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LES HERBES DES CHAMPS

L’herbe qui se multiplie en tout lieu témoigne de la gloire du Créateur, qui se réjouit de Ses créatures.

LES HERBES DES CHAMPS DISENT : « Que la gloire d’Hachem soit éternelle ! Qu’Hachem se réjouisse de Ses œuvres ! »

Leçons du cœur

Contemple le secret de l’humilité et de la simplicité, d’où s’élève la joie du Créateur, car même le plus petit parmi les petits doit croire que, tout comme l’herbe qui recouvre la terre en demeurant basse, lui aussi peut devenir un instrument de la gloire du Nom béni.

L’enseignement profond qui se trouve ici est que le Créateur se réjouit de Ses œuvres précisément lorsqu’elles se renforcent dans la joie et dans la foi, même à travers la simplicité et la petitesse.

Notre rôle essentiel est de révéler qu’aucun endroit n’est dépourvu de Sa présence, et que même dans les réalités de ce monde qui nous paraissent aussi insignifiantes que des herbes que l’on piétine, la gloire d’Hachem est cachée pour l’éternité.

Sache que lorsqu’un homme se réjouit de sa part et trouve le Créateur dans chaque détail de Ses œuvres, il procure une grande satisfaction dans les mondes supérieurs.

Au moment où tu accepteras ta place et chercheras Sa gloire dans chaque herbe et chaque détail de ta vie, ton âme connaîtra une croissance merveilleuse, se rafraîchira dans la rosée de la foi et découvrira une vitalité nouvelle à chaque instant.

Mon cœur Te parle

Maître du monde, accorde-moi la véritable humilité et la véritable bassesse, afin que « mon âme soit comme de la poussière pour tous », et qu’à travers cela je mérite de m’attacher au Trône de Ta gloire. Je T’en prie, Hachem, aide-moi à révéler qu’« aucun endroit n’est dépourvu de Lui », et à percevoir les signes que Tu me fais comprendre à chaque instant, même à travers les petits détails, les choses modestes et les aspects les plus simples de ma vie.

Éveille en moi la force de chercher et de trouver en moi des « bons points », et de m’en réjouir d’un cœur entier, afin de Te procurer de grandes réjouissances et d’accomplir : « Qu’Hachem se réjouisse de Ses œuvres ». Accorde-moi que chaque herbe des champs et chaque végétation apportent leur force et leur vitalité au sein de ma prière, jusqu’à ce que toutes mes actions deviennent une seule mélodie d’attachement. Répands sur moi la « rosée de la foi » qui fait revivre les âmes, et illumine mon visage de Ta grande lumière, afin que je mérite de grandir depuis la poussière de la matérialité jusqu’aux profondeurs de la sainteté et de la joie éternelle. Amen.

L’œuvre de Tes mains

L’herbe est en quelque sorte le « poumon » de la planète, et sa force réside dans son extraordinaire capacité de renouvellement.

Contrairement à de nombreuses plantes qui grandissent à partir de leur extrémité, l’herbe pousse depuis sa base, à partir de la zone située près de la racine. Cette particularité lui permet de repousser après avoir été broutée par les animaux ou coupée : l’extrémité est sectionnée, mais le point de croissance reste protégé dans la terre.

De plus, l’herbe contribue à réduire le bruit et la pollution. Une couverture végétale peut retenir d’importantes quantités de poussière et produire suffisamment d’oxygène pour contribuer aux besoins d’une famille entière au quotidien, tout en participant au refroidissement du sol de plusieurs dizaines de degrés par rapport au béton ou au sable.


ÉTUDE APPROFONDIE

AU CŒUR DES MOTS

Même l’herbe la plus humble peut révéler la gloire d’Hachem

Contemple le secret d’une créature qui demeure basse tout en révélant une gloire infinie, car l’herbe ne possède ni la hauteur du cèdre, ni la majesté du palmier, ni les fruits de la vigne ou du figuier.

Elle pousse près du sol.

On marche parfois dessus sans même la remarquer.

Et pourtant son chant proclame :

« Que la gloire d’Hachem soit éternelle ! »

Voilà son premier enseignement :

la grandeur d’une créature ne dépend pas de la place qu’elle occupe dans le regard des hommes, mais de la fidélité avec laquelle elle accomplit la volonté d’Hachem.

Une chose petite peut révéler une grande gloire.

Une Mitsva discrète.

Une tâche simple.

Une bonté dont personne ne parlera.

Une prière murmurée.

Tout cela peut devenir lieu de Kavod Chamaïm.

