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LES NUAGES

Le Créateur dissimule Sa Ché’hina au sein des nuages d’eau obscurs.

LES NUAGES DISENT : « Il fait des ténèbres Sa retraite autour de Lui ; Sa demeure est l’obscurité des eaux, les nuées des cieux. »

Leçons du cœur

Contemple le secret de la bénédiction cachée au cœur du brouillard, car les nuages, qui assombrissent les cieux et dissimulent le soleil, nous enseignent que même la dissimulation fait partie de Sa royauté.

L’enseignement profond qui se trouve ici est que c’est précisément dans les endroits où il semble que « les ténèbres sont Sa retraite », lorsque l’homme se trouve enveloppé dans un nuage de doutes ou de difficultés, que le Créateur Lui-même se dissimule.

Le véritable renforcement consiste à comprendre que cette « obscurité des eaux » est une préparation à la pluie et au bien qui viendra un jour abreuver l’âme.

Sache que l’obscurité ne vient que pour t’amener à chercher le Créateur à l’intérieur même de cette obscurité, et à transformer les nuages en « nuées de gloire » qui t’enveloppent et te protègent.

Lorsque tu reconnaîtras que même au plus profond du brouillard, le Créateur construit pour toi un abri de miséricorde, ton âme se remplira d’une vitalité fondée sur une foi solide, et tu mériteras de voir comment chaque nuage devient une source d’abondance et de bénédiction dans ta vie.

Mon cœur Te parle

Maître du monde, je crois d’une foi parfaite que même au cœur de la dissimulation la plus profonde, Tu es présent, comme il est dit : « Il fait des ténèbres Sa retraite autour de Lui ». Je T’en prie, Hachem, accorde-moi la connaissance nécessaire pour pouvoir pénétrer au cœur de l’obscurité du nuage et du brouillard, c’est-à-dire au cœur même des empêchements et des confusions, et T’y trouver.

Aide-moi à croire que toute « obscurité des eaux » et tout alourdissement du cœur ne sont qu’une préparation aux pluies de bénédiction et aux eaux de la connaissance. Brise donc et fends les nuages qui couvrent mes yeux, et transforme les Dinim sévères en bontés simples.

Construis pour moi un abri de miséricorde et protège-moi sous les nuées de Ta gloire, jusqu’à ce que ma lumière brille au cœur des ténèbres et que je mérite de sortir de l’obscurité vers une grande lumière, pour savoir que le brouillard lui-même est devenu pour moi un refuge et un abri. Amen.

L’œuvre de Tes mains

Un nuage épais et lourd peut peser des centaines de tonnes. Et pourtant, le miracle est qu’il « flotte » dans l’air comme s’il était aussi léger qu’une plume.

La science explique qu’un nuage est constitué de milliards de minuscules gouttelettes d’eau, maintenues en suspension par les courants d’air chaud qui les empêchent de tomber.

Ces nuages jouent également le rôle d’un immense « voile thermique » : durant la journée, ils réfléchissent une partie du rayonnement solaire et limitent le réchauffement excessif ; durant la nuit, ils contribuent à retenir la chaleur de la Terre.

Sans les nuages, la température à la surface de la terre varierait de manière extrêmement importante entre le jour et la nuit.


ÉTUDE APPROFONDIE

AU CŒUR DES MOTS

Lorsque le voile lui-même parle de la Présence

Contemple le secret d’une obscurité qui ne signifie pas nécessairement l’absence, car les nuages possèdent une particularité étonnante : ils peuvent cacher le soleil sans que le soleil ait disparu.

L’homme regarde le ciel.

Quelques instants auparavant, tout était lumineux.

Puis les nuages arrivent.

La lumière diminue.

Le ciel devient gris.

Pour celui qui regarde uniquement ce qu’il voit, le soleil semble avoir disparu.

Pourtant il demeure exactement là où il était.

Voilà le premier enseignement des nuages :

ce qui est caché n’est pas nécessairement absent.

Le verset va même plus loin. Il ne dit pas simplement que les ténèbres empêchent de voir Hachem. Il emploie une expression paradoxale :

« Il fait des ténèbres Sa retraite. »

L’obscurité devient elle-même un voile derrière lequel se cache une Présence.

L’homme voudrait naturellement rencontrer Hachem uniquement dans la lumière, la compréhension et la délivrance.

