Le Créateur fait tomber les pluies et fait monter les nuages par Sa puissance depuis les extrémités de la terre.
LES EAUX DISENT : « Au son de Sa voix, multitude d’eaux dans les cieux, Il fait monter les nuages depuis les extrémités de la terre. »
Leçons du cœur
Contemple le secret de l’élévation du bas vers le haut, car l’eau, qui a naturellement tendance à s’écouler vers l’endroit le plus bas, nous enseigne que même depuis les endroits les plus bas, il est possible de s’élever.
L’enseignement profond qui se trouve ici est que lorsqu’un homme se trouve dans la situation de « l’extrémité de la terre », loin, pauvre et assoiffé de spiritualité, c’est précisément de là que le Créateur « fait monter les nuages ».
Le véritable renforcement consiste à tendre l’oreille vers « le son de Sa voix », vers la voix du Créateur qui appelle l’homme, à travers la Torah et les épreuves, à revenir vers Lui.
Sache que même tes larmes et tes prières, qui semblent n’être que de simples gouttes d’eau, montent vers les cieux et deviennent des nuages qui font descendre des pluies de bénédiction.
Lorsque tu accepteras de t’élever à partir de la difficulté et de devenir comme l’eau qui est portée vers les hauteurs, ton âme trouvera la sérénité, et tu mériteras de voir comment chaque petit mouvement que tu accomplis en direction du Créateur éveille une multitude d’eaux de bonté et de miséricorde pour abreuver ton âme assoiffée.
Mon cœur Te parle
Maître du monde, « Au son de Sa voix, multitude d’eaux dans les cieux, Il fait monter les nuages depuis les extrémités de la terre ». Je Te remercie d’avoir créé Ton monde selon Ta bonne volonté, et de tout diriger avec une Providence particulière, accomplissant des merveilles à chaque instant. Accorde-moi le mérite que toutes les vapeurs qui s’élèvent de la terre s’élèvent pour le bien, et que mes prières, la douceur de mes chants et mes soupirs soient comme des « nuages » qui montent vers Toi depuis les profondeurs de l’exil et de l’abaissement, depuis les extrémités de la terre et depuis les profondeurs les plus basses.
Je T’en prie, Hachem, fais-nous entendre Ta voix, celle qui éveillera l’immensité de Ta miséricorde gratuite, et fais descendre sur nous l’abondance des « eaux vivantes » provenant de la source de la sagesse, afin d’abreuver le jardin de la Torah, de faire croître nos âmes et de les renouveler pour le bien.
Accorde-nous le mérite que ces eaux soient des eaux de bénédiction, de générosité et de paix, et que toute conception d’une nature autonome et toute hérésie disparaissent du monde.
L’œuvre de Tes mains
L’eau est la seule substance connue dans l’univers qui déroge à certaines lois physiques d’une manière essentielle à la vie.
Alors que presque toutes les autres substances deviennent plus denses lorsqu’elles gèlent, l’eau devient moins dense : c’est pourquoi la glace flotte.
Si la glace coulait, toutes les sources d’eau du monde gèleraient progressivement depuis le fond vers la surface, et la vie disparaîtrait.
L’eau possède également des propriétés remarquables qui lui permettent de transporter les nutriments jusqu’aux cellules et de dissoudre une très grande variété de substances présentes dans la nature.
ÉTUDE APPROFONDIE
AU CŒUR DES MOTS
Rien ne monte et rien ne descend sans Sa volonté
Contemple le secret du mouvement qui relie la terre au ciel, car les eaux ne demeurent jamais entièrement immobiles. Elles descendent, pénètrent la terre, nourrissent les êtres vivants, remontent sous forme de vapeur, deviennent nuages puis redescendent en pluie. Ce qui était en bas se retrouve en haut, et ce qui était en haut revient ensuite donner la vie à ce qui se trouve en bas.
À force d’observer ce cycle, l’homme peut finir par n’y voir qu’un mécanisme naturel.
