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LES AUTRES ÉPIS

Lorsque les champs se remplissent d’une abondante récolte, ils semblent chanter un chant de reconnaissance.

LES AUTRES ÉPIS DISENT : « Les pâturages se revêtent de troupeaux, et les vallées se couvrent de blé ; elles poussent des cris de joie et chantent. »

Leçons du cœur

Contemple le secret du vêtement et de la manifestation du bien, car les autres épis nous enseignent que même les choses qui nous apparaissent comme une « enveloppe » extérieure — telles que la subsistance, la santé et les biens matériels — sont en réalité des vêtements de la sainteté.

L’enseignement profond qui se trouve ici est que l’homme doit voir dans toute l’abondance qui l’entoure un signe de l’amour du Créateur, et ne pas oublier le « bar », l’intériorité pure, à cause de son enveloppe extérieure.

L’essentiel du renforcement consiste à transformer la routine en une plénitude de chant, en sachant que tout ce qui t’a été donné a pour but de te permettre de chanter et de louer.

Sache que le Créateur revêt ton monde de bénédictions précisément afin que tu trouves en toi la force d’en faire également bénéficier les autres.

Au moment où tu verras dans chaque instant d’abondance une occasion de te rapprocher de Lui, ton âme connaîtra une croissance joyeuse et vaste, et tu mériteras de devenir comme un champ béni dans lequel la Ché’hina réside constamment.

Mon cœur Te parle

Maître du monde, accorde-moi de savoir et de croire que même au milieu des affaires, du commerce et des occupations de ce monde, Ta sainte Torah est présente, revêtue et cachée. Je T’en prie, Hachem, aide-moi à purifier toutes mes occupations afin qu’elles soient à l’image du « travail du Michkan », et que je n’oublie pas le « bar », l’intériorité et le contenu véritable des choses, à cause des vêtements matériels qui m’entourent.

Accorde-moi de chercher et de trouver des « bons points » à chaque instant et dans toute l’abondance que Tu répands sur moi, et de les utiliser pour faire revivre et réjouir mon âme. Transforme, je T’en prie, la routine de ma vie en un chant et une reconnaissance permanents, dans la dimension du « plaisir du Monde futur ». Aide-moi à être comme un « champ béni », qui transmet vitalité et bénédiction au monde entier, et à mériter de relier chaque respiration et chaque mouvement à Ta volonté suprême, avec amour et attachement. Amen.

L’œuvre de Tes mains

Les céréales, comme le seigle et l’avoine, utilisent un mécanisme appelé « durcissement du grain ».

Chaque épi est construit comme un véritable silo miniature : il enveloppe l’embryon végétal d’une couche dense d’amidon qui sert à la fois de protection contre les agents nuisibles et de formidable réserve d’énergie.

La science a découvert que ces céréales sont capables d’absorber des minéraux présents dans le sol et de les stocker dans leur enveloppe, le son, de manière à les préserver pendant de longues périodes.

Elles constituent ainsi pour l’homme une sorte de « banque d’énergie » disponible au moment où il en a besoin.


ÉTUDE APPROFONDIE

AU CŒUR DES MOTS

Lorsque ce qui était caché devient enfin visible

Contemple le secret d’une bénédiction arrivée à maturité, car après le grain enfoui dans la profondeur et l’épi d’orge qui répandait devant Hachem la prière du pauvre, voici maintenant les champs remplis.

Les vallées sont couvertes de céréales.

Les pâturages de troupeaux.

La terre qui attendait est devenue féconde.

Et lorsque l’abondance apparaît, la Création ne reste pas silencieuse :

« Elles poussent des cris de joie et chantent. »

Voilà le premier enseignement des épis :

la bénédiction reçue doit devenir reconnaissance.

Il ne suffit pas que le champ soit plein.

Il faut encore savoir entendre son chant.

Le Psaume 65 : toute la récolte commence par une visite d’Hachem

Notre verset achève un psaume qui décrit progressivement la bénédiction de la terre.