Les nuages lui enseignent qu’il existe aussi une Avodat Hachem propre aux moments où le ciel se couvre.

Les nuages cachent la lumière et portent pourtant la pluie

Les nuées épaisses obscurcissent le ciel, mais c’est précisément d’elles que descend l’eau qui féconde la terre.

Elles cachent.

Et elles donnent.

Elles diminuent momentanément la lumière visible.

Et elles portent une bénédiction indispensable à la vie.

Cette contradiction apparente devient un enseignement profond.

Il existe des moments où l’homme ne comprend pas ce qui lui arrive.

Une porte se ferme.

Une attente se prolonge.

Une situation qu’il croyait claire devient confuse.

Il ressent d’abord uniquement le nuage.

Mais il ne connaît pas nécessairement encore tout ce que cette période produira.

Cela ne signifie pas que nous ayons le droit d’expliquer toute souffrance en affirmant :

« C’est certainement pour telle raison »,

ou :

« Tu verras, cela deviendra forcément de telle manière un bien visible. »

Les voies de Hachem dépassent notre compréhension.

Mais nous pouvons retenir une vérité plus humble :

mon incapacité à voir la bonté de Hachem maintenant ne prouve pas que Sa Providence a disparu.

Le nuage n’est pas le soleil.

Mais il ne détruit pas le soleil.

Le Yalkout Chimoni : l’eau est adoucie dans les nuages

Le Yalkout Chimoni décrit avec précision le rôle des nuages dans la pluie. Selon un enseignement qu’il rapporte, les eaux de l’océan, qui sont salées, s’adoucissent dans les nuées avant de redescendre vers la terre. Il décrit également les nuages recevant et filtrant les eaux, jusqu’à ce que les gouttes tombent selon l’ordre fixé par Hachem.

Cette image poursuit magnifiquement l’enseignement des eaux que nous avons étudié précédemment.

Quelque chose monte depuis la terre.

Il entre dans le nuage.

Il devient invisible.

Puis il redescend transformé.

Le nuage semble donc vide à celui qui ne voit que sa surface sombre.

Mais à l’intérieur se déroule un travail.

Il en est parfois ainsi dans la vie spirituelle.

Une période peut sembler improductive.

Tu ne vois aucun progrès.

Tu pries mais tu ne ressens pas d’ouverture.

Tu travailles une Mida sans constater encore de changement durable.

Tu essaies d’éduquer avec patience sans voir immédiatement le fruit.

Le nuage enseigne :

ne crois pas que rien ne se passe uniquement parce que le processus est encore invisible.

Certaines transformations se produisent précisément dans des lieux où l’œil ne peut pas les suivre.

Le même nuage peut être obscurité et lumière

Le Yalkout Chimoni donne une image encore plus saisissante à propos de la sortie d’Égypte.

Lorsque les Égyptiens poursuivirent Israël devant la mer, la Torah dit :

« La nuée et l’obscurité furent là, et elle éclaira la nuit. » (Exode 14, 20)

Le Midrach demande :

si c’était une nuée, pourquoi parler d’obscurité ?

Et si c’était l’obscurité, pourquoi parler de nuée ?

Il répond que le nuage possédait deux aspects :

obscurité pour les Égyptiens, lumière pour Israël.

Une seule réalité.

Deux perceptions radicalement différentes.

Cela révèle que ce que l’homme voit d’un événement n’épuise pas nécessairement tout ce que cet événement contient.

Nous voyons depuis un côté.

Hachem voit l’ensemble.

Il existe des choses que nous appelons immédiatement :

« obstacle »,

alors que nous ne savons pas encore si cet obstacle nous protège de quelque chose.

Une fermeture peut parfois nous détourner d’un chemin qui n’était pas bon pour nous.

Une attente peut empêcher une décision précipitée.

Encore une fois, nous ne pouvons pas imposer cette interprétation à chaque épreuve.

Mais le nuage de la mer Rouge nous interdit au moins une conclusion :

l’obscurité visible depuis mon côté ne me permet pas de connaître toute la conduite de Hachem.

La proximité de Hachem peut parfois être voilée

Lorsque la Torah décrit la révélation au mont Sinaï, elle associe elle aussi la Présence divine à la nuée et à l’épaisseur du voile.