Le Yalkout Chimoni : les herbes comprirent elles-mêmes leur mission

Le Yalkout Chimoni rapporte un enseignement extraordinaire.

Lors de la Création, Hachem ordonna aux arbres de sortir « selon leur espèce ».

Les herbes raisonnèrent d’elles-mêmes :

si les arbres, qui sont séparés les uns des autres et poussent avec espace, doivent respecter leur espèce, à plus forte raison nous, qui poussons serrées les unes contre les autres, devons-nous conserver chacune notre nature propre.

Alors :

chaque herbe sortit selon son espèce.

Et à cet instant, le « Prince du monde » ouvrit sa bouche et proclama :

« Que la gloire d’Hachem soit éternelle ! »

Le chant des herbes naît donc d’une chose remarquable :

elles ne cherchent pas à devenir autre chose que ce qu’Hachem attend d’elles.

La gloire d’Hachem se révèle lorsque chaque créature accomplit justement sa propre mission.

Tu n’as pas besoin de devenir l’arbre de quelqu’un d’autre

Une herbe pourrait regarder le cèdre et dire :

« Pourquoi suis-je si petite ? »

Regarder le figuier :

« Pourquoi n’ai-je pas ses fruits ? »

Regarder la vigne :

« Pourquoi ma mission n’est-elle pas la sienne ? »

Mais si toutes les herbes essayaient de devenir des arbres, le monde perdrait précisément ce qu’elles seules peuvent lui apporter.

L’homme souffre beaucoup de la comparaison.

Il voit :

la Torah de l’un,

la Parnassa de l’autre,

la famille d’un troisième,

le talent d’un quatrième.

Et progressivement, il cesse de reconnaître son propre terrain.

Les herbes lui enseignent :

la question n’est pas : « Pourquoi ne suis-je pas lui ? » La question est : « Comment puis-je devenir pleinement ce qu’Hachem attend de moi ? »

Il existe une immense paix dans cette question.

L’unité n’est pas l’uniformité

Le Yalkout insiste sur le fait que chaque herbe sortit selon son espèce.

Cela enseigne que l’ordre de la Création n’exige pas que tout soit identique.

Au contraire.

La beauté apparaît parce que plusieurs formes différentes accomplissent ensemble une même volonté divine.

Cela donne une définition profonde de l’unité d’Israël.

Unité ne signifie pas que tous doivent posséder :

le même caractère,

la même fonction,

le même niveau d’étude,

la même manière de servir Hachem.

L’un est davantage tourné vers l’étude.

Un autre vers le ‘Hessed.

L’un enseigne.

L’autre soutient.

L’un possède une voix publique.

L’autre construit silencieusement sa maison.

La diversité devient sainteté lorsqu’elle cesse d’être rivalité et devient service.

La petitesse n’est pas l’insignifiance

Parce que l’herbe est petite, l’homme peut croire qu’elle compte peu.

Mais des milliers d’herbes réunies couvrent une montagne entière.

Ainsi en est-il de nombreux actes de la vie spirituelle.

Une Berakha paraît petite.

Une page de Torah.

Un sourire.

Une pièce donnée à la Tsedaka.

Une parole retenue.

Une minute de patience supplémentaire.

Aucun de ces actes ne semble, seul, transformer le monde.

Mais l’homme n’est pas construit par un seul moment spectaculaire.

Il est souvent façonné par des milliers de petites fidélités répétées.

Une vie sainte peut ressembler moins à un cèdre isolé qu’à un champ entier d’herbes fidèles.

Hachem Se réjouit lorsque Ses œuvres sont dans leur ordre

Rabbi Naḥman cite directement :

« Qu’Hachem se réjouisse de Ses œuvres. »

Il enseigne que lorsque les œuvres d’Hachem sont dans leur réparation et dans leur ordre, Hachem, pour ainsi dire, Se réjouit d’elles, comme un artisan qui contemple une œuvre accomplie harmonieusement.

Puis Rabbi Naḥman relie cette joie aux Mitsvot.

Lorsque l’homme accomplit une Mitsva avec joie pour la Mitsva elle-même, il entre dans cette joie divine exprimée par :

« Qu’Hachem se réjouisse de Ses œuvres. »

Cette idée donne au chant des herbes une profondeur extraordinaire.

Hachem ne nous demande pas seulement de faire.

Il existe également une joie lorsque les choses retrouvent leur ordre.

Lorsque la parole devient plus propre.

Lorsque le temps retrouve une place pour la Torah.

Lorsque la maison retrouve le Chabbat.

