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LES MERS

La voix des vagues de la mer proclame la puissance du Créateur, majestueux dans les hauteurs.

LES MERS DISENT : « Plus que les grandes eaux, plus puissants que les brisants de la mer, puissant dans les hauteurs est Hachem. »

Leçons du cœur

Contemple le secret de l’annulation de soi face à la tempête, car les mers nous enseignent que tout le tumulte et toute la confusion de ce monde ne sont qu’un signe de la grandeur du Créateur.

L’enseignement profond qui se trouve ici est que lorsque les vagues menacent de submerger l’homme sous le poids de ses inquiétudes, il doit lever les yeux vers « Celui qui est puissant dans les hauteurs ».

Le véritable renforcement consiste à savoir que même la plus grande tempête est soumise à la limite que Hachem lui a fixée.

Sache que le Créateur est plus puissant que chaque brisant et chaque épreuve qui traverse ta vie. Lorsque tu remettras ton fardeau entre les mains de Hachem et que tu comprendras que c’est Lui qui dirige les vagues, ton âme trouvera la sérénité et une confiance absolue, et tu mériteras de traverser la mer de la vie en paix.

Mon cœur Te parle

Maître du monde, me voici comme un navire égaré au cœur de la mer, tandis qu’un vent de tempête souffle et se déchaîne puissamment contre moi. Même lorsque j’ai sombré dans la boue des profondeurs et que tous Tes brisants et Tes vagues sont passés sur moi, je continuerai à tourner mon regard vers Ton Sanctuaire.

Car « plus que les grandes eaux, plus puissants que les brisants de la mer, Tu es le Maître de tout, puissant dans les hauteurs est Hachem, et rien ne T’est impossible ».

Je T’en prie, Hachem, accorde-moi le mérite d’annuler entièrement mon existence propre et de m’inclure dans Ton unité. Voici que je remets tout mon fardeau entre Tes mains uniquement, car c’est Toi qui prendras soin de moi et c’est Toi qui me feras traverser en paix cette mer de la vie.

Étends sur moi l’abri de Ta paix et accorde-moi un repos complet, un repos véritable fondé sur la foi et la confiance, afin que je puisse poser ma tête avec sérénité et m’en remettre à Ta puissante Providence qui dirige les vagues. Amen.

L’œuvre de Tes mains

La mer est la plus grande source d’oxygène de la planète.

La plupart des hommes pensent que les arbres nous fournissent l’air que nous respirons. En réalité, des organismes microscopiques présents dans les océans, appelés phytoplancton, produisent plus de la moitié de l’oxygène que nous respirons.

De plus, les océans absorbent la majeure partie de l’excès de chaleur de la planète. Sans les océans, la température sur les terres émergées atteindrait des centaines de degrés.


ÉTUDE APPROFONDIE

AU CŒUR DES MOTS

La mer proclame qu’elle n’est pas la puissance suprême

Contemple le secret de la force qui paraît indomptable et qui pourtant reconnaît qu’une puissance infiniment plus grande règne au-dessus d’elle, car la mer est l’une des images les plus impressionnantes de la Création. Elle peut être calme puis, en quelques instants, devenir tumultueuse. Ses vagues frappent avec fracas, ses profondeurs échappent au regard et l’homme qui se tient devant elle ressent immédiatement sa petitesse.

Pourtant, son propre chant ne célèbre pas sa puissance.

Il dit :

« Hachem est plus puissant. »

Voilà le premier enseignement des mers.

Tout ce qui impressionne l’homme dans ce monde reste une créature.

Une force peut être immense sans être absolue.

Un événement peut te dépasser sans dépasser Hachem.

Une situation peut sembler incontrôlable pour toi sans avoir échappé à Celui qui gouverne le monde.

Le Malbim souligne précisément le contraste du verset : la voix des grandes eaux et les vagues de la mer sont puissantes, redoutables et impressionnantes, mais Hachem demeure plus puissant qu’elles dans les hauteurs.

La mer ne nie donc pas la violence de ses propres vagues.

Elle leur donne leur véritable mesure.

La tempête est grande. Hachem est plus grand.

Avant l’homme, les eaux savaient déjà chanter

Le Yalkout Chimoni donne à ce verset une place extraordinaire dans l’histoire même de la Création.

Il rapporte une parabole d’un roi qui construisit un palais et y installa d’abord des habitants muets. Ceux-ci, bien qu’incapables de parler, rendaient hommage au roi par leurs gestes. Le roi pensa : si ceux qui ne peuvent parler me rendent déjà hommage, combien davantage le feront des êtres doués de parole.