Mais les eaux chantent :
« Au son de Sa voix… »
Avant le mouvement, il y a une volonté.
Avant la pluie, il y a une ordonnance.
Avant même que les nuages apparaissent au-dessus de nos têtes, le verset nous apprend à reconnaître Celui qui les fait monter.
La Metsoudat David explique que la multitude des eaux désigne les grandes masses d’eau rassemblées dans les hauteurs, tandis que Hachem fait monter les nuages depuis des régions éloignées et les conduit là où la pluie doit tomber.
Le chant des eaux ne nie donc pas les processus de la nature.
Il révèle Qui agit à travers eux.
Le cycle de l’eau devient un enseignement de Providence
Le Yalkout Chimoni développe précisément cette image. Il rapporte que les nuages puisent l’eau de la mer et qu’ils montent ensuite vers les hauteurs. Puis il ajoute une expression particulièrement forte :
partout où le Roi leur ordonne d’aller, là ils font tomber la pluie.
Voilà tout le chant des eaux.
La goutte qui tombe devant ta fenêtre peut avoir parcouru un immense chemin.
Elle a appartenu à une mer.
Elle s’est élevée.
Elle a été portée ailleurs.
Elle s’est condensée.
Puis elle est tombée précisément ici.
L’Abravanel souligne lui aussi que les signes météorologiques peuvent tous être présents, les vapeurs s’élever, les nuages se former, le tonnerre gronder et pourtant la pluie ne pas nécessairement tomber. La suite du verset évoque d’ailleurs Hachem faisant sortir le vent de Ses trésors. L’ordre naturel lui-même reste donc soumis à Sa volonté.
Cela ne signifie pas que la nature serait désordonnée ou arbitraire. Au contraire, Hachem a voulu un monde possédant des lois régulières.
Mais la régularité de la loi ne doit pas cacher Celui qui lui donne son existence.
L’homme dit facilement :
« Il pleut parce que les nuages se sont formés. »
Le chant des eaux lui apprend à aller plus loin :
« Et qui a établi ce monde dans lequel l’eau peut monter, se rassembler, voyager et redescendre en vie ? »
La nature décrit souvent comment quelque chose se produit.
L’Émouna demande également :
Qui soutient continuellement ce “comment” ?
« Depuis les extrémités de la terre »
Le verset emploie une expression que nous avons déjà rencontrée dans le second chant de la terre :
« depuis les extrémités de la terre. »
Là-bas, le prophète entendait des chants venir de l’endroit le plus éloigné.
Ici, Hachem fait monter les nuages depuis ce même endroit.
Il existe une continuité magnifique entre les deux Chirot.
L’endroit éloigné n’est pas seulement capable de chanter.
Quelque chose peut également s’en élever.
C’est un enseignement essentiel pour celui qui se sent spirituellement loin.
L’homme imagine parfois qu’il devra d’abord atteindre un niveau élevé pour pouvoir véritablement se rapprocher de Hachem.
Les eaux enseignent exactement l’inverse.
Elles commencent en bas.
La vapeur ne monte pas parce qu’elle se trouve déjà dans le ciel.
Elle monte depuis la terre.
De même, la prière n’a pas besoin de commencer dans un cœur déjà parfait.
Elle peut commencer depuis une extrémité.
Depuis une difficulté.
Depuis une chute.
Depuis une confusion.
Depuis le sentiment même d’être loin.
Tu peux dire à Hachem :
« Voilà où je suis. »
Et cette parole elle-même commence déjà à monter.
Il n’est pas nécessaire d’être arrivé pour commencer à s’élever.
La voix de Yaakov fait monter la pluie
Le Yalkout Chimoni rapproche notre verset d’une autre parole célèbre :
« La voix est la voix de Yaakov » (Genèse 27, 22).