Lorsque l’argent devient aussi Tsedaka.

Lorsque le désir devient Mitsva.

Remettre une chose à sa juste place peut déjà devenir une joie devant Hachem.

Ne cherche pas seulement la joie dans la récompense

Il existe une manière de faire une Mitsva en pensant uniquement :

« Qu’est-ce que je vais recevoir en échange ? »

Rabbi Naḥman décrit un niveau plus intérieur :

se réjouir de la Mitsva elle-même.

Je suis heureux d’avoir pu donner.

Heureux d’avoir étudié.

Heureux d’avoir retenu une parole mauvaise.

Heureux d’avoir pu accomplir la volonté d’Hachem.

Cela rejoint parfaitement l’herbe.

L’herbe ne reçoit ni applaudissements ni honneurs.

Elle pousse simplement selon l’ordre qui lui a été donné.

Et précisément là apparaît :

« Qu’Hachem se réjouisse de Ses œuvres. »

L’une des formes les plus pures de l’Avodat Hachem consiste peut-être à pouvoir dire :

« Ma joie est d’avoir accompli aujourd’hui quelque chose qu’Hachem voulait de moi. »

Il existe un honneur qui vient précisément de l’humilité

L’herbe pousse près de la terre.

Elle enseigne donc également l’humilité.

Mais l’humilité véritable ne signifie pas :

« Je ne vaux rien. »

Une herbe qui se considérerait inutile contredirait justement son propre chant.

Elle proclame la gloire d’Hachem parce qu’elle sait que sa petite existence participe à Son œuvre.

L’humilité dit plutôt :

« Ce que je possède ne vient pas de moi, mais ce qu’Hachem m’a confié mérite d’être utilisé pleinement. »

L’homme humble ne méprise pas ses qualités.

Il ne les adore pas non plus.

Il les met au service.

Tu sais enseigner ?

Enseigne.

Tu sais écouter ?

Écoute.

Tu peux donner ?

Donne.

Tu possèdes une petite force aujourd’hui ?

Utilise-la.

Se diminuer jusqu’à l’inaction n’est pas davantage de l’humilité que se croire supérieur aux autres.

La gloire d’Hachem se révèle aussi dans les détails ordinaires

Nous cherchons facilement Hachem dans l’exceptionnel.

Un miracle.

Une grande délivrance.

Un événement bouleversant.

Mais l’herbe pousse partout.

Elle nous apprend à rechercher la gloire divine également dans ce qui est répété et familier.

La nourriture quotidienne.

La lumière du matin.

Une maison.

Le retour d’un enfant de l’école.

La possibilité d’ouvrir un livre.

La santé lorsqu’elle est présente.

La pluie.

Le renouvellement des plantes.

Nous cessons souvent de voir un miracle dès qu’il se répète suffisamment longtemps.

L’herbe dit :

« Regarde encore. »

Ce qui est quotidien n’est pas pour autant indépendant d’Hachem.

La Création attendait la prière de l’homme

Le Yalkout Chimoni poursuit son enseignement sur les herbes d’une manière particulièrement profonde.

Il enseigne que les végétaux étaient sortis mais demeuraient à l’entrée de la terre sans se développer pleinement, jusqu’à ce qu’Adam vienne et prie.

Alors la pluie descendit et les plantes poussèrent.

Les Sages en déduisent :

Hachem désire la prière des Tsadikim.

Les herbes enseignent donc deux choses qui pourraient sembler opposées.

D’un côté :

Hachem a préparé toute la Création.

De l’autre :

Il laisse une place à l’homme pour appeler la bénédiction par sa prière.

Cela donne une immense dignité à la prière.

Le monde n’est pas seulement un décor devant lequel l’homme passe.

Hachem veut que l’homme Lui parle depuis l’intérieur de la Création.

La terre attend la pluie, et la prière devient l’un des liens entre le ciel et la terre.

Ta prière peut concerner bien davantage que toi-même

Adam pria.

Et les plantes poussèrent.

Sa prière n’avait donc pas seulement un effet sur son état intérieur.

Elle participait à la vie du monde autour de lui.

Nous ignorons évidemment les effets véritables et cachés de nos propres prières.

Mais cet enseignement nous empêche de les considérer comme insignifiantes.

Un père prie pour sa maison.

Une mère pour ses enfants.

Un Juif pour un malade.

Une communauté pour la pluie.

Israël pour la Guéoula.

Nous ne savons pas toujours quelle pousse attend encore une prière.

Voilà pourquoi il ne faut pas dire trop vite :

« À quoi bon ? »

Tu ne vois pas tout ce qui peut dépendre d’une parole tournée sincèrement vers Hachem.