David dit auparavant :

« Tu visites la terre et Tu l’abreuves, Tu l’enrichis abondamment. » (Psaumes 65, 10)

Puis :

« Tu abreuves ses sillons, Tu aplanis ses mottes, Tu l’amollis par les pluies, Tu bénis sa croissance. » (Psaumes 65, 11)

Et seulement ensuite les vallées se couvrent de grain.

Cette progression est fondamentale.

Avant la récolte visible, il y eut :

la terre,

la semence,

la pluie,

le temps,

la croissance cachée.

L’homme voit finalement le résultat et risque d’oublier tout ce qui l’a rendu possible.

Le psaume lui apprend à remonter du fruit vers sa Source.

Une récolte est le dernier chapitre visible d’une longue histoire de bontés invisibles.

Le Radak : la bénédiction remplit les hauteurs comme les vallées

Le Radak explique que les pâturages semblent littéralement revêtus de troupeaux tant les brebis les remplissent.

Les vallées, elles, sont recouvertes de céréales.

L’abondance est si grande qu’elle atteint tous les endroits.

Même les terres basses, qui peuvent être plus exposées à l’excès d’eau, produisent leur récolte.

Puis vient l’image :

« Elles poussent des cris de joie et chantent. »

Les épis mûrs agités par le vent donnent l’impression que les champs eux-mêmes participent au chant, tandis que toute la nature exprime une joie générale devant la bénédiction reçue.

Le monde entier devient alors comme une immense prière de reconnaissance.

Lorsque la bénédiction est reconnue comme bénédiction, la matière elle-même peut devenir louange.

Le Yalkout Chimoni : la terre remplie de vie

Le Yalkout Chimoni cite directement notre verset dans son enseignement sur la saison où la terre se couvre de végétation et où la vie se renouvelle.

Il rapporte l’opinion selon laquelle Nissan correspond au temps où la terre est pleine d’herbes et où les animaux eux-mêmes entrent dans un nouveau cycle de vie, conformément à :

« Les pâturages se revêtent de troupeaux et les vallées se couvrent de grain. »

Le verset n’exprime donc pas une abondance isolée.

Il décrit tout un monde qui recommence à vivre.

La végétation pousse.

Les troupeaux se multiplient.

La terre produit.

La Création entière paraît entrer dans un mouvement de fécondité.

Cette image nous rappelle qu’Hachem ne bénit pas toujours un seul détail séparément.

Il existe parfois des périodes où plusieurs éléments commencent à s’ouvrir ensemble.

Une meilleure stabilité.

Une Torah plus régulière.

Une paix familiale plus profonde.

Une possibilité nouvelle de donner.

Alors l’homme doit savoir s’arrêter et reconnaître :

« Hachem, quelque chose est en train de fleurir. »

La vallée enseigne que le lieu bas peut devenir fertile

Le verset choisit précisément les vallées :

« les vallées se couvrent de blé. »

La vallée est un lieu bas.

Les eaux y descendent.

Ce qui se trouvait en hauteur finit par y parvenir.

Spirituellement, l’image est très forte.

Nous avons rencontré l’épi de blé disant :

« Du fond des abîmes, je T’ai appelé. »

Et voici maintenant les profondeurs elles-mêmes recouvertes de grain.

Cela ne signifie pas que toute épreuve produira automatiquement un bien visible.

Nous ne connaissons pas les voies d’Hachem.

Mais cela nous enseigne à ne pas faire du lieu bas une définition éternelle.

Une vallée peut devenir un champ.

Une période de faiblesse peut laisser derrière elle davantage d’humilité.

Une longue attente peut approfondir la prière.

Un homme qui a connu le manque peut devenir plus sensible au manque des autres.

Ce qui fut bas ne doit pas obligatoirement rester stérile.

La bénédiction est un vêtement

Le verset répète une image de vêtement :

« Les pâturages se revêtent de troupeaux »

et :

« les vallées se couvrent de blé. »

La terre nue reçoit un vêtement.