Nous aurions pu imaginer que plus Hachem Se révèle, plus tout devrait devenir immédiatement clair.

Mais la Torah nous apprend un paradoxe :

une révélation trop grande peut elle-même nécessiter un voile.

L’homme ne peut pas recevoir toute lumière sans mesure.

Le voile ne sert donc pas toujours à éloigner.

Il peut parfois permettre de recevoir.

Nous retrouvons un principe déjà rencontré dans plusieurs chants du Perek Chira :

la limite peut être un récipient.

La nuit permet une autre forme de connaissance.

La diminution de la lune prépare le renouvellement.

La terre cache la semence jusqu’au moment de sa germination.

Le nuage cache la lumière tout en portant l’eau.

Ainsi, l’homme ne doit pas demander seulement :

« Pourquoi Hachem ne me montre-t-Il pas davantage ? »

Il peut parfois demander :

« Comment dois-je Le servir avec la lumière qu’Il me donne maintenant ? »

Le Zohar : derrière les murs d’obscurité se trouve le visage du Roi

Le Zohar reprend précisément les mots :

« Il fait des ténèbres Sa retraite »

et décrit les « visages du Roi » comme cachés derrière des profondeurs d’obscurité.

Puis il enseigne que ceux qui savent s’attacher correctement à la sainteté peuvent traverser ces « murs d’obscurité », jusqu’à ce que la lumière apparaisse et que la bénédiction se répande.

Sans entrer dans la profondeur kabbalistique de ce passage, une idée très forte se dégage :

l’obscurité peut être un voile devant une lumière, et non le dernier degré de la réalité.

Lorsque l’homme se trouve devant un mur, il pense naturellement :

« Il n’y a rien derrière. »

Le Zohar lui apprend à ne pas confondre mur et fin.

Spirituellement, cela signifie qu’il existe des moments où le lien avec Hachem doit être recherché plus profondément.

Lorsque l’émotion disparaît.

Lorsque les réponses simples ne suffisent plus.

Lorsque la foi de l’enfance doit devenir une Émouna plus intérieure.

L’homme ne possède plus la lumière facile qu’il connaissait.

Mais il peut justement commencer à chercher Hachem non seulement parce qu’il ressent Sa présence, mais parce qu’il désire Sa présence même lorsqu’elle est voilée.

Cette recherche peut produire un lien beaucoup plus profond.

Rabbi Naḥman : il existe une Torah cachée dans l’obscurité

Rabbi Naḥman cite lui aussi :

« Il fait des ténèbres Sa retraite »

et rattache ce verset à la Torah cachée, aux profondeurs qui ne sont pas immédiatement accessibles à l’intelligence.

Il explique que certaines vérités sont appelées « obscurité » non parce qu’elles seraient mauvaises, mais parce qu’elles sont trop profondes pour être facilement saisies.

Voilà une distinction essentielle.

Il existe l’obscurité du mal.

Et il existe également l’obscurité de ce qui dépasse notre compréhension.

L’homme confond parfois les deux.

« Je ne comprends pas, donc cela n’a pas de sens. »

Mais l’absence de compréhension n’est pas une preuve d’absence de sens.

Un enfant ne comprend pas tout ce que fait son père.

Un élève débutant ne comprend pas encore une page complexe.

Cela ne signifie pas que cette page ne possède aucune sagesse.

Dans la vie aussi, il faut parfois posséder l’humilité de dire :

« Cela me dépasse. »

Cette phrase n’est pas un échec de l’intelligence.

Elle peut être une forme de sagesse.

Le danger du « double voile »

Il existe cependant une obscurité plus dangereuse encore.

La Torah annonce :

« Et Moi, Je cacherai certainement Ma face en ce jour-là. » (Devarim 31, 18)

Les maîtres de la ‘Hassidout ont beaucoup insisté sur la différence entre un voile que l’homme reconnaît et un voile dont il ne sait même plus qu’il est un voile.

Lorsque je dis :

« Hachem, je ne Te sens pas »,

je suis encore en relation avec Lui.

Je sais qu’il existe une lumière que je cherche.

Mais lorsque l’homme s’habitue tellement à vivre loin de sa Source qu’il ne ressent même plus le manque, l’obscurité devient beaucoup plus profonde.

Le nuage nous enseigne alors à conserver au moins le souvenir du soleil.

