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LA POMME

La Knesset d’Israël loue le Créateur, choisi parmi toutes les idoles, et dont la Torah est douce.

LA POMME DIT : « Comme une pomme parmi les arbres de la forêt, ainsi est mon Bien-Aimé parmi les jeunes gens. À Son ombre, j’ai désiré m’asseoir, et Son fruit est doux à mon palais. »

Leçons du cœur

Contemple le secret de l’affection et du lien personnel avec le Créateur, car la pomme nous enseigne qu’il est possible de trouver douceur et sérénité même au milieu des « arbres sauvages » et confus de ce monde.

L’enseignement profond qui se trouve ici est que la foi n’est pas seulement un devoir, mais un véritable plaisir qui fait vivre le cœur.

L’essentiel du renforcement consiste à rechercher le « goût » dans chaque chose qui relève de la sainteté, et à ne pas accomplir les mitsvot simplement par habitude.

Sache que le Créateur désire ta proximité et qu’Il t’attend à l’ombre de la foi afin de faire descendre sur toi des forces nouvelles.

Au moment où tu prendras plaisir à la proximité de Hachem et ressentiras la douceur de Sa bonté, ton âme connaîtra une croissance remplie d’un parfum agréable, et tu deviendras un arbre béni dont tous ceux qui le regardent tireront bénédiction.

Mon cœur Te parle

Maître du monde, accorde-moi le mérite de trouver le véritable Bien-Aimé même au milieu des « arbres sauvages », des obstacles et des confusions de ce monde. Je T’en prie, Hachem, fais-moi goûter à l’agréable douceur des renouvellements de Ta sainte Torah, jusqu’à ce que je mérite d’y ressentir un « goût plus doux que le miel et le nectar des rayons », et que toutes les vanités et les désirs de ce monde deviennent méprisables à mes yeux face au plaisir et aux délices de Ta sainteté.

Aide-moi à me réfugier à l’ombre de la foi parfaite et à mériter « l’illumination de la volonté suprême », afin que mon service ne soit pas accompli par simple habitude, mais qu’il jaillisse de la contemplation de la douceur de Hachem et d’un ardent désir de me rapprocher de Lui. Fais descendre sur moi le « bon parfum du Gan Eden » et une crainte du Ciel qui vivifie l’âme, jusqu’à ce que je devienne un arbre béni portant des fruits doux dans la Torah et les bonnes actions. Accorde-moi de goûter dès ce monde à la vie du Monde futur et de réaliser en moi : « À Son ombre, j’ai désiré m’asseoir, et Son fruit est doux à mon palais. » Amen.

L’œuvre de Tes mains

La pomme est comme une véritable « brosse chimique » de la nature.

La peau de la pomme contient une substance appelée pectine, une forme de fibre alimentaire capable de se lier à certaines substances présentes dans le système digestif et de favoriser leur élimination par l’organisme.

De plus, la pomme libère un gaz appelé éthylène, qui est une hormone végétale. Celle-ci agit sur les fruits qui l’entourent et peut accélérer leur maturation.

Ainsi, la pomme ne veille pas seulement sur elle-même : elle peut également influencer le processus de maturation des autres fruits qui se trouvent dans son environnement.


ÉTUDE APPROFONDIE

AU CŒUR DES MOTS

Au milieu de tous les arbres, l’âme reconnaît son Bien-Aimé

Contemple le secret d’une âme qui apprend à reconnaître Hachem au milieu de toutes les forces qui remplissent le monde, car une forêt peut impressionner par la hauteur, la puissance et le nombre de ses arbres.

De même, l’homme vit entouré de réalités qui paraissent gouverner son existence.

La nature.

La Parnassa.

Les circonstances.

Les personnes puissantes.

Les causes visibles.

Les calculs.

Mais Israël dit :

« Ainsi est mon Bien-Aimé parmi les jeunes gens. »

Au milieu de toutes ces forces, il existe une présence qui n’est comparable à aucune autre.

Le commentaire déjà présent dans notre étude, suivant le Malbim, comprend le Bien-Aimé comme Hachem, dont la Providence demeure parfois cachée derrière les forces visibles du monde.

Les arbres sont visibles.