Ne méprise pas l’endroit où Hachem t’a planté

Une herbe ne choisit pas toujours le paysage où elle poussera.

Certaines apparaissent dans un champ magnifique.

D’autres entre des pierres.

L’homme lui aussi ne choisit pas toutes ses circonstances.

Sa famille d’origine.

Certaines limites.

Certaines épreuves.

Certaines responsabilités.

Il doit évidemment changer ce qui peut et doit être changé.

Mais une part importante de la vie consiste également à demander :

« Comment servir Hachem depuis l’endroit où je suis réellement planté ? »

Attendre une vie parfaitement organisée avant de commencer à servir Hachem peut devenir une manière de ne jamais commencer.

L’herbe pousse parfois dans une fissure.

Et même là, elle proclame la gloire d’Hachem.

Chaque petite créature possède quelque chose qu’elle seule peut révéler

Le Da’at Tevunot reprend notre verset pour expliquer que la gloire d’Hachem s’élève par l’ensemble de Ses créatures, chacune selon la fonction particulière qui lui appartient.

Cette idée correspond exactement au chant des herbes.

La gloire totale n’est pas produite par une seule créature qui accomplirait tout.

Elle apparaît lorsque chacune apporte sa part.

Cela permet de comprendre pourquoi l’homme ne doit pas mépriser sa petite mission.

Il existe peut-être une parole que toi seul peux dire à cette personne.

Un enfant auquel toi seul peux transmettre de cette manière.

Une bonté qui dépend de ta présence précise.

Une page de Torah que ton âme doit étudier.

Tu n’es pas obligé d’accomplir toute la mission du monde. Mais ta part ne sera pas accomplie de la même manière sans toi.

La simplicité protège de la recherche permanente de reconnaissance

Une grande partie de l’épuisement humain vient du besoin d’être vu.

Reconnu.

Apprécié.

Confirmé.

L’herbe possède une liberté que nous avons besoin d’apprendre.

Elle pousse même lorsque personne ne la regarde.

Elle ne demande pas :

« Combien de personnes ont remarqué ma croissance ? »

Elle accomplit sa fonction.

Dans l’Avodat Hachem, il existe une force immense à retrouver une relation avec Hachem qui ne dépend pas continuellement du regard des hommes.

Étudier même lorsque personne ne le saura.

Donner anonymement.

Faire correctement son travail.

Garder une parole.

Prier sans chercher à paraître pieux.

Une Mitsva accomplie devant Hachem seul possède une douceur particulière : elle libère l’homme du besoin de construire sa valeur dans les yeux des autres.

La joie du Créateur et la joie de l’homme peuvent se rencontrer

Rabbi Naḥman rapproche :

« Qu’Hachem se réjouisse de Ses œuvres »

de :

« Qu’Israël se réjouisse en son Créateur. » (Psaumes 149, 2)

Lorsque l’homme accomplit la Mitsva avec une joie véritable, sa joie rencontre, pour ainsi dire, la joie divine attachée à l’ordre de la Création.

Cela transforme notre compréhension de la joie religieuse.

La joie n’est pas seulement une récompense extérieure pour avoir servi Hachem.

Elle peut devenir le service lui-même.

Je me réjouis d’avoir une Torah.

D’avoir un Chabbat.

De pouvoir dire une Berakha.

D’appartenir à Israël.

Non parce que ma vie est exempte de difficultés.

Mais parce qu’au milieu même d’une vie imparfaite, il existe encore quelque chose de saint que je peux accomplir.

La vraie joie n’exige pas que tout soit parfait

Il faut toutefois être précis.

« Qu’Hachem se réjouisse de Ses œuvres » ne signifie pas que toute souffrance serait déjà harmonie ni que l’homme devrait sourire artificiellement à tout.

Rabbi Naḥman lui-même oppose la joie liée à l’ordre et à la réparation aux états de douleur et de jugement.

Il existe dans le monde des choses à réparer.

Des souffrances à soulager.

Des injustices à combattre.

La joie sainte ne consiste donc pas à nier ce qui est brisé.

Elle consiste à continuer à nourrir ce qui peut déjà être remis dans son ordre.

Aujourd’hui, je ne peux peut-être pas réparer le monde.

Mais je peux réparer une parole.

Une relation.

Une heure de ma journée.

La petite réparation réelle vaut mieux que la grande harmonie imaginaire.

Le Zohar : un temps viendra où Hachem Se réjouira pleinement de Ses créatures

Le Zohar cite directement notre verset en parlant de l’avenir.