Il enseigne que la force particulière d’Israël réside dans sa voix, la voix de la Torah et de la prière, et rattache à cette voix la bénédiction des pluies en citant :
« Au son de Sa voix, multitude d’eaux… »
Le lien est remarquable.
Le verset parle de la voix d’Hachem qui met les eaux en mouvement.
Le Midrach rappelle parallèlement la voix de Yaakov qui s’élève vers Lui.
Deux mouvements se rencontrent :
la voix monte d’en bas,
la bénédiction descend d’en haut.
Cela ne signifie évidemment pas que chaque prière reçoit immédiatement la réponse que l’homme avait imaginée. La conduite d’Hachem dépasse notre compréhension.
Mais cela signifie que la prière n’est jamais une activité marginale dans la vie d’Israël.
Elle appartient à l’ordre même de la relation entre le ciel et la terre.
Le Juif ne prie pas uniquement parce qu’il se sent impuissant.
Il prie parce que Hachem a voulu que l’homme puisse s’adresser à Lui.
Il existe des situations dans lesquelles nous devons agir.
Et il existe dans toute situation un espace où nous devons également parler.
Demander.
Remercier.
Reconnaître.
Pleurer.
Espérer.
Lorsque l’homme utilise sa voix pour Hachem, il cesse d’être seulement spectateur de ce qui lui arrive.
Il entre en relation.
L’Émouna et la pluie
La Guemara enseigne :
« Les pluies ne descendent que par le mérite des hommes de foi. »
Rabbi Naḥman reprend cet enseignement et établit un lien très profond entre la pluie, l’Émouna et la prière.
Pour lui, Erets Israël est elle-même liée à l’Émouna et à la prière. La pluie devient alors le signe d’une réalité où l’homme accepte que tout ne soit pas visible ni contrôlable.
C’est très exactement l’expérience de l’agriculteur dont nous parlions avec les champs.
Il a semé.
Il a travaillé.
Et maintenant il lève les yeux.
Il sait que quelque chose d’essentiel ne se trouve pas dans ses mains.
L’Émouna commence souvent précisément à cet endroit :
là où mon effort se termine, sans que mon espérance se termine.
L’homme moderne possède de nombreux moyens d’action, et c’est une bénédiction. La Torah ne lui demande pas de renoncer à agir.
Mais il existe un danger : finir par croire que parce que nous maîtrisons davantage de moyens, nous maîtrisons également la source du résultat.
Les eaux remettent les choses à leur place.
Tu dois construire le récipient.
Mais tu ne commandes pas la pluie.
Tu dois accomplir ta Hichtadlout.
Mais la Berakha vient de Hachem.
Cette reconnaissance n’affaiblit pas l’homme.
Elle le libère du poids impossible d’avoir à contrôler toute sa vie.
Ce qui monte peut revenir transformé
Il existe encore un détail merveilleux dans le fonctionnement de l’eau.
L’eau de la mer est salée.
Pourtant, après son élévation et son passage dans le cycle des nuages, elle peut redescendre en eau douce qui abreuve la terre.
Le Yalkout Chimoni rapporte précisément une discussion de nos Sages sur l’origine des eaux de pluie. Selon l’un des enseignements, les nuages puisent dans les eaux de l’océan et celles-ci sont transformées dans les hauteurs avant de redescendre.
L’image est extrêmement forte pour l’âme.
Tout ce qui monte vers Hachem ne revient pas nécessairement sous la même forme.
L’homme apporte une douleur.
Elle peut devenir prière.
Il apporte une faute regrettée.
Elle peut devenir Téchouva.
Il apporte une peur.
Elle peut devenir dépendance envers Hachem.
Il apporte une larme.
Elle peut devenir proximité.
Il apporte une expérience amère.
Avec le temps, elle peut devenir compassion pour quelqu’un qui traverse la même chose.
Ce qui était salé peut redescendre comme une eau qui donne la vie.
Encore une fois, cela ne signifie pas que toute souffrance devient immédiatement compréhensible ni qu’il faille appeler bon ce qui fait mal.