Mais lorsque les nouveaux habitants arrivèrent, ils oublièrent le roi et finirent par prétendre :

« Le palais est à nous. »

Le Yalkout applique cette parabole au monde et enseigne qu’au commencement de la Création, la louange adressée à Hachem montait précisément des eaux, conformément à notre verset :

« Plus que les voix des grandes eaux… puissant dans les hauteurs est Hachem. »

Les eaux, qui n’avaient ni bouche ni véritable parole, savaient pourtant proclamer leur Créateur.

Puis vint l’homme, doté de parole, d’intelligence et de libre arbitre.

Et lui pouvait oublier.

Le contraste est saisissant.

La mer immense ne dit jamais :

« Je suis ma propre origine. »

Elle peut soulever des vagues gigantesques, mais chacune de ses vagues demeure une vague de la mer créée par Hachem.

L’homme, beaucoup plus petit, peut pourtant regarder ses forces, sa réussite et son intelligence et penser :

« Tout cela est à moi. »

Le chant de la mer devient alors une leçon d’humilité.

Plus tu reçois de puissance, plus tu dois savoir devant Qui tu te tiens.

La limite invisible que la vague ne franchit pas

L’une des choses les plus étonnantes dans la mer est précisément la rencontre entre sa violence et sa limite.

Une vague s’élève.

Elle avance avec une force considérable.

Elle se brise.

Puis elle recule.

Encore une.

Puis une autre.

La mer semble continuellement essayer d’avancer, et pourtant une frontière lui a été donnée.

Cette image apparaît déjà dans les paroles de Hachem à Iyov :

« Qui a fermé la mer avec des portes lorsqu’elle jaillit du sein maternel ? […] Je lui imposai Ma limite […] et Je dis : Jusqu’ici tu viendras, et pas plus loin ; ici s’arrêtera l’orgueil de tes vagues. » (Job 38, 8-11)

Voilà pourquoi la mer peut devenir un immense enseignement d’Émouna.

L’homme voit parfois une difficulté avancer vers lui comme une vague.

Il se dit :

« Elle va tout emporter. »

Mais il ne connaît pas la limite qu’Hachem lui a fixée.

Une épreuve possède elle aussi un commencement, une mesure et une frontière connus de Hachem, même lorsque l’homme ne les connaît pas.

Cela ne signifie pas que toute souffrance sera légère ni que nous puissions expliquer pourquoi telle difficulté a été donnée.

Cela signifie quelque chose de plus fondamental :

aucune vague n’est devenue indépendante de son Créateur.

Elle peut atteindre un endroit que tu n’aurais jamais voulu voir atteint.

Mais elle ne possède pas une souveraineté infinie.

Cette pensée ne supprime pas la peur immédiatement.

Elle donne cependant à l’âme un rocher sur lequel s’appuyer au milieu de la tempête.

Lorsque les vagues deviennent les inquiétudes de l’homme

La mer extérieure possède son équivalent intérieur.

Il existe des moments où les pensées deviennent elles-mêmes des vagues.

Une inquiétude apparaît.

Puis une autre.

Puis l’homme imagine ce qui pourrait arriver demain, puis ce qui pourrait arriver après-demain, et en quelques instants il ne se trouve plus devant une seule difficulté réelle, mais devant une mer entière de scénarios.

La première vague dit :

« Il existe un problème. »

La deuxième ajoute :

« Il ne se résoudra jamais. »

La troisième :

« Tout va s’effondrer. »

La quatrième :

« Tu ne pourras pas le supporter. »

Le problème réel existe peut-être.

Mais autour de lui, l’imagination a construit une tempête beaucoup plus vaste.

Le chant de la mer ne demande pas à l’homme de nier la difficulté.

Il lui demande de lever son regard au-dessus des vagues :

« Puissant dans les hauteurs est Hachem. »

Il existe une différence entre porter une responsabilité et porter mentalement tout l’avenir.

Hachem te demande de faire ce qui appartient à aujourd’hui.

La vague de demain n’est pas encore arrivée.

Et si elle arrive, la Providence qui t’accompagne aujourd’hui ne cessera pas d’exister demain.

L’Émouna ne signifie donc pas :

« Rien de difficile ne m’arrivera. »

Elle signifie :

« Quoi qu’il arrive, Hachem ne cessera pas d’être Hachem. »

C’est une stabilité beaucoup plus profonde.