La forêt paraît gouvernée par ses propres lois.

Mais l’âme d’Israël cherche Celui qui donne la vie à toute la forêt.

La foi ne nie pas les causes visibles. Elle refuse simplement d’en faire la Source ultime.

« À Son ombre, j’ai désiré m’asseoir »

Le verset ne dit pas seulement :

« J’ai trouvé une ombre. »

Il dit :

« J’ai désiré Son ombre. »

Il existe ici un mouvement du cœur.

L’âme veut être proche de Hachem.

Elle ne cherche pas seulement Sa protection lorsqu’elle a peur.

Elle désire Sa présence.

Cette nuance est très importante.

On peut prier uniquement lorsqu’on manque de quelque chose.

On peut se tourner vers Hachem seulement lorsque les autres solutions ont échoué.

Mais le Cantique des Cantiques parle d’une relation plus profonde :

« Je veux être près de Toi parce que c’est près de Toi que mon âme trouve sa place. »

La Mitsva cesse alors d’être seulement une obligation.

Elle devient aussi une rencontre.

Le Chabbat devient un refuge.

La Torah une demeure.

La prière un lieu où l’âme peut s’asseoir.

Le Yalkout Chimoni : les nations s’éloignèrent, Israël choisit l’ombre

Le Yalkout Chimoni applique directement notre verset au don de la Torah.

Il enseigne que les nations reculèrent devant l’engagement demandé par Hachem.

Israël, au contraire, proclama :

« À Son ombre, j’ai désiré m’asseoir. »

Puis le Midrach rapproche la pomme d’Israël en rappelant que le peuple dit au Sinaï :

« Nous ferons et nous écouterons. » (Exode 24, 7)

Israël accepte d’abord d’entrer sous l’ombre.

Il ne demande pas de tout comprendre avant de s’engager.

Voilà une dimension essentielle de l’Émouna.

Nous avons évidemment le devoir d’étudier, de comprendre et d’approfondir.

Mais la relation avec Hachem ne peut pas attendre que l’intelligence humaine ait reçu une réponse complète à chaque question.

Il existe des moments où l’on comprend après avoir commencé à marcher.

« Na’assé véNichma » : faire ouvre une nouvelle compréhension

Nos Sages enseignent donc que la pomme rappelle Israël parce que son fruit est décrit comme précédant ses feuilles, image du peuple qui plaça :

Na’assé, « nous ferons »,

avant :

Nichma, « nous écouterons ».

Cette parole ne signifie pas :

« Nous ne voulons pas comprendre. »

Elle signifie :

« Notre fidélité ne dépendra pas entièrement de ce que nous comprenons déjà. »

Cette attitude existe dans de nombreux domaines de l’Avodat Hachem.

Un homme commence à respecter le Chabbat.

Puis il en découvre progressivement la profondeur.

Il fixe un temps de Torah.

Puis l’étude elle-même ouvre en lui des questions nouvelles et une compréhension nouvelle.

Il commence à donner de la Tsedaka.

Puis son cœur se transforme par l’habitude de donner.

Parfois, l’action ne vient pas après toute la compréhension.

L’action elle-même devient l’un des chemins de la compréhension.

Rabbi Naḥman : de « Na’assé » naît toujours un nouveau « Nichma »

Rabbi Naḥman développe précisément le principe de Na’assé véNichma.

Il explique qu’à chaque niveau spirituel, l’homme possède un « Na’assé », ce qu’il est déjà capable de mettre en pratique, et un « Nichma », ce qu’il ne comprend pas encore.

Puis il grandit.

Ce qui était auparavant caché devient accessible.

L’ancien « Nichma » devient alors un nouveau « Na’assé ».

Et devant lui apparaît un nouveau niveau encore inconnu.

Ainsi la croissance spirituelle ne consiste jamais à atteindre un moment où tout serait enfin compris.

Elle consiste à aller :

de degré en degré.

Aujourd’hui tu sais accomplir quelque chose.

Demain tu en comprendras davantage.

Puis cette nouvelle compréhension deviendra elle aussi le commencement d’une recherche plus haute.

C’est une vision magnifique de la Torah :

plus tu goûtes le fruit, plus tu découvres qu’il possède encore de nouvelles profondeurs.