Cela signifie que l’homme peut refuser que l’amertume demeure stérile.
Il peut la faire monter vers Hachem.
« Je ne comprends pas, mais je Te parle. »
« Cela me fait mal, mais je ne veux pas m’éloigner de Toi à cause de cette douleur. »
« Aide-moi à transformer ce que je traverse en quelque chose qui me rapproche de Toi. »
La douleur n’a pas disparu.
Mais elle a changé de direction.
Elle est devenue une eau qui monte.
La pluie est une Création renouvelée
Nos Sages accordent à la pluie une importance extraordinaire.
Dans le traité Ta‘anit, Rabbi Yehouda enseigne au nom de Rav :
« Grand est le jour des pluies comme le jour où furent créés les cieux et la terre. »
Pourquoi comparer la pluie à la Création elle-même ?
Parce que lorsqu’elle descend, un monde qui semblait immobile recommence à vivre.
La terre s’assouplit.
La graine se réveille.
Les racines absorbent.
Les plantes grandissent.
Les animaux trouvent leur nourriture.
L’homme peut récolter.
La pluie n’ajoute pas simplement un élément au paysage.
Elle réveille une chaîne entière de vie.
Rabbi Elazar va jusqu’à comparer le jour des pluies à la résurrection, en soulignant que la pluie apporte la vie au monde entier.
Nous retrouvons ici le thème qui traverse les chants précédents.
Le désert pouvait fleurir.
La lumière était semée dans la terre aride.
Le champ révélait la sagesse cachée dans chaque croissance.
Et maintenant les eaux montrent comment Hachem envoie ce qui permet à cette vie de se manifester.
Ces chants ne sont pas isolés.
Ils forment une progression.
La graine attend.
La terre attend.
Puis vient l’eau.
Ce qui était potentiel devient vivant.
Certaines bénédictions doivent d’abord monter
Le cycle des eaux contient ainsi un paradoxe :
pour que l’eau puisse redescendre, elle doit d’abord monter.
Cela fournit une image profonde de nombreuses expériences spirituelles.
L’homme voudrait toujours recevoir d’abord.
Recevoir la force pour prier.
Recevoir la joie avant d’accomplir la Mitsva.
Recevoir une réponse avant de faire confiance.
Recevoir la clarté avant d’avancer.
Mais il existe des moments où Hachem attend d’abord un mouvement d’en bas.
Une prière.
Un désir.
Un acte.
Une ouverture.
Pas parce qu’Il aurait besoin de notre initiative, mais parce qu’Il veut que nous participions à notre propre rapprochement.
Les eaux enseignent :
fais monter ce que tu peux faire monter.
Une parole sincère.
Une Tsedaka.
Une heure de Torah.
Une demande de pardon.
Un effort supplémentaire.
Puis laisse à Hachem la manière dont la bénédiction redescendra.
Elle ne reviendra pas toujours sous la forme exacte que tu avais imaginée.
L’eau qui monte comme vapeur ne redescend pas au même endroit ni au même moment.
Mais rien de ce mouvement n’est perdu.
Une goutte isolée peut rejoindre une multitude d’eaux
Le verset parle d’un :
« hamon mayim », une multitude d’eaux.
Une goutte seule paraît insignifiante.
Mais des millions de gouttes deviennent un nuage, une pluie, une rivière et une source de vie pour une région entière.
Cela enseigne une vérité importante sur les petits actes.
L’homme sous-estime ce qui lui paraît minuscule.
Une petite prière.
Une petite amélioration.
Une petite Tsedaka.
Cinq minutes de Torah.
Une parole encourageante donnée à quelqu’un.
Il pense :
« Qu’est-ce que cela peut changer ? »
Les eaux répondent :
ne juge pas une goutte comme si elle devait accomplir seule le travail de tout un nuage.
Ton acte rejoint d’autres actes.
Ta prière rejoint d’autres prières.