Les forces du monde peuvent elles aussi ressembler à une mer

Le langage des eaux et des fleuves est souvent utilisé dans les Écritures pour évoquer des puissances qui se soulèvent avec fracas.

Un empire paraît immense.

Une idéologie domine une époque.

Une puissance humaine donne l’impression que rien ne pourra lui résister.

Puis elle passe.

L’histoire est remplie de forces qui, pendant quelques années ou quelques siècles, semblaient indestructibles.

Le Psaume 93 place justement notre verset dans un chant sur la royauté de Hachem :

« Hachem règne, Il est revêtu de majesté […] le monde est affermi, il ne chancellera pas. » (Psaumes 93, 1)

Puis :

« Les fleuves ont élevé leur voix » (Psaumes 93, 3).

Et enfin :

« Plus que les grandes eaux […] puissant dans les hauteurs est Hachem. »

Le message est clair : le bruit d’une force ne détermine pas sa véritable grandeur.

Certaines puissances paraissent immenses précisément parce qu’elles font beaucoup de bruit.

Mais le Royaume d’Hachem ne dépend pas du bruit.

Il précède la tempête.

Il demeure pendant la tempête.

Et il sera encore là lorsqu’elle se sera tue.

Le Yalkout Chimoni apporte une illustration particulièrement sévère de cette vérité : lorsqu’après la Création l’homme utilisa sa liberté pour nier son Créateur, les eaux qui avaient chanté dès l’origine redevinrent, au temps du Déluge, l’instrument qui révéla combien la prétention humaine était fragile.

Le palais n’avait jamais cessé d’appartenir au Roi.

La mer des Joncs : la force devient elle-même révélation

Cette idée atteint l’un de ses sommets lors de la sortie d’Égypte.

La mer des Joncs apparaissait devant Israël comme un obstacle absolu.

Derrière eux : l’armée égyptienne.

Devant eux : la mer.

Humainement, il n’existait plus d’issue.

Puis précisément la réalité qui semblait fermer le chemin devint le chemin.

La mer se fendit.

Voilà une image immense de la Guéoula.

Hachem n’a pas toujours besoin de supprimer l’obstacle pour délivrer l’homme.

Il peut transformer l’obstacle lui-même en passage.

La mer qui disait :

« Tu ne peux pas avancer »

devient soudain :

« Passe. »

Cela ne signifie pas que nous devons nous attendre à ce que chaque problème soit résolu miraculeusement de cette manière.

Mais la sortie d’Égypte inscrit dans la mémoire d’Israël une vérité définitive :

lorsque toutes les possibilités que tu connais sont fermées, les possibilités de Hachem ne sont pas épuisées.

L’homme regarde la mer selon les lois qu’il connaît.

Hachem en est le Créateur.

C’est pourquoi la phrase « puissant dans les hauteurs est Hachem » n’est pas seulement une description de puissance.

Elle est une source d’espérance.

Tu ne dois pas savoir comment la mer s’ouvrira pour continuer à croire que Hachem peut te conduire.

Le Zohar : derrière les eaux nombreuses existe une Source

Le Zohar donne encore une lecture plus intérieure des « grandes eaux ». Il les rattache à un fleuve supérieur dont les différents courants se répandent ensuite dans toutes les directions.

Sans entrer dans les profondeurs techniques de cet enseignement, une idée essentielle apparaît :

la multiplicité des eaux remonte à une source.

En bas, nous voyons des courants différents.

Des fleuves.

Des vagues.

Des directions apparemment opposées.

Mais plus on remonte vers la Source, plus l’unité apparaît.

Cette image éclaire profondément la vie de l’homme.

Lorsqu’il regarde ses journées depuis le bas, tout semble morcelé :

la Parnassa,

la santé,

la famille,

les obligations,

les difficultés,

les réussites,

les rencontres imprévues.

Chaque chose paraît posséder sa propre histoire.

L’Émouna invite progressivement l’homme à remonter vers l’unité :

une seule Providence accompagne tous ces domaines.

Cela ne veut pas dire que nous comprenons comment chaque événement s’intègre dans le plan divin.

Mais nous savons qu’il n’existe pas plusieurs maîtres indépendants de notre existence.

Il existe une Source.

C’est précisément ce qui permet à l’âme de ne pas se disperser complètement lorsque les événements deviennent nombreux.

Les eaux sont nombreuses.

Le Maître est Un.

La puissance véritable n’a pas besoin de lutter avec la mer

Le verset emploie plusieurs fois l’idée de puissance :

les eaux sont puissantes,

les brisants sont puissants,

mais Hachem est puissant dans les hauteurs.

