd’hui ?

Tout ce qui frappe entrera-t-il ?

Toute pensée deviendra-t-elle importante simplement parce qu’elle est apparue ?

Toute parole voudra-t-elle sortir immédiatement ?

Ou l’homme apprendra-t-il à transformer ses portes en portes d’un palais ?

Car si le Roi de gloire doit entrer, l’intérieur ne peut pas être laissé entièrement sans gardien.

« Élevez vos têtes »

Le verset ne dit pas uniquement :

« Ouvrez les portes. »

Il dit :

« Élevez vos têtes. »

Une porte peut donc, symboliquement, avoir besoin de regarder plus haut.

L’homme se réveille souvent avec la tête déjà inclinée vers ses préoccupations.

La Parnassa.

Les problèmes.

Les tâches.

Ce qui n’a pas été réglé hier.

Ce qu’il craint pour demain.

Le psaume lui demande :

élève ta tête.

Cela ne signifie pas oublier tes responsabilités.

Cela signifie les replacer sous une réalité plus haute.

Avant :

« Comment vais-je tout contrôler ? »

viens dire :

« Hachem est ici. Que veut-Il de moi aujourd’hui ? »

Une journée entière peut changer lorsque la première question change.

Le Zohar : les portes du Gan Eden proclament l’entrée du Roi

Le lien entre ce premier cri et le chant général du coq est particulièrement profond dans le Zohar.

Lorsque Hachem vient, pour ainsi dire, Se réjouir auprès des âmes des Tsadikim dans le Gan Eden, les arbres et les âmes ouvrent leur louange et proclament précisément :

« Élevez vos têtes, ô portes […] afin que vienne le Roi de gloire. »

Ainsi, le premier cri du coq n’est pas une parole isolée.

Il fait écho au chant du Gan Eden.

Le monde inférieur entend, à travers lui, ce que le monde supérieur proclame déjà :

préparez le passage du Roi.

L’Avodat Hachem commence alors à ressembler moins à une tentative humaine de monter seule vers le Ciel qu’à une réponse :

Quelqu’un vient.

Ouvre.

Hachem n’entre pas de force dans toutes les pièces de ta vie

Il existe une idée très simple dans l’image d’une porte.

Une porte peut rester fermée.

L’homme peut servir Hachem dans certains domaines et conserver ailleurs des pièces entièrement séparées.

La synagogue appartient à Hachem.

Mais pas les affaires.

Le Chabbat appartient à Hachem.

Mais pas la manière de parler à la maison.

La prière appartient à Hachem.

Mais pas les ambitions.

Le premier cri demande quelque chose de plus vaste :

« Afin que vienne le Roi de gloire. »

Un roi n’entre pas seulement dans un coin de son royaume.

Reconnaître la royauté d’Hachem signifie progressivement ouvrir devant Lui davantage de domaines de l’existence.

Ma manière de gagner.

De dépenser.

De parler.

De manger.

D’éduquer.

De me reposer.

Même les choses très matérielles peuvent devenir des pièces du palais.

Le Yalkout Chimoni : toute gloire vient du Roi

Le Yalkout Chimoni cite notre verset en développant une idée très profonde :

Hachem est le Roi, mais Il accorde de Son honneur à ceux qui Le craignent.

Il donne à Moché une autorité devant Pharaon.

Il accorde à Chlomo de s’asseoir sur le trône de royauté.

Il élève Ses serviteurs.

La véritable gloire humaine n’est donc pas une concurrence avec la gloire d’Hachem.

Elle peut en être un reflet.

Cela corrige deux erreurs.

La première consiste à courir après l’honneur comme s’il nous appartenait.

La seconde consiste à croire que servir Hachem exige de nier toute dignité humaine.

La Torah enseigne autre chose :

tu peux recevoir une grandeur, mais souviens-toi toujours de Qui elle vient et à Qui elle doit servir.

Une fonction.

Une intelligence.

Une réputation.

Une autorité.

Tout cela peut devenir soit une couronne autour de l’ego, soit un instrument au service du Roi.

« Qui est ce Roi de gloire ? »

La porte pose une question.

« Qui est ce Roi de gloire ? »

Pourquoi faut-il demander ?

Parce qu’il existe beaucoup de prétendants au trône du cœur.