Cela donne une belle profondeur à la Parnassa et aux biens matériels.

La nourriture.

La maison.

Les vêtements.

Le travail.

La santé lorsqu’elle nous est accordée.

Tout cela constitue le « vêtement » concret à travers lequel la bonté d’Hachem nous permet de vivre dans ce monde.

Le danger serait de s’attacher tellement au vêtement que l’on oublie Celui qui l’a donné.

L’homme reçoit une récolte et commence à croire que le champ s’est rempli tout seul.

Le psaume remet immédiatement la bénédiction dans sa perspective :

c’est Hachem qui visite, abreuve et bénit la croissance.

La matière devient sainte lorsqu’elle ne nous fait pas oublier sa Source.

Dans l’abondance, l’Émouna connaît une autre épreuve

Nous parlons beaucoup de l’Émouna dans la difficulté.

Mais l’abondance possède elle aussi son épreuve.

Lorsque l’homme manque, il pense facilement à Hachem.

Lorsqu’il reçoit, il peut oublier.

La Torah avertit :

« De peur que tu ne manges, que tu ne te rassasies […] et que ton cœur ne s’élève, et que tu n’oublies Hachem ton Dieu. » (Devarim 8, 12-14)

Les épis enseignent donc un service particulier :

savoir chanter lorsque le champ est plein.

Dire une Berakha avec attention précisément lorsque rien ne manque.

Donner de la Tsedaka lorsque la Parnassa est bonne.

Utiliser la tranquillité pour davantage de Torah.

Transformer la réussite en possibilité de faire du bien.

L’Émouna véritable ne dit pas seulement :

« Hachem, sauve-moi. »

Elle sait aussi dire :

« Hachem, merci. »

Ne laisse pas la récolte te faire oublier les jours où tu as semé

L’une des difficultés de la réussite est qu’elle peut effacer le souvenir du chemin.

Lorsque les vallées sont couvertes de blé, on oublie presque qu’elles furent autrefois nues.

Lorsque quelque chose devient naturel, on oublie les prières qui l’avaient précédé.

Un enfant pour lequel on avait tellement prié devient partie de la routine.

Une amélioration de Parnassa autrefois désirée devient rapidement « normale ».

Une capacité en Torah acquise avec beaucoup d’effort semble quelques années plus tard aller de soi.

Les épis nous invitent à conserver la mémoire.

Le fruit possède plus de goût lorsque l’homme se souvient de la semence.

La gratitude consiste aussi à ne pas laisser l’habitude effacer le miracle du quotidien.

La vraie joie n’est pas seulement posséder, mais reconnaître

Le verset ne dit pas seulement que les vallées sont pleines.

Il ajoute :

« Elles poussent des cris de joie et chantent. »

La possession n’est donc pas la fin.

Deux personnes peuvent recevoir la même bénédiction.

L’une s’habitue immédiatement et recommence à manquer de quelque chose.

L’autre apprend à reconnaître ce qu’elle a reçu.

La différence n’est pas dans la quantité de grain.

Elle est dans le chant.

Cela ne signifie pas qu’il faille nier les difficultés qui demeurent.

Un homme peut remercier pour une chose et continuer à prier pour une autre.

Mais il ne doit pas laisser ce qui lui manque rendre invisible tout ce qu’il possède déjà.

La joie commence souvent lorsque le regard apprend à compter autrement.

Le champ ne chante pas seul : toute la Création participe

Les troupeaux et les céréales apparaissent ensemble dans le verset.

Le végétal nourrit l’animal.

La pluie nourrit le végétal.

La terre reçoit la pluie.

L’homme bénéficie de l’ensemble.

Nous retrouvons ici l’une des grandes leçons du Perek Chira :

aucune créature ne chante entièrement seule.

Les bénédictions sont liées.

Une personne qui pense être indépendante oublie souvent combien de personnes et de réalités rendent sa vie possible.

Celui qui mange du pain dépend :

de la terre,

de la pluie,

du semeur,

du moissonneur,

du transport,

du vendeur,

et finalement d’Hachem qui donne à chacun sa force.