Il enseigne qu’un temps viendra où Hachem réjouira Son monde et Se réjouira de Ses créatures :

« Qu’Hachem se réjouisse de Ses œuvres. »

Alors, dit le Zohar, une joie apparaîtra dans le monde telle qu’elle n’existe pas encore pleinement aujourd’hui, conformément à :

« Alors notre bouche se remplira de rire. » (Psaumes 126, 2)

Le chant des petites herbes devient ainsi un chant immense de Guéoula.

Aujourd’hui, la joie de la Création est partielle.

La terre porte encore souffrance, exil et mort.

Mais les herbes proclament déjà la destination :

un monde dans lequel l’œuvre d’Hachem apparaîtra davantage dans sa réparation et dans sa joie.

La Guéoula n’effacera pas les petites fidélités

Il est remarquable que ce soit précisément l’herbe, petite et proche du sol, qui proclame cette joie future.

Cela nous enseigne que la Guéoula ne sera pas construite uniquement à partir des événements que l’histoire considère comme grands.

Elle rassemble aussi :

les Berakhot anonymes,

les Chabbatot protégés,

les pages de Torah étudiées la nuit,

les enfants éduqués,

les actes de ‘Hessed,

les prières,

les petits sacrifices accomplis pendant l’exil.

Tout cela ressemble parfois à des herbes dispersées.

Mais ensemble elles recouvrent la terre.

Rien de ce qui a véritablement servi Hachem n’est petit devant Lui.

Fais aujourd’hui quelque chose dont Hachem puisse Se réjouir

Le chant des herbes finit par poser une question très simple :

« Quel acte puis-je remettre aujourd’hui dans son ordre ? »

Pas toute ma vie.

Pas toute la Création.

Aujourd’hui.

Une prière dite avec un peu plus d’attention.

Une parole que je décide de ne pas prononcer.

Une somme donnée.

Une étude accomplie malgré la fatigue.

Une réconciliation.

Une attention à mon conjoint.

Une présence véritable auprès d’un enfant.

Peut-être cette petite chose est-elle ton herbe du jour.

Elle ne fera pas de bruit.

Mais elle pourra dire :

« Que la gloire d’Hachem soit éternelle ! Qu’Hachem se réjouisse de Ses œuvres ! »

Sache donc, âme précieuse, que lorsque les herbes des champs proclament : « Que la gloire d’Hachem soit éternelle ! Qu’Hachem se réjouisse de Ses œuvres ! », elles t’enseignent que tu n’as pas besoin d’occuper une place immense pour révéler une immense gloire. Le Yalkout Chimoni raconte que les petites herbes, en voyant l’ordre donné aux arbres, comprirent d’elles-mêmes qu’elles devaient elles aussi sortir chacune selon son espèce ; lorsqu’elles respectèrent ainsi la volonté du Créateur, le Prince du monde proclama précisément : « Que la gloire d’Hachem soit éternelle ! » Ne passe donc pas ta vie à vouloir devenir l’arbre d’un autre. Cherche la forme de service qui t’appartient et accomplis-la fidèlement. Rabbi Naḥman enseigne que lorsque les œuvres d’Hachem sont dans leur ordre et leur réparation, Hachem Se réjouit de Ses œuvres, et que celui qui accomplit une Mitsva avec la joie de la Mitsva elle-même entre dans cette joie. Commence donc par remettre un petit endroit de ta vie à sa juste place : ton temps, ta parole, ta prière, ton foyer, ton étude. Ne méprise pas la simplicité. Une herbe est petite, mais un champ entier est fait d’herbes. Et lorsque tu ne vois encore aucune croissance, souviens-toi du même Yalkout : les végétaux attendaient la pluie jusqu’à ce qu’Adam prie, car Hachem désire la prière des Tsadikim. Continue donc à demander, même lorsque la pousse demeure invisible. Enfin, souviens-toi du Zohar : un temps viendra où « Hachem Se réjouira de Ses œuvres » apparaîtra dans une plénitude encore inconnue, lorsque la joie remplira le monde et que le chant de la Guéoula remplacera une grande part des larmes de l’exil. Alors toutes les petites fidélités aujourd’hui cachées, toutes les herbes que personne n’avait remarquées, apparaîtront comme une seule prairie de gloire. Fais donc aujourd’hui ta petite part avec simplicité, joie et fidélité, car elle aussi peut devenir une place où Hachem Se réjouit de Son œuvre, dans la confiance, l’humilité et la profonde sérénité.