Même lorsque tu ne ressens pas.

Même lorsque tu ne comprends pas.

Dis :

« Je sais qu’il existe une lumière derrière ce que je vois. »

Cette conscience empêche l’obscurité de devenir absolue.

Le plus grand danger n’est pas toujours de traverser un nuage. C’est d’oublier qu’il existe un ciel au-dessus de lui.

Les nuages du désert : être guidé sans connaître tout le chemin

Les nuages occupèrent également une place centrale dans la traversée du désert.

La Torah raconte que lorsque la nuée s’élevait, Israël voyageait ; lorsqu’elle demeurait au-dessus du Michkan, le peuple campait.

Israël ne connaissait pas à l’avance toute la carte de son voyage.

Il devait regarder la nuée.

Aujourd’hui on avance.

Aujourd’hui on s’arrête.

Combien de temps ?

Ils ne le savaient pas nécessairement.

Cela enseigne une forme d’Émouna particulièrement difficile :

avancer sans recevoir à l’avance l’ensemble du programme.

L’homme voudrait dire à Hachem :

« Montre-moi toute la route et ensuite je Te ferai confiance. »

Mais dans le désert, la confiance fonctionnait autrement.

Le peuple recevait l’indication du prochain mouvement.

Pas toujours celle de toute l’histoire.

Il en est souvent ainsi dans notre vie.

Nous voudrions savoir :

où cette décision conduira dans dix ans,

quand telle difficulté prendra fin,

comment chaque enfant évoluera,

comment la Parnassa se présentera plus tard.

Mais nous ne recevons parfois que la lumière nécessaire pour le prochain pas.

Alors le service consiste à demander :

« Que dois-je faire correctement aujourd’hui ? »

Le reste viendra avec le mouvement de la nuée.

Le nuage peut aussi protéger

Une nuée ne sert pas seulement à cacher.

Elle peut faire écran.

Elle peut protéger d’une chaleur excessive.

Les Nuées de Gloire qui accompagnaient Israël dans le désert sont ainsi devenues dans les paroles de nos Sages le symbole d’une protection divine enveloppante.

Voilà encore une transformation importante de notre regard.

L’homme associe naturellement toute limitation à une perte.

« Pourquoi Hachem m’empêche-t-Il ? »

« Pourquoi cette porte est-elle fermée ? »

Mais nous ne savons pas combien de fois une limite nous protège de ce que nous ne voyons pas.

Il existe des choses que nous voulions absolument obtenir et pour lesquelles, des années plus tard, nous remercions finalement de ne pas les avoir reçues.

Cela ne se produit pas toujours.

Mais suffisamment pour apprendre l’humilité.

Toutes les protections ne ressemblent pas à une lumière. Certaines ressemblent d’abord à un nuage.

Ne cherche pas à dissiper toi-même tous les nuages

L’homme supporte difficilement l’incertitude.

Dès qu’un nuage apparaît, il veut immédiatement une réponse.

Pourquoi cela arrive-t-il ?

Combien de temps cela durera-t-il ?

Quelle est la signification exacte ?

Mais certaines réponses ne sont pas encore disponibles.

Et fabriquer une explication simplement pour ne plus ressentir l’incertitude peut parfois faire plus de mal que le silence.

L’Émouna sait aussi dire :

« Je ne sais pas. »

Je ne sais pas pourquoi cette situation m’a été donnée.

Je ne sais pas quand elle se terminera.

Je ne sais pas exactement quel bien en sortira.

Mais je sais que Hachem n’a pas cessé d’exister parce que mon ciel est couvert.

Cette position est beaucoup plus vraie qu’une explication artificielle.

Elle permet de rester relié sans prétendre comprendre ce qui nous dépasse.

Derrière le nuage vient parfois la pluie

Les chants précédents formaient déjà une progression.

Les eaux montaient vers les nuages.

La terre attendait.

Les champs témoignaient de l’ordre de la Création.

Maintenant les nuées révèlent l’étape où la bénédiction est présente mais encore cachée.

L’homme voit le ciel devenir sombre et pense :

« La lumière diminue. »

L’agriculteur, lui, peut regarder le même ciel et penser :

« Peut-être la pluie arrive. »

Un même nuage produit donc deux lectures.

L’une voit seulement ce qui est caché.

L’autre sait également attendre ce qui peut descendre.