On ne goûte pas le fruit en restant à distance

Le verset possède un ordre remarquable :

d’abord :

« À Son ombre, j’ai désiré m’asseoir »

puis :

« Son fruit est doux à mon palais. »

Il faut s’approcher avant de goûter.

Certaines personnes regardent la Torah de loin et décident d’avance de son goût.

« Ce sera trop difficile. »

« Cela va m’enfermer. »

« Je n’y trouverai rien pour moi. »

Mais le verset enseigne que la douceur est découverte après s’être assis sous l’arbre.

Il faut parfois vivre un Chabbat pour commencer à connaître son goût.

Étudier réellement une page.

Entrer dans une prière.

Accomplir une Mitsva avec attention.

La connaissance extérieure ne remplace pas toujours l’expérience.

Il existe des douceurs que l’intelligence ne peut pas connaître avant que l’âme les ait goûtées.

Le Zohar : « Son fruit est doux » désigne les paroles de Torah

Le Zohar commente directement notre verset.

Il identifie le Bien-Aimé à Hachem et l’ombre désirée à la proximité que connut Israël au Sinaï lorsqu’il reçut la Torah et proclama :

« Nous ferons et nous écouterons. »

Puis il explique :

« Son fruit est doux à mon palais »

comme les paroles de Torah, conformément au verset :

« Elles sont plus douces que le miel et que le suc des rayons. » (Psaumes 19, 11)

La douceur de la Torah n’est donc pas simplement intellectuelle.

Elle appartient au goût intérieur de l’âme.

Une personne peut aimer une Souguia.

Une autre un Midrach.

Une autre un enseignement de Halakha.

Une autre encore un Psaume qui l’accompagne pendant des années.

La Torah possède de nombreux fruits parce que les âmes ont elles aussi des besoins différents.

Mais la racine de la douceur est une :

ce sont les paroles du Bien-Aimé.

La Torah devient douce lorsqu’elle entre dans la vie

Au début, certains enseignements peuvent sembler exigeants.

Une limite.

Une obligation.

Une discipline.

Mais avec le temps, l’homme découvre parfois que la limite elle-même protégeait quelque chose de précieux.

Le Chabbat interdit certaines activités, mais il ouvre un espace qu’aucun autre jour ne possède.

Les lois de la parole demandent une retenue difficile, mais elles protègent les relations.

La fidélité dans les Mitsvot exige de renoncer parfois à l’immédiat, mais elle construit une stabilité intérieure.

Le goût apparaît progressivement.

Cela ne signifie pas que chaque Mitsva sera toujours ressentie comme facile.

Mais l’homme peut découvrir qu’une vie orientée par la Torah possède une douceur que le désir immédiat ne savait pas lui donner.

Le fruit n’est pas toujours doux au premier regard. Il devient doux lorsqu’on commence à vivre de lui.

L’ombre n’est pas l’obscurité

Nous avons étudié les nuages, la nuit et les voiles qui peuvent cacher la lumière.

Ici apparaît une autre forme d’ombre.

Une ombre désirée.

L’ombre de l’arbre ne supprime pas la lumière.

Elle la rend habitable.

Sous un soleil trop fort, l’ombre protège.

Cela donne une très belle image de la Torah.

La lumière divine est immense.

L’homme ne peut pas vivre dans une spiritualité abstraite sans mesure.

La Torah traduit cette lumière en gestes accessibles.

Manger de telle manière.

Bénir.

S’arrêter le Chabbat.

Honorer ses parents.

Donner.

Étudier.

Prier.

La grandeur infinie d’Hachem entre dans la mesure d’une vie humaine.

La Mitsva est parfois l’ombre qui permet à l’homme de demeurer près de la lumière sans être consumé par elle.

Le Zohar : « à l’ombre de Dieu » devient le Michkan

Le Zohar donne encore une lecture remarquable aux mots :

« À Son ombre, j’ai désiré m’asseoir. »

Il les rapproche de Betsalel, dont le nom peut être lu Betsèl-El, « à l’ombre de Dieu », celui qui construisit le Michkan.

Knesset Israël peut ainsi « s’asseoir à l’ombre de Dieu » lorsqu’une demeure est préparée pour la Présence divine.