L’argent promet :

« Si tu me possèdes, tu seras en sécurité. »

L’honneur :

« Si les autres t’admirent, tu auras de la valeur. »

Le contrôle :

« Si tout se passe selon ta volonté, tu seras tranquille. »

Le désir :

« Donne-moi ce que je réclame et je te rendrai heureux. »

Alors le psaume demande :

« Qui est véritablement le Roi de gloire ? »

Et il répond :

« Hachem. »

Voilà une question utile pour chaque matin :

« Qu’est-ce qui gouverne mon cœur aujourd’hui ? »

Ce que je crains le plus ?

Ce que je désire le plus ?

Le regard des autres ?

Ou la volonté d’Hachem ?

La première guerre est celle du cœur

Le verset appelle Hachem :

« puissant et fort, Hachem, fort dans la guerre. »

Le sens premier proclame évidemment la puissance d’Hachem face à tous Ses ennemis.

Mais dans l’Avodat Hachem, ces mots peuvent également réveiller une vérité quotidienne :

l’homme lui aussi se lève chaque matin au milieu d’un combat.

Pas nécessairement un combat spectaculaire.

La guerre contre la paresse.

Contre la colère.

Contre le découragement.

Contre le désir de répondre immédiatement.

Contre une habitude ancienne.

Contre la voix intérieure qui dit :

« À quoi bon recommencer ? »

Le premier cri ne demande pas à l’homme :

« Es-tu assez fort pour gagner seul ? »

Il proclame :

« Hachem est fort dans la guerre. »

Entre dans ton combat avec Lui.

La force d’Hachem ne dispense pas de combattre

Faire confiance à Hachem ne signifie pas attendre passivement qu’Il accomplisse à notre place ce qu’Il nous demande.

Lorsque l’homme lutte contre une mauvaise habitude, il doit agir.

Mettre des limites.

Choisir son environnement.

Demander conseil.

Éviter certaines situations.

Construire de nouvelles habitudes.

Mais il peut faire tout cela sans croire que sa propre volonté constitue son unique ressource.

Il peut prier :

« Hachem, je fais ma part. Donne-moi une force que je n’ai pas encore. »

Voilà peut-être le sens intérieur de :

« Hachem, puissant et fort. »

L’homme combat.

Mais il sait d’où vient finalement la victoire.

Chlomo et les portes du Temple

Nos Sages racontent un épisode saisissant lorsque Chlomo voulut faire entrer l’Arche dans le Saint des saints.

Les portes demeurèrent fermées.

Chlomo prononça plusieurs prières, puis proclama :

« Élevez vos têtes, ô portes […] afin que vienne le Roi de gloire. »

Les portes demandèrent :

« Qui est ce Roi de gloire ? »

Chlomo répondit :

« Hachem, puissant et fort, Hachem, fort dans la guerre. »

Le récit poursuit que l’ouverture définitive fut liée au mérite de David.

Cette histoire donne au verset une profondeur supplémentaire.

Même lorsque l’on porte l’Arche.

Même lorsque l’intention est de faire entrer la sainteté dans le Temple.

Il existe encore des portes qui doivent être ouvertes.

Posséder quelque chose de saint ne signifie pas automatiquement que toutes les portes sont ouvertes devant nous.

L’homme peut connaître beaucoup de Torah et avoir encore une porte du cœur à ouvrir.

Il peut accomplir beaucoup de Mitsvot et devoir encore travailler son humilité.

La sainteté elle-même demande continuellement un passage plus profond.

Une porte peut s’ouvrir grâce à une fidélité ancienne

Dans le récit de Chlomo, le mérite de David joue un rôle déterminant.

Cela enseigne encore quelque chose de précieux.

Toutes les portes qui s’ouvrent dans notre vie ne s’ouvrent pas uniquement grâce à ce que nous avons accompli ce matin.

Nous vivons aussi du mérite de ceux qui nous ont précédés.

Des prières de nos parents.

De la fidélité de nos grands-parents.

De générations entières qui ont protégé la Torah.

Nous héritons de portes qu’ils ont préparées.

Et nous aussi, nous pouvons préparer des portes pour ceux qui viendront après nous.

Une Mitsva que ton enfant voit aujourd’hui peut devenir une ouverture dans son cœur vingt ans plus tard.

Il existe des clés que l’on transmet sans savoir encore quelle porte elles ouvriront.

Rabbi Naḥman : l’Émouna ouvre les portes de sainteté

Rabbi Naḥman relie directement les portes à l’Émouna.