Voilà une définition très belle de l’espérance.

L’espérance ne consiste pas à prétendre que le nuage est déjà la pluie.

Elle consiste à refuser de déclarer que le ciel couvert ne peut plus rien donner.

L’obscurité de l’exil n’est pas le dernier ciel

Le langage de l’obscurité possède naturellement une dimension de Guéoula.

Le prophète Isaïe annonce :

« Car voici, les ténèbres couvriront la terre et une obscurité les nations ; mais sur toi Hachem se lèvera et Sa gloire apparaîtra sur toi. » (Isaïe 60, 2)

Le Yalkout Chimoni rapproche précisément cette prophétie de la nuée qui fut obscurité pour l’Égypte et lumière pour Israël.

L’histoire elle-même connaît donc des périodes où le voile paraît dominer.

La Présence de Hachem est moins visible.

Le bien semble faible.

Israël traverse l’exil.

Mais le voile ne devient jamais le dernier mot.

La Guéoula n’invente pas soudain la Présence divine.

Elle révèle davantage Celui qui était déjà présent derrière le voile.

Cela donne une force particulière au chant des nuages.

Ils ne disent pas :

« Un jour Hachem reviendra. »

Ils disent :

« Sa retraite est ici, dans le voile même. »

La présence est cachée.

Pas absente.

Lorsque tu ne vois pas Hachem, cherche à rester avec Lui

Il existe finalement un service propre au nuage.

Dans la lumière, l’homme peut dire :

« Je vois Tes bontés. »

Dans la nuit :

« Je crois à Ta fidélité. »

Sous le nuage, il peut dire :

« Je ne Te vois pas clairement, mais je refuse de quitter l’endroit où je Te cherche. »

Cela peut se traduire très simplement.

Continuer à faire une Berakha.

Continuer à étudier.

Continuer à prier même sans réponse immédiate.

Continuer à garder une petite routine de sainteté au milieu d’une période confuse.

Continuer à parler à Hachem avec ses propres mots :

« Je ne comprends pas ce qui se passe, mais aide-moi à ne pas m’éloigner de Toi à cause de ce que je ne comprends pas. »

Parfois, cette prière elle-même est le passage à travers le nuage.

Sache donc, âme précieuse, que lorsque les nuages proclament : « Il fait des ténèbres Sa retraite autour de Lui ; Sa demeure est l’obscurité des eaux, les nuées des cieux », ils t’enseignent à ne jamais confondre la disparition de la lumière visible avec la disparition de Hachem. Un nuage peut cacher le soleil tout en portant l’eau qui fera vivre la terre. Le Yalkout Chimoni enseigne que les eaux elles-mêmes sont travaillées et adoucies dans les nuées avant de redescendre, et qu’au bord de la mer une même nuée fut obscurité pour l’Égypte et lumière pour Israël. Tu ne vois donc jamais l’ensemble d’une conduite divine depuis le seul côté où tu te tiens. Lorsque ton ciel intérieur se couvre, ne te force pas à inventer des explications que tu ne possèdes pas. Dis simplement : « Hachem, je ne comprends pas encore, mais je sais que le voile n’est pas une preuve de Ton absence. » Rabbi Naḥman enseigne que « Il fait des ténèbres Sa retraite » désigne également des profondeurs cachées que l’intelligence ne peut saisir immédiatement ; apprends ainsi l’humilité de ne pas appeler vide ce qui te dépasse. Et lorsque tu ne reçois pas toute la route, regarde la nuée comme Israël dans le désert : cherche le prochain pas, accomplis aujourd’hui la Mitsva qui est devant toi et laisse demain à Celui qui guide le voyage. Certaines obscurités protègent, certaines préparent, certaines demeurent pour nous mystérieuses ; mais aucune n’est capable de supprimer la Source de toute lumière. Garde donc au cœur le souvenir du soleil lorsque tu ne le vois plus. Continue à prier, à étudier, à espérer et à marcher. Alors le nuage ne deviendra pas seulement ce qui t’empêche de voir : il pourra devenir le lieu même où ton Émouna apprend à reconnaître une Présence plus profonde, jusqu’au jour où les voiles se dissiperont et où la lumière de la Guéoula révélera que Hachem n’avait jamais quitté Son monde ni ton âme, dans la confiance et la profonde sérénité.