Cette lecture nous enseigne que le désir de proximité doit finir par construire quelque chose.

Il ne suffit pas de dire :

« J’aime Hachem. »

Cette relation doit prendre forme.

Dans le temps.

Dans la maison.

Dans la parole.

Dans les habitudes.

Le Michkan traduit l’amour en espace réel.

De même, dans notre vie :

le désir devient durable lorsqu’on lui construit un lieu.

Si tu désires la Torah, donne-lui une heure.

Si tu désires une maison plus sainte, donne au Chabbat une vraie place.

Si tu désires davantage de prière, protège un moment où le téléphone ne pénètre pas.

Le cœur dit :

« Je désire Ton ombre. »

L’action répond :

« Je vais lui préparer une demeure. »

La véritable protection n’est pas toujours là où le monde la cherche

Le Yalkout rapporte paradoxalement que les autres nations s’éloignèrent de l’ombre du pommier, tandis qu’Israël la désira.

Cela révèle deux manières d’évaluer la sécurité.

Le monde demande souvent :

« Qu’est-ce qui me laisse le maximum de liberté immédiate ? »

Israël demande :

« Où mon âme est-elle véritablement protégée ? »

Une limite peut paraître contraignante tout en préservant l’essentiel.

Une alliance matrimoniale possède des obligations, mais elles protègent la relation.

Le Chabbat ferme certaines possibilités et ouvre un sanctuaire dans le temps.

La Torah ne promet pas une existence sans difficulté.

Elle donne un lieu intérieur depuis lequel traverser la difficulté sans perdre son centre.

Voilà l’ombre désirée.

Non pas l’absence de soleil.

Mais la présence d’un arbre sous lequel l’âme sait où se tenir.

Le fruit précède les feuilles : ne fais pas dépendre toute ta fidélité des apparences

Le Midrach compare la pomme à Israël parce que le fruit apparaît avant les feuilles.

Spirituellement, cela signifie également que l’essentiel peut précéder ce qui se voit.

Une personne accomplit une Mitsva avant d’avoir acquis toute l’apparence extérieure que l’on associe parfois à un grand niveau spirituel.

Elle commence.

Une graine de fidélité existe déjà.

Il ne faut pas dire :

« Tant que je ne peux pas tout faire, je ne fais rien. »

Israël a dit :

« Na’assé. »

Nous ferons ce que nous pouvons déjà faire.

Puis nous avancerons vers le « Nichma ».

C’est un conseil précieux pour celui qui revient vers Hachem.

Ne cherche pas à transformer toute ta vie en une seule nuit.

Prends une Mitsva réelle.

Puis une autre.

Commence par produire un fruit. Les feuilles suivront.

La douceur n’est pas le plaisir immédiat

Il faut cependant distinguer deux choses.

Le verset ne dit pas :

« Tout ce que Hachem me demande sera immédiatement agréable. »

Il dit :

« Son fruit est doux à mon palais. »

Un fruit mûr est doux après un processus.

La Torah peut parfois demander un effort avant que sa douceur ne soit ressentie.

L’homme qui commence à étudier éprouve peut-être de la difficulté.

Celui qui travaille une Mida doit lutter.

Une personne qui réorganise sa vie autour du Chabbat doit parfois changer de nombreuses habitudes.

Mais il existe une douceur plus profonde que la facilité.

La douceur d’être aligné avec ce que l’on croit.

La douceur d’une conscience plus paisible.

La douceur d’une maison sanctifiée.

La douceur d’une Torah devenue familière.

Tout ce qui est doux n’est pas nécessairement facile, et tout ce qui est facile n’est pas nécessairement doux.

Abraham choisit lui aussi l’arbre différent de la forêt

Le Zohar propose une autre lecture de notre verset et rapproche la pomme d’Abraham Avinou.

Abraham fut capable de se distinguer de son environnement par sa fidélité à Hachem.

Alors que le monde environnant suivait d’autres croyances, il s’attacha au Créateur avec amour et Émouna.

Cela donne au chant une dimension supplémentaire.

Reconnaître le Bien-Aimé parmi les arbres signifie parfois savoir ne pas se laisser définir par ce que tout le monde fait autour de soi.

