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LA GRENADE

Même les personnes les plus simples parmi Israël sont remplies de mitsvot, comme les grains de la grenade.

LA GRENADE DIT : « Ta joue est comme une moitié de grenade, derrière ton voile. »

Leçons du cœur

Contemple le secret de la richesse des bons points qui se trouvent dans chaque âme, car la grenade nous enseigne que même une écorce dure et rugueuse peut cacher en son sein des centaines de grains remplis de douceur.

L’enseignement profond qui se trouve ici est celui de Rabbi Meïr : « Même les plus vides parmi toi sont remplis de mitsvot comme une grenade. »

L’essentiel du renforcement consiste à cesser de regarder les manques et la « joue » extérieure, et à commencer à compter les mérites et les bonnes volontés qui te remplissent.

Sache que le Créateur Se glorifie de chacun de tes petits actes, même s’il te paraît caché ou insignifiant.

Au moment où tu commenceras à croire au trésor inépuisable que le Créateur a planté en toi, ton âme connaîtra une croissance magnifique et tu deviendras une créature nouvelle et douce, qui répand grâce et bonté autour d’elle.

Mon cœur Te parle

Maître du monde, accorde-moi le mérite de chercher et de trouver constamment en moi des mérites et des bons points, et de croire véritablement que même les pécheurs d’Israël sont remplis de mitsvot comme une grenade. Je T’en prie, Hachem, aide-moi à regarder vers la douceur cachée en moi, sous l’écorce amère, et à ne pas sombrer à cause de mes manques et de mes défauts. Donne-moi plutôt le mérite de faire revivre et de réjouir mon âme grâce à ces bons points que j’ai réussi à arracher au cours de ma vie.

Je T’en prie, regarde-moi avec compassion et glorifie-Toi même dans mes petits mouvements vers Ton service, car Tu Te glorifies en chacun d’Israël, même dans le plus petit parmi les plus petits. Accorde-moi de me renouveler chaque jour, comme si je venais de naître aujourd’hui. Par la force des bons points, puissé-je sortir des profondeurs de la mer vers une grande lumière, jusqu’à devenir un bon réceptacle qui éclaire intérieurement de merveilleuses lumières de sainteté et répand grâce et bonté dans tout Ton monde. Amen.

L’œuvre de Tes mains

La grenade est un « fortifiant naturel » d’une grande puissance.

À l’intérieur du fruit se trouvent des centaines de grains, chacun enveloppé d’un jus contenant une concentration remarquable de polyphénols, des antioxydants.

La science a découvert que le jus de grenade peut contribuer à nettoyer les artères de certains dépôts et à améliorer la circulation du sang vers le cœur, d’une manière que peu de fruits sont capables d’accomplir.

Plus encore, la structure des compartiments à l’intérieur de la grenade contribue à préserver la fraîcheur des grains pendant de nombreux mois, même sans réfrigération, grâce à une substance protectrice antibactérienne présente dans l’écorce extérieure.


ÉTUDE APPROFONDIE

AU CŒUR DES MOTS

Ce qui paraît vide peut être rempli

Contemple le secret d’une richesse intérieure que le regard extérieur ne sait pas mesurer, car la grenade possède une apparence fermée et relativement simple. Mais lorsqu’on l’ouvre, on découvre une multitude de grains serrés les uns contre les autres.

C’est précisément cette image que nos Sages ont choisie pour parler d’Israël.

Le Yalkout Chimoni lit les mots :

« Ta joue est comme une moitié de grenade »

en rapprochant rakatekh de reikanim, « ceux qui paraissent vides », et enseigne que même les plus simples parmi Israël sont remplis de Mitsvot comme une grenade.

Le chant commence donc par un renversement du regard.

L’homme regarde l’écorce.

Hachem voit les grains.

L’homme voit les manques.

Hachem connaît également toutes les Mitsvot accumulées à l’intérieur.

Ne confonds jamais ce qui est peu visible avec ce qui est vide.

« Derrière ton voile » : tout le bien n’est pas exposé

Le verset ajoute :

« derrière ton voile. »

Cette expression convient admirablement à l’enseignement des Sages.

Une grande partie du bien d’une personne demeure cachée.

Nous connaissons ses paroles publiques.