Il existe pourtant une différence fondamentale entre ces puissances.

La vague manifeste sa force par le fracas.

Elle doit se soulever.

Frapper.

Se briser.

La puissance de Hachem n’est pas une puissance qui doit lutter contre une puissance rivale.

La mer n’est pas Son adversaire.

Elle est Son œuvre.

C’est une différence essentielle dans notre perception d’Hachem.

Lorsque l’homme rencontre une grande difficulté, il peut inconsciemment imaginer deux forces opposées :

d’un côté le problème,

de l’autre Hachem essayant de le vaincre.

Ce n’est pas la conception de la Torah.

La difficulté elle-même n’existe qu’à l’intérieur d’un monde continuellement maintenu par Hachem.

Cela dépasse souvent notre capacité de compréhension, surtout devant les souffrances les plus graves, et nous ne devons jamais prétendre expliquer ce qui demeure caché.

Mais la souveraineté demeure.

Hachem n’est jamais dépassé par l’événement auquel nous demandons Son aide.

C’est pourquoi la prière peut être prononcée même au cœur du plus grand désordre.

Nous ne parlons pas à quelqu’un qui se trouve lui aussi prisonnier de la tempête.

Nous nous adressons à Celui dont la mer elle-même proclame :

« Puissant dans les hauteurs est Hachem. »

Ne demande pas toujours que la mer disparaisse

Il existe enfin une leçon importante dans la manière de traverser les difficultés.

L’homme prie souvent :

« Hachem, enlève cette mer. »

C’est une prière parfaitement légitime.

Mais parfois une autre prière doit l’accompagner :

« Si je dois encore la traverser, apprends-moi comment la traverser avec Toi. »

Car toutes les mers ne disparaissent pas immédiatement.

Certaines épreuves durent.

Certaines responsabilités accompagnent l’homme pendant des années.

Certaines questions restent ouvertes.

Dans ces périodes, l’Émouna ne peut pas dépendre uniquement de la disparition de la vague.

Elle doit devenir suffisamment profonde pour vivre aussi pendant le mouvement de la mer.

L’homme apprend alors à chercher les petits espaces de calme entre deux vagues.

À prier aujourd’hui sans exiger de connaître tout demain.

À accomplir la prochaine bonne action.

À ne pas abandonner sa Torah parce que son cœur est agité.

À ne pas laisser la tempête extérieure déterminer entièrement son monde intérieur.

La sérénité véritable n’est pas toujours une mer sans vagues.

Elle peut devenir la connaissance profonde que, même lorsque les vagues existent,

Hachem demeure au-dessus d’elles.

Et cette connaissance construit progressivement en l’homme quelque chose que la mer extérieure ne peut pas emporter.

Sache donc, âme précieuse, que lorsque les mers élèvent leurs vagues et proclament : « Plus que les grandes eaux, plus puissants que les brisants de la mer, puissant dans les hauteurs est Hachem », elles ne te demandent pas de prétendre que la tempête est petite. Elles t’apprennent à ne jamais faire de la tempête ton dieu. Une difficulté peut être grande, une inquiétude peut faire beaucoup de bruit, une situation peut dépasser tes forces et pourtant aucune de ces choses n’est devenue plus grande que Celui qui a fixé une limite à la mer. Lorsque les vagues de tes pensées se multiplient, reviens à ce qui t’est demandé aujourd’hui et remets demain entre les mains de Hachem. Lorsque tu te trouves devant une mer dont tu ne vois pas l’issue, souviens-toi de la mer des Joncs : Israël ne connaissait pas encore le chemin, mais le Maître du chemin était déjà présent. Ne mesure donc pas les possibilités de Hachem à celles que tu peux toi-même imaginer. Et si la mer ne s’ouvre pas immédiatement, demande la force de continuer à marcher avec Émouna jusqu’au moment où apparaîtra la voie qui t’était encore cachée. Les eaux nombreuses peuvent rugir, les brisants peuvent se succéder, mais ils possèdent tous une frontière. Hachem seul n’en possède aucune. Plus tu ancreras cette vérité dans ton cœur, moins le bruit des vagues décidera de ton état intérieur, jusqu’à ce que tu puisses traverser les mouvements de l’existence avec une confiance plus profonde, sachant qu’au-dessus de chaque mer, de chaque force et de chaque tempête demeure éternellement le même Roi : puissant dans les hauteurs, fidèle dans Sa conduite et source de toute véritable sérénité.