Tes petits choix répétés forment progressivement quelque chose de beaucoup plus grand que chacun d’eux pris séparément.
Il en est ainsi également du peuple d’Israël.
Une voix rejoint une autre.
Une Mitsva rejoint une autre.
Une génération transmet à la suivante.
Et ce qui semblait être une collection de petites gouttes devient une multitude d’eaux.
Cela rejoint particulièrement le Yalkout Chimoni, qui associe notre verset à la voix collective de Yaakov.
La force d’Israël n’est pas seulement celle d’une voix isolée.
Elle est celle de milliers de voix qui continuent à prier, étudier et espérer.
Lorsque la prière semble s’évaporer
Il arrive qu’un homme prie longtemps pour une chose et ressente que ses paroles se sont simplement dissipées.
Il ne voit rien.
Il n’entend aucune réponse.
Sa prière lui semble s’être évaporée.
Les eaux lui donnent alors une image remarquable.
Lorsque l’eau s’évapore, elle disparaît à tes yeux.
Mais elle n’a pas cessé d’exister.
Elle a changé d’état.
Elle entre dans un processus que celui qui reste au sol ne peut plus observer complètement.
Cette image ne nous autorise pas à affirmer que nous connaissons le destin précis de chaque prière. Les voies d’Hachem nous dépassent.
Mais elle nous apprend à ne pas confondre :
je ne vois plus
avec :
il n’existe plus rien.
Une prière peut agir d’une manière que l’homme ne connaît pas.
Elle peut transformer celui qui prie avant de transformer sa situation.
Elle peut approfondir son lien avec Hachem.
Elle peut produire un mérite dont il ignore les conséquences.
Elle peut préparer une bénédiction qui viendra autrement que prévu.
La prière n’est donc pas seulement une machine destinée à produire le résultat demandé.
Elle est elle-même une montée vers Hachem.
Et parfois, avant de voir la pluie, il faut accepter le temps du nuage.
La voix d’Hachem se trouve aussi derrière le silence
L’Abravanel attire l’attention sur une autre dimension du verset.
Les nuages peuvent s’amasser.
Tout semble annoncer la pluie.
Puis un vent passe et les disperse.
Nous avons tendance à reconnaître la Providence lorsqu’une bénédiction arrive.
Mais que se passe-t-il lorsqu’elle semblait prête à arriver et qu’elle ne vient pas ?
Le chant des eaux nous demande d’élargir notre Émouna.
Hachem n’est pas seulement présent dans la pluie qui tombe.
Il demeure le Maître du monde également lorsque le nuage passe sans donner ce que nous espérions.
C’est beaucoup plus difficile.
Dire merci après une délivrance est naturel.
Continuer à croire lorsque le ciel s’est couvert puis s’est rouvert sans pluie demande une Émouna plus profonde.
Il existe des portes qui semblent s’ouvrir puis se referment.
Des projets presque aboutis.
Des réponses presque obtenues.
L’homme ne comprend pas.
Le chant des eaux ne lui donne pas l’explication particulière de chaque événement.
Il lui donne une ancre :
le monde n’est pas devenu sans Maître parce que je ne comprends pas Sa décision.
La Providence ne signifie pas :
« tout se produit comme je l’avais prévu ».
Elle signifie :
« même ce que je ne comprends pas n’échappe pas à Hachem. »
Le Zohar : de la grandeur des eaux à la grandeur du Roi
Le Zohar ouvre lui aussi un enseignement par notre verset. Il décrit l’immensité des cieux et des différents degrés de la Création, puis conduit le regard vers la grandeur de Celui qui les gouverne.
Cette lecture apporte une perspective essentielle.
L’homme voit une tempête et peut être impressionné par la puissance des éléments.
Le Zohar lui apprend à ne pas s’arrêter aux forces visibles.
Plus l’œuvre est immense, plus elle doit ramener la pensée vers son Créateur.