Mais pas toutes ses retenues.

Nous voyons certaines erreurs.

Mais pas toutes les fois où elle a résisté.

Nous savons parfois ce qu’elle n’a pas accompli.

Mais ignorons combien de fois elle a donné, prié, aidé, pardonné ou recommencé sans que personne ne le sache.

Le voile nous rappelle donc une règle essentielle :

nous jugeons presque toujours une personne avec un dossier incomplet.

Même lorsque certaines fautes sont réelles, nous ne connaissons jamais l’ensemble de son histoire devant Hachem.

Cela demande beaucoup de prudence avant de réduire quelqu’un à une étiquette.

« Il est comme cela. »

« Elle ne vaut rien spirituellement. »

« Il n’y a rien à attendre de lui. »

La grenade répond :

tu n’as peut-être encore vu que l’écorce.

Le Yalkout Chimoni : même le Juif le plus simple accumule des Mitsvot

Le Yalkout Chimoni développe cette idée de façon très concrète.

Rabbi Méïr enseigne que même celui qui semble le plus simple parmi Israël passe difficilement une journée sans rencontrer des Mitsvot.

Le Midrach décrit alors un homme dans sa vie ordinaire.

Il laboure.

Il doit respecter les lois de la Torah.

Il sème.

D’autres Mitsvot apparaissent.

Il moissonne.

Viennent Léket, Chikhe’ha et Péa.

Il bat le grain.

Il doit respecter l’animal.

Il rassemble sa récolte.

Viennent les prélèvements.

Il prépare le pain.

Vient la ‘Halla.

Ainsi, derrière une existence apparemment ordinaire se trouve toute une constellation de Mitsvot.

C’est un enseignement fondamental.

La sainteté ne se trouve pas uniquement dans les moments qui ressemblent extérieurement à la religion.

Un champ peut devenir lieu de Mitsva.

Une cuisine.

Un commerce.

Une maison.

Une relation.

La Parnassa.

La nourriture.

La manière de parler.

La vie quotidienne d’Israël peut être remplie de grains de sainteté presque invisibles à celui qui ne sait pas les compter.

N’appelle pas « vide » ce que Hachem remplit de Mitsvot

Nos catégories sont souvent rapides.

Il y a celui que nous appelons :

« grand érudit ».

« personne simple ».

« éloigné ».

« pratiquant ».

Ces distinctions peuvent parfois décrire certaines réalités, mais elles deviennent dangereuses lorsqu’elles prétendent résumer une âme entière.

Le Yalkout va jusqu’à dire :

« Ceux qui paraissent vides en Israël sont remplis de Mitsvot comme une grenade. »

Cela ne signifie pas que toutes les conduites soient équivalentes.

La Torah distingue clairement le bien du mal.

Une faute reste une faute.

Mais l’homme qui a fauté ne devient pas pour autant un désert sans aucune valeur.

Cette distinction est capitale.

Reconnaître le bien qui demeure ne signifie pas nier ce qui doit être réparé. Cela signifie refuser de détruire l’homme avec sa faute.

Rabbi Naḥman : chercher le point où l’homme n’est pas mauvais

Rabbi Naḥman développe un enseignement qui rejoint profondément le chant de la grenade.

Même lorsqu’on voit un homme très éloigné, enseigne-t-il, il faut rechercher en lui « un peu de bien », un endroit où il n’est pas mauvais.

Comment serait-il possible, demande-t-il en substance, qu’il n’ait jamais accompli aucune Mitsva ni aucun acte bon ?

Lorsque l’on trouve cette nekouda tova, ce point positif, et que l’on juge l’autre favorablement à partir de ce point, on peut contribuer à le faire passer d’un état de condamnation vers un mouvement de Téchouva.

Il ne s’agit donc pas d’une psychologie complaisante.

Le but est le changement.

Rabbi Naḥman ne dit pas :

« Puisqu’il existe un bon point, tout le reste n’a aucune importance. »

Il enseigne :

« Trouve le point vivant à partir duquel il pourra revenir. »

C’est exactement ce que fait celui qui ouvre une grenade.

Il découvre que derrière une surface compacte se trouvent de nombreux grains capables de nourrir.

Regarde-toi avec la même vérité

Rabbi Naḥman applique ensuite cette méthode à l’homme lui-même.