Il enseigne que lorsque l’Émouna se relève, les portes de la sainteté s’ouvrent, puis cite :

« Élevez vos têtes, ô portes. »

L’image convient parfaitement à notre premier cri.

Le manque d’Émouna ferme l’homme.

Il pense :

« Rien ne changera. »

« Je suis enfermé dans mon caractère. »

« Il n’existe plus d’ouverture. »

L’Émouna ne promet pas que toutes les portes que nous avons choisies s’ouvriront.

Elle affirme qu’Hachem n’est pas limité par les murs que nous voyons.

Elle permet donc de continuer à chercher une porte sainte.

Parfois celle que nous avions imaginée.

Parfois une autre.

L’Émouna ne signifie pas savoir où se trouve la sortie. Elle signifie croire qu’Hachem connaît encore des passages.

Il existe aussi des portes qu’il faut fermer

Parler d’ouverture ne signifie pas que toute porte doit être ouverte.

Un palais possède des portes précisément parce qu’il faut aussi savoir ce qui ne doit pas entrer.

L’homme qui veut accueillir le Roi de gloire doit parfois fermer une porte à autre chose.

Une influence.

Une habitude.

Une conversation.

Une image.

Une colère.

Un désir qui occupe toute la place.

Chaque « oui » à Hachem demande parfois un « non » ailleurs.

Voilà pourquoi l’ouverture véritable exige du discernement.

Une porte sainte n’est pas une absence de frontière ; c’est une frontière placée au bon endroit.

Le Zohar : Hachem Se fait connaître à travers des portes

Le Zohar donne au mot « portes » une autre profondeur.

Il enseigne qu’Hachem, qui dépasse toute saisie humaine, Se fait néanmoins connaître à l’homme à travers des portes, c’est-à-dire à travers les degrés et les voies par lesquels nous pouvons nous attacher à Lui.

Sans entrer dans la profondeur kabbalistique de ce passage, l’enseignement est accessible :

nous ne pouvons pas saisir Hachem dans Son infinité.

Mais Il nous a donné des portes.

La Torah.

La prière.

Les Mitsvot.

Le Chabbat.

Le ‘Hessed.

La Téchouva.

À travers elles, l’homme entre en relation avec Celui qui le dépasse infiniment.

Il ne connaît pas tout le palais.

Mais une porte lui a été donnée.

Ne méprise pas la porte parce que tu ne peux pas encore embrasser tout ce qui se trouve derrière elle.

Une seule porte ouverte peut changer toute la maison

L’homme se décourage parfois parce qu’il voit beaucoup de portes fermées en lui.

Il n’arrive pas encore à transformer telle Mida.

Sa concentration reste faible.

Une ancienne habitude résiste.

Alors il conclut :

« Rien ne bouge. »

Mais il suffit parfois de commencer par une porte.

Une Berakha faite correctement.

Une heure protégée.

Un Chabbat davantage respecté.

Une parole quotidienne avec Hachem.

Une petite porte réellement ouverte peut laisser entrer assez de lumière pour commencer à transformer les pièces voisines.

N’attends pas que toute la maison soit parfaite pour laisser entrer le Roi.

Ouvre ce que tu peux ouvrir aujourd’hui.

Le premier cri vient avant tous les autres

Ce détail est essentiel.

Le coq aura encore plusieurs cris.

Mais le premier proclame l’entrée du Roi.

Avant les exhortations à l’étude.

Avant l’espérance.

Avant le combat contre le sommeil.

D’abord :

qui règne ici ?

C’est une pédagogie spirituelle complète.

Si l’homme commence uniquement par :

« Je dois faire ceci. »

« Je dois corriger cela. »

Il peut rapidement vivre la Torah comme une accumulation de charges.

Mais s’il commence par :

« Le Roi entre »,

les mêmes actes prennent un autre sens.

Je ne me lève pas simplement pour accomplir une obligation.

Je me lève pour servir le Roi.

Je n’étudie pas seulement pour accumuler des connaissances.

J’ouvre une porte à Sa sagesse.

L’Avodat Hachem devient relation avant de devenir performance.

L’honneur véritable consiste à faire entrer le Roi

Nous dépensons beaucoup d’énergie à essayer de faire entrer notre propre gloire dans les portes.

Être reconnu.

Avoir raison.

Être remarqué.

Recevoir l’honneur.