La reconnaissance véritable rend donc l’homme plus humble.

Elle lui fait voir qu’il vit à l’intérieur d’un monde de dons croisés.

Une bénédiction reçue doit pouvoir devenir bénédiction pour autrui

Lorsque les vallées sont remplies de grain, elles ne produisent pas pour contempler leur propre richesse.

La récolte deviendra nourriture.

Voilà le critère d’une abondance bien utilisée :

ce que j’ai reçu permet-il également à quelqu’un d’autre de vivre mieux ?

Un homme reçoit davantage de Parnassa.

Peut-il donner davantage ?

Il acquiert davantage de Torah.

Peut-il transmettre ?

Il reçoit du temps.

Peut-il en offrir une partie à sa famille, à l’étude ou au ‘Hessed ?

Il connaît une période de stabilité.

Peut-il soutenir celui qui traverse maintenant son propre hiver ?

La bénédiction qui ne fait que gonfler l’ego a manqué une partie de sa mission.

Le grain devient véritablement béni lorsqu’il devient pain.

Chaque épi seul est petit, mais ensemble ils couvrent une vallée

Un épi paraît modeste.

Quelques grains.

Une tige fine.

Mais des milliers d’épis réunis peuvent recouvrir tout un paysage.

Voilà une image magnifique de la construction spirituelle.

Une Mitsva semble petite.

Une prière.

Une page de Torah.

Une Berakha.

Une parole retenue.

Un acte de patience.

Puis encore un.

Individuellement, chacun paraît presque insignifiant.

Mais après des années, l’homme peut découvrir une vallée entière recouverte.

Nous cherchons souvent la grande action qui changera toute notre vie.

Les épis enseignent la puissance de l’accumulation.

Une vie de sainteté est souvent un champ constitué de milliers de petits grains.

La joie de la Création vient aussi de ce que chacun accomplit sa mission

Le Yalkout Chimoni, à proximité de notre verset, rapporte un enseignement remarquable : les différentes espèces de la Création sortirent chacune selon leur nature et leur espèce, et cette fidélité à l’ordre voulu par Hachem provoqua une proclamation :

« Que la gloire de Hachem soit pour toujours ! »

La joie du monde ne vient donc pas seulement de l’abondance.

Elle vient aussi de l’harmonie.

Chaque créature reste dans sa mission.

Le champ produit du grain.

Le troupeau se trouve au pâturage.

Chacun participe à un ensemble plus vaste.

L’homme lui aussi trouve une joie particulière lorsqu’il cesse de vouloir vivre la mission d’un autre.

Il existe une joie profonde à devenir ce qu’Hachem attend de soi, plutôt que ce que l’on envie chez autrui.

Le vent qui fait onduler les épis transforme le champ en chant

Le Radak voit dans les céréales agitées par le vent une image du chant des champs.

Un épi bouge.

Puis un autre.

Puis toute la vallée semble onduler.

Cela donne une magnifique image de la communauté.

Un individu qui remercie Hachem est une voix.

Une famille qui remercie devient déjà un chant plus large.

Un peuple entier qui reconnaît la bonté reçue transforme sa vie en louange.

La joie peut se transmettre.

Une personne qui sait remercier rend souvent les autres plus attentifs à leurs propres bénédictions.

Comme le vent traverse les épis, la reconnaissance peut passer d’un cœur à l’autre.

« Ceux qui sèment dans les larmes moissonneront dans la joie »

Un autre psaume dit :

« Ceux qui sèment dans les larmes moissonneront dans la joie. Celui qui marche en pleurant, portant la semence, reviendra avec des cris de joie, portant ses gerbes. » (Psaumes 126, 5-6)

Cette image complète parfaitement le chant des épis.

La Torah ne nie pas les larmes de la semence.

Elle ne dit pas que tout le chemin vers la récolte est facile.

Elle affirme seulement que les larmes ne sont pas obligées d’être le dernier chapitre.