Une personne regarde sa vie.

Elle connaît ses fautes.

Ses pensées.

Ses échecs répétés.

Elle peut alors être tentée de conclure :

« Il n’y a rien de bon en moi. »

Rabbi Naḥman refuse cette conclusion.

Même lorsqu’une Mitsva elle-même fut imparfaite, mélangée à des distractions, des intérêts personnels ou un manque de concentration, il faut chercher ce qu’elle contenait malgré tout de véritablement bon.

Peut-être la prière était-elle distraite.

Mais tu t’es levé pour prier.

Peut-être ton acte de bonté n’était-il pas parfaitement désintéressé.

Mais quelqu’un a quand même été aidé.

Peut-être ton étude fut-elle courte.

Mais tu as ouvert le livre.

Ce bien n’efface pas ce qui reste à améliorer.

Mais il donne à l’âme de quoi vivre.

On ne fait pas Téchouva en convainquant l’âme qu’elle ne possède plus aucune valeur. On fait Téchouva en retrouvant le point vivant et en le faisant grandir.

Rabbi Nathan reprend directement l’image de la grenade

Dans le Likoutey Tefillot, Rabbi Nathan reprend explicitement notre verset.

Il prie Hachem en reconnaissant que même au milieu des défauts, Israël reçoit encore le mérite d’accomplir toutes sortes de Mitsvot :

Tsitsit,

Tefillin,

Chabbat,

les fêtes,

Tsedaka,

‘Hessed,

l’éloignement des aliments interdits,

et tant d’autres bonnes actions.

Même lorsque ces Mitsvot sont elles-mêmes imparfaites, écrit-il, il est impossible qu’elles ne contiennent pas malgré tout quelques points véritablement bons.

Voilà une manière très équilibrée de regarder l’Avodat Hachem.

Ni illusion :

« Tout ce que je fais est parfait. »

Ni destruction :

« Puisque rien n’est parfait, rien ne compte. »

Mais vérité :

« Ce n’est pas encore parfait, et pourtant il y a ici un bien réel que je dois protéger et développer. »

Une grenade est faite d’une multitude de petits grains

L’image choisie par nos Sages n’est pas celle d’un fruit dont l’intérieur forme une seule masse.

La grenade contient une multitude de grains.

Cela nous enseigne quelque chose sur la construction spirituelle.

L’homme voudrait parfois posséder une immense Mitsva qui transformerait soudainement toute sa vie.

Mais une âme peut se remplir autrement.

Une Berakha.

Puis une autre.

Un acte de Tsedaka.

Un Chabbat.

Une page étudiée.

Une parole retenue.

Une visite à une personne malade.

Un moment de patience.

Une prière.

Chaque geste semble petit lorsqu’on le regarde isolément.

Mais ouvre la grenade.

La richesse vient précisément de l’accumulation des grains.

L’homme oublie beaucoup de bien qu’il a accompli parce qu’il considère chaque acte séparément.

Hachem, Lui, n’oublie aucun grain.

Ne méprise pas la petite Mitsva

Nous évaluons facilement une action en fonction de l’émotion ressentie.

« Cette prière était magnifique. »

« Cette autre n’avait presque aucune valeur. »

Mais nous ne connaissons pas réellement la mesure céleste des choses.

Un effort très modeste extérieurement peut avoir demandé une immense lutte intérieure.

Celui qui accomplit facilement une Mitsva et celui qui lutte profondément pour accomplir la même chose ne vivent pas nécessairement le même combat.

C’est encore le secret du voile.

Nous voyons l’acte. Hachem connaît l’effort caché derrière l’acte.

Une personne peut paraître accomplir très peu, mais chaque grain lui coûte énormément.

Cela demande de regarder les autres avec davantage d’humilité.

Et parfois de regarder avec davantage de compassion notre propre progression.

Le bon point ne doit pas devenir une excuse

Il existe cependant un danger.

On pourrait entendre :

« Même les plus vides sont remplis de Mitsvot comme une grenade »

et conclure :

« Alors je n’ai rien à changer. »

Ce serait exactement l’inverse de l’enseignement.

Le bon point doit donner de la force pour progresser.