Le psaume inverse tout :

« Afin que vienne le Roi de gloire. »

La question d’une journée sainte n’est donc pas :

« Comment vais-je paraître ? »

Mais :

« Comment Hachem pourra-t-Il être davantage présent grâce à ce que je ferai ? »

Même lorsque nous accomplissons quelque chose de beau, cette question protège l’acte de l’ego.

J’ai enseigné ?

Que la Torah soit honorée.

J’ai donné ?

Que le ‘Hessed augmente.

J’ai réussi ?

Que cette réussite serve quelque chose de plus grand que moi.

C’est cela, faire entrer le Roi.

La Guéoula est aussi l’ouverture des portes

Rabbi Naḥman rattache les portes de sainteté à l’Émouna et poursuit son enseignement jusqu’à la venue de Ben David, lorsque les portes opposées à la sainteté tombent et que les portes saintes sont reconstruites.

Le premier cri possède donc une dimension profondément messianique.

L’histoire entière ressemble à une porte encore partiellement fermée.

La royauté d’Hachem existe déjà.

Mais elle n’est pas encore reconnue par tous.

Sa présence agit.

Mais demeure voilée.

La Guéoula sera une grande ouverture :

le Roi qui était déjà Roi sera reconnu comme Roi.

Le prophète Zacharie l’exprime :

« Hachem sera Roi sur toute la terre ; en ce jour Hachem sera Un et Son Nom Un. » (Zacharie 14, 9)

Chaque fois que l’homme ouvre aujourd’hui une petite porte de sa vie à cette royauté, il anticipe quelque chose de cette Guéoula.

Commence la journée en donnant la première entrée à Hachem

Le premier cri du coq devient finalement un conseil concret.

Au réveil, avant que mille choses ne revendiquent ton attention, ouvre une porte à Hachem.

Par Modé Ani.

Par les Berakhot.

Par quelques mots de Torah.

Par une décision intérieure :

« Cette journée est à Toi. »

Cela ne garantit pas une journée parfaite.

Tu connaîtras peut-être de la fatigue.

Des erreurs.

Des distractions.

Mais tu auras posé le Roi au centre avant que les autres prétendants n’occupent le palais.

Et si tu t’aperçois plus tard que tu L’as oublié ?

Rouvre.

Une porte peut s’ouvrir plusieurs fois dans une même journée.

Sache donc, âme précieuse, que lorsque le premier cri proclame : « Élevez vos têtes, ô portes, et élevez-vous, portes éternelles, afin que vienne le Roi de gloire », il t’enseigne que tout commencement véritable demande d’abord une ouverture. Avant de vouloir changer toute ta vie, demande-toi quelle porte tu peux ouvrir aujourd’hui à Hachem.

Le Zohar décrit les arbres et les âmes des Tsadikim dans le Gan Eden proclamant ces mêmes paroles lorsque la Présence divine vient parmi eux : ton premier réveil du matin peut donc devenir l’écho, dans ce monde, d’un chant beaucoup plus élevé. Éleve ta tête au-dessus de l’inquiétude qui veut immédiatement gouverner ta journée et rappelle-toi qui est réellement le Roi de gloire.

Le Yalkout Chimoni enseigne qu’Hachem partage Son honneur avec ceux qui Le servent : si tu as reçu intelligence, influence, autorité ou réussite, ne les transforme pas en couronne pour ton ego ; fais-en des instruments de Sa royauté.

Et lorsque commence la guerre intérieure contre la paresse, le désir, la colère ou le découragement, ne crois pas devoir combattre seul : proclame « Hachem, puissant et fort, Hachem, fort dans la guerre », puis fais courageusement ta part.

Rabbi Naḥman enseigne que l’Émouna ouvre les portes de la sainteté ; ne prends donc jamais une porte actuellement fermée pour une preuve qu’il n’existe plus de passage. Ouvre au moins une porte : une prière vraie, une heure de Torah, une Mitsva protégée, une parole retenue. Mais sache également fermer ce qui ne doit pas pénétrer dans le palais de ton âme.

Ainsi le premier cri devient le programme de toute la journée : faire de ton cœur non pas un lieu où toutes les forces entrent librement, mais une demeure préparée pour le Roi. Et chaque petite porte ouverte aujourd’hui prépare les grandes portes de demain, jusqu’au jour où toutes les portes de sainteté seront relevées et où la royauté d’Hachem apparaîtra pleinement dans la Guéoula, avec force, gloire, Émouna et profonde sérénité.