Il existe un temps où l’homme porte la semence en pleurant.

Et il existe un temps où il porte les gerbes en chantant.

Nous ne savons pas toujours quand ni sous quelle forme cette transformation viendra.

Mais Israël continue à semer précisément parce qu’il croit que l’histoire ne s’arrête pas au champ vide.

La Guéoula est décrite comme une grande récolte

L’image de la moisson accompagne naturellement l’espérance de la Guéoula.

Israël a semé pendant des générations :

Torah,

prières,

Mitsvot,

Tsedaka,

fidélité au milieu des exils.

Une grande partie de ces semences n’a pas encore révélé tout son fruit.

Le Psaume 126, qui parle du retour à Tsion, lie précisément la Guéoula à celui qui revient en portant ses gerbes.

Cela signifie que la délivrance n’effacera pas ce qui fut semé pendant l’exil.

Elle en révélera aussi la valeur.

Des générations ont semé dans des conditions difficiles.

Leurs descendants pourront découvrir qu’aucune fidélité n’avait été perdue devant Hachem.

La Guéoula est aussi le moment où des semences anciennes deviennent une récolte visible.

Apprends à célébrer ce qui a réellement mûri

Il existe enfin une Avoda très simple que les épis enseignent.

Lorsque quelque chose de bon mûrit, ne passe pas immédiatement au prochain manque.

Arrête-toi.

Reconnais.

Un enfant a progressé ?

Remercie.

Tu as terminé une étude ?

Marque ce moment.

Une prière ancienne a reçu une réponse ?

Souviens-toi que tu avais prié.

Une Mida s’est améliorée ?

Ne tombe pas dans l’orgueil, mais remercie Hachem de t’avoir aidé.

La gratitude donne une mémoire spirituelle à la vie.

Sans elle, l’homme reçoit beaucoup mais reste intérieurement pauvre.

Avec elle, même une petite récolte devient un chant.

Sache donc, âme précieuse, que lorsque les épis proclament : « Les pâturages se revêtent de troupeaux, et les vallées se couvrent de blé ; elles poussent des cris de joie et chantent », ils t’enseignent à reconnaître le moment où la semence cachée devient enfin récolte. Le Psaume 65 montre que cette abondance n’est pas apparue seule : Hachem a visité la terre, abreuvé ses sillons, amolli ses mottes et béni sa croissance avant que les vallées ne se couvrent de grain. Ne regarde donc jamais uniquement le résultat visible ; souviens-toi de toutes les bontés silencieuses qui l’ont précédé. Le Yalkout Chimoni rattache ce verset à une terre pleine de végétation et de vie, et le Radak décrit les pâturages tellement remplis de troupeaux qu’ils semblent en être vêtus, tandis que les céréales ondulent comme si elles chantaient. Apprends alors le service particulier de l’abondance : ne te souviens pas de Hachem seulement lorsque le champ est vide. Chante aussi lorsqu’il est plein. Utilise la tranquillité pour davantage de Torah, la Parnassa pour davantage de Tsedaka, la force pour aider celui qui est fatigué. Et lorsque tu regardes ta propre vie, ne méprise pas les petits épis : une prière, une page étudiée, une parole retenue, un Chabbat, un acte de bonté. Un seul paraît petit, mais des milliers réunis peuvent couvrir toute une vallée. Si tu traverses encore le temps de la semence, souviens-toi du psaume : « Ceux qui sèment dans les larmes moissonneront dans la joie. » Ne transforme pas cette promesse en exigence de voir immédiatement le fruit ; transforme-la en force pour continuer à semer. Car ainsi Israël a traversé l’exil, accumulant génération après génération des grains de Torah, de prière et de fidélité. Et lorsque viendra pleinement le temps de la Guéoula, toute cette semence cachée apparaîtra comme une immense récolte, jusqu’à ce que les vallées, les champs et les âmes elles-mêmes puissent unir leur voix dans un même chant de reconnaissance, de joie et de profonde sérénité.