Si je découvre que malgré mes fautes Hachem m’a encore donné le mérite d’accomplir une Mitsva, je dois dire :

« Puisque cette lumière existe encore en moi, je peux la faire grandir. »

La grenade n’enseigne pas l’autosatisfaction.

Elle enseigne l’espérance.

Et l’espérance véritable met en mouvement.

Rabbi Naḥman relie justement la recherche des bons points à la capacité de revenir réellement vers Hachem.

Le point positif est donc une porte.

Pas un fauteuil dans lequel s’installer.

Voir le bien chez l’autre peut l’aider à devenir meilleur

Il existe une grande différence entre flatter quelqu’un et croire en ce qu’il porte encore de bon.

La flatterie dit parfois quelque chose de faux pour faire plaisir.

Le regard favorable recherche quelque chose de vrai que la faute a recouvert.

Un enfant qui entend continuellement :

« Tu es mauvais »

risque progressivement d’habiter cette définition.

Mais si on lui dit :

« Ce que tu as fait est mauvais, mais je sais que tu es capable de mieux »,

on laisse ouverte une porte.

De même dans un couple.

Dans l’éducation.

Dans la communauté.

La correction est parfois nécessaire.

Mais il faut essayer de ne pas écraser les bons grains en cassant l’écorce.

Celui qui sait voir un point bon peut parfois réveiller chez l’autre le désir de devenir digne de ce regard.

C’est là toute la profondeur de la méthode de Rabbi Naḥman.

Les fautes visibles ne sont pas toute l’histoire d’Israël

L’histoire juive elle-même peut être regardée comme une grenade.

Il existe des périodes de fautes.

De divisions.

D’éloignement.

Les prophètes les dénoncent avec force.

Mais ces mêmes prophètes ne concluent jamais que l’alliance a perdu tout sens.

Pourquoi ?

Parce que derrière les fautes subsistent également :

la Torah,

les Mitsvot,

les Tsadikim,

les bonnes actions,

la fidélité,

les prières,

les sacrifices consentis pour rester Juif.

Même pendant l’exil, le fruit demeure rempli de grains.

Le Yalkout Chimoni va jusqu’à employer notre verset pour exprimer la valeur qui demeure même chez les membres les plus faibles d’Israël.

Cela explique une part de l’espérance d’Israël.

Nous ne croyons pas que nous sommes parfaits. Nous croyons que Hachem n’oublie jamais les points de sainteté qu’Il a Lui-même semés dans Son peuple.

Même ce qui paraît « derrière le voile » participe à la Guéoula

Une immense partie de la fidélité d’Israël au cours de l’exil n’a jamais été inscrite dans les livres d’histoire.

Des mères qui ont transmis une Berakha.

Des pères qui ont protégé le Chabbat.

Des Juifs anonymes qui ont donné de la Tsedaka.

Des enfants qui ont appris une ligne de Torah.

Des personnes qui ont refusé d’abandonner leur identité alors que personne ne connaissait leur nom.

Tout cela se trouve, pour ainsi dire, derrière le voile.

Les hommes écrivent l’histoire à partir des événements visibles.

Hachem connaît également l’histoire faite de millions de petits grains cachés.

La Guéoula révélera aussi la valeur de ce qui paraissait minuscule.

Toutes ces fidélités ne formaient pas des événements spectaculaires.

Mais ensemble, elles ont maintenu vivant le fruit d’Israël.

La grenade et le vêtement du service

La Torah ordonne que le manteau du Cohen Gadol porte à son bord des formes de grenades, accompagnées de clochettes d’or (Exode 28, 33-34).

La grenade apparaît ainsi jusque sur le vêtement de celui qui entre accomplir le service dans le Sanctuaire.

Sans chercher à donner à ce détail un sens qu’aucune source ne lui attribuerait ici directement, l’image convient admirablement à notre chant :

un fruit rempli de grains accompagne le service d’Hachem.

Car le service véritable est lui aussi composé d’une multitude d’actes.

La sainteté ne se construit pas seulement dans les grands instants.

Elle descend jusque dans les détails.

La vie consacrée à Hachem est souvent une grenade : beaucoup de petits actes réunis dans une seule appartenance.