Les eaux ne chantent donc pas :
« Regardez notre puissance. »
Elles disent :
« Au son de Sa voix. »
Toute leur force commence par une dépendance.
Elles peuvent remplir les cieux, produire le tonnerre et abreuver des continents, mais leur chant consiste précisément à reconnaître qu’elles obéissent.
C’est peut-être l’une des plus grandes formes de grandeur :
posséder une force et savoir à Qui elle appartient.
L’homme doit apprendre le même secret.
Il possède une intelligence ?
Qu’il l’emploie pour le bien.
Une influence ?
Qu’il sache qu’elle lui a été confiée.
De l’argent ?
Qu’il se souvienne de sa Source.
Une parole capable de toucher les autres ?
Qu’elle devienne une voix de Torah, de paix et d’encouragement.
Plus l’homme reçoit de force, plus son chant doit ressembler à celui des eaux :
« Au son de Sa voix. »
Monter pour pouvoir redescendre en bénédiction
Le mouvement de l’eau révèle finalement une règle de l’Avodat Hachem :
il ne suffit pas toujours de s’élever.
Il faut ensuite redescendre avec quelque chose qui donne la vie.
Un homme peut étudier une belle idée de Torah et ressentir une véritable élévation.
Mais que devient-elle lorsqu’il retourne dans sa maison ?
Le rend-elle plus patient ?
Plus attentif ?
Plus généreux ?
Une prière peut l’élever très haut.
Mais lorsqu’il sort de la synagogue, cette élévation redescend-elle sous forme de meilleure parole ?
L’eau qui resterait éternellement dans les nuages ne remplirait pas sa mission.
Elle monte pour pouvoir redescendre en bénédiction.
Il en est de même de la spiritualité.
Nous montons dans la Torah et la prière afin de ramener leur lumière dans :
la famille,
le travail,
les relations,
la matière,
les décisions ordinaires.
Voilà le cycle complet :
la terre élève, le ciel reçoit, puis la bénédiction revient vers la terre.
Lorsque ce mouvement existe, la vie entière peut devenir un échange avec Hachem.
Sache donc, âme précieuse, que lorsque les eaux proclament : « Au son de Sa voix, multitude d’eaux dans les cieux, Il fait monter les nuages depuis les extrémités de la terre », elles t’apprennent à ne jamais désespérer de l’endroit où tu te trouves. Même depuis « l’extrémité de la terre », quelque chose peut monter. Une prière sincère, une larme, une petite Mitsva, un désir de revenir ou une seule parole de vérité peuvent sembler aussi insignifiants qu’une goutte d’eau, mais ne leur demande pas d’être à eux seuls tout un océan. Fais monter ta goutte. Hachem sait comment l’unir aux autres et ce qu’Il doit en faire. Lorsque ta prière semble disparaître comme une vapeur, ne conclus pas trop vite qu’elle est perdue ; continue à parler à Hachem avec Émouna, car la pluie elle-même nous enseigne que ce qui disparaît à nos yeux peut être entré dans un processus que nous ne voyons pas encore. Accomplis ta Hichtadlout, puis lève les yeux : le résultat appartient au Roi qui conduit les nuages à l’endroit qu’Il choisit. Et lorsque tu reçois une lumière d’en haut, ne la garde pas seulement dans les hauteurs de ton émotion ; fais-la redescendre dans ta maison, tes paroles et tes actes afin qu’elle devienne une pluie de bénédiction pour ceux qui t’entourent. Alors ta vie ressemblera progressivement au mouvement des eaux : ce qui est bas montera vers Hachem, ce qui est amer pourra être transformé, et ce qui est reçu d’en haut redescendra pour produire davantage de vie. Tu découvriras ainsi que derrière chaque montée et chaque descente demeure une seule Providence, une seule voix et une seule Source, capable de transformer une simple goutte en une multitude d’eaux, jusqu’à remplir ton âme d’Émouna, de bénédiction et de profonde sérénité.