N’attends pas d’être parfait pour commencer à compter le bien

Certaines personnes disent :

« Lorsque j’aurai vraiment changé, je pourrai être heureux de mon Avodat Hachem. »

Mais si tu refuses toute joie jusqu’à la perfection, tu risques de manquer la force nécessaire pour progresser.

Rabbi Naḥman enseigne le mouvement inverse :

trouve dès maintenant le bien véritable qui existe.

Réjouis-toi de lui.

Puis utilise cette joie pour avancer.

Tu mets les Tefillin ?

Remercie Hachem de ce mérite.

Tu as fait une petite Tsedaka ?

Ne la méprise pas.

Tu as résisté une fois là où auparavant tu tombais systématiquement ?

Reconnais ce grain.

La reconnaissance du bien n’interrompt pas le progrès. Elle lui donne de l’énergie.

Ne compte pas les grains des autres pour les comparer

Il existe toutefois une manière malsaine de regarder la grenade.

Compter les grains de l’autre.

« Il fait combien de Mitsvot ? »

« Moi davantage. »

« Lui moins. »

Le Midrach ne nous donne pas l’image de la grenade pour construire une échelle d’orgueil.

Il la donne précisément pour nous empêcher de déclarer quelqu’un vide.

Le bon usage de l’image est donc :

chez l’autre, chercher les grains que j’avais peut-être négligés.

Chez moi, chercher les grains qui peuvent me redonner la force de progresser.

Et devant Hachem, reconnaître que la valeur véritable de chacun dépasse largement nos calculs.

La Guéoula révélera l’intérieur du fruit

Le chant de la grenade porte finalement une immense espérance.

Aujourd’hui, beaucoup de choses restent derrière le voile.

La valeur réelle d’une Mitsva.

L’effet d’une prière.

Les combats intérieurs.

Les bonnes intentions.

La fidélité de générations entières.

Nous voyons seulement une partie du fruit.

La Guéoula est aussi un temps de dévoilement.

Ce qui était caché apparaîtra sous une lumière nouvelle.

Le peuple qui a parfois semblé extérieurement faible révélera toute la richesse intérieure qu’il portait.

Et les innombrables grains de Torah, de Mitsvot, de Téchouva et de ‘Hessed accumulés pendant l’exil apparaîtront comme les éléments d’un seul fruit offert à Hachem.

Sache donc, âme précieuse, que lorsque la grenade proclame : « Ta joue est comme une moitié de grenade, derrière ton voile », elle t’enseigne à ne jamais appeler vide ce qu’Hachem sait rempli. Le Yalkout Chimoni lit précisément ce verset en disant que même ceux qui paraissent les plus simples parmi Israël sont remplis de Mitsvot comme une grenade. Ce que tu vois d’une personne n’est donc jamais toute son histoire : beaucoup de ses combats, de ses retenues et de ses bonnes actions demeurent derrière le voile. Apprends à regarder ainsi ton prochain, mais apprends aussi à te regarder toi-même avec la même vérité. Rabbi Naḥman enseigne que même lorsqu’un homme voit ses fautes et son éloignement, il doit chercher encore “un peu de bien”, une véritable nekouda tova, car ce point peut lui rendre la vie, la joie, la prière et finalement le conduire à la Téchouva. Ne te sers jamais de ce bien pour nier ce qui doit être corrigé ; sers-t’en pour ne pas désespérer de celui qui doit encore être corrigé. Rabbi Nathan reprend directement l’image de la grenade et rappelle que même nos Mitsvot imparfaites contiennent encore de véritables points de sainteté : un Tsitsit, des Tefillin, un Chabbat, une Tsedaka, un acte de ‘Hessed, chacun devient un grain conservé devant Hachem. Ne méprise donc aucune petite Mitsva. Ne réduis personne à sa pire chute. Et lorsque tu te sens spirituellement vide, ouvre davantage profondément la grenade de ton âme : tu y trouveras peut-être des grains que ton découragement avait cessé de compter. Rassemble-les, remercie Hachem pour eux, puis ajoute aujourd’hui un grain nouveau. Ainsi se construit une âme, ainsi se maintient Israël à travers l’exil, et ainsi tous les bons points aujourd’hui cachés derrière le voile se réuniront jusqu’au grand dévoilement de la Guéoula, dans la Téchouva, l’unité, la joie et la profonde sérénité.