Une forêt exerce une pression.

Tous les arbres semblent aller dans la même direction.

Mais Abraham osa chercher la Source.

Dans la vie aussi, l’Avodat Hachem demande parfois de pouvoir dire :

« Je sais pourquoi je choisis cette voie, même lorsqu’elle n’est pas la plus populaire. »

Non par mépris des autres.

Mais par fidélité.

Le fruit de la proximité doit devenir douceur pour les autres

Si la Torah est douce pour l’âme, cette douceur devrait progressivement apparaître également dans la manière de traiter les hommes.

Une Torah qui ne produirait que dureté, humiliation ou orgueil manquerait quelque chose de son fruit.

Celui qui s’assoit réellement sous l’ombre du Bien-Aimé doit apprendre aussi :

à parler avec davantage de respect,

à juger moins vite,

à donner,

à supporter,

à demander pardon,

à faire de la place.

La douceur du fruit n’est pas seulement ce que je ressens.

Elle devient ce que les autres goûtent de ma présence.

La plus belle preuve qu’un arbre est bon est peut-être que ceux qui s’approchent de lui trouvent eux aussi de quoi se nourrir.

Choisir où l’on s’assoit

Le verset contient finalement une décision très simple :

« Je me suis assis. »

Nous nous asseyons tous quelque part.

Spirituellement aussi.

Sous l’ombre d’une culture.

D’une opinion.

D’une habitude.

D’un groupe.

D’un écran.

De certaines ambitions.

Toutes ces choses façonnent progressivement notre goût.

La pomme pose donc une question profonde :

Sous quelle ombre mon âme passe-t-elle ses journées ?

Qu’est-ce qui forme mon imagination ?

Qu’est-ce qui m’apprend ce qui a de la valeur ?

Qu’est-ce qui nourrit mes désirs ?

On ne peut pas toujours choisir tout ce qui nous entoure.

Mais on peut choisir une partie de l’endroit où l’on s’assoit régulièrement.

Une maison d’étude.

Une communauté.

Des livres.

Des fréquentations.

Des temps de silence.

Ces choix finissent par former le palais intérieur.

La Guéoula : lorsque le monde goûtera davantage la douceur de la Présence

Aujourd’hui, la Providence de Hachem est souvent cachée au milieu de la « forêt ».

Les causes visibles prennent toute la place.

L’homme voit les arbres et oublie Celui qui les fait vivre.

La Guéoula signifie aussi un dévoilement plus grand de cette présence.

Le monde reconnaîtra davantage sa Source.

La Torah ne paraîtra plus comme une réalité étrangère posée à côté de la vie.

Sa lumière apparaîtra comme le goût véritable pour lequel l’âme avait été créée.

Le Zohar relie déjà notre verset au Sinaï, lorsque Israël choisit l’ombre de Hachem et goûta le fruit de Sa Torah.

Chaque étude, chaque Mitsva et chaque Chabbat deviennent ainsi une petite anticipation de ce dévoilement.

Nous nous asseyons aujourd’hui sous l’ombre.

Nous goûtons quelques fruits.

Et nous apprenons peu à peu vers Qui toute l’histoire nous conduit.

Sache donc, âme précieuse, que lorsque la pomme proclame : « Comme une pomme parmi les arbres de la forêt, ainsi est mon Bien-Aimé parmi les jeunes gens. À Son ombre, j’ai désiré m’asseoir, et Son fruit est doux à mon palais », elle t’enseigne à choisir consciemment l’endroit où ton âme veut demeurer. Le monde ressemble parfois à une immense forêt de forces, de causes, d’opinions et de puissances visibles ; mais derrière toutes ces réalités demeure Hachem, la Source vers laquelle Israël tourne son désir. Le Yalkout Chimoni rattache directement ce verset au Sinaï : tandis que d’autres reculèrent, Israël dit « À Son ombre, j’ai désiré m’asseoir » et plaça « Na’assé » avant « Nichma ». Apprends de là que tu n’as pas besoin d’avoir déjà compris toute la Torah pour commencer à lui être fidèle. Fais aujourd’hui ce qui est à ta portée, et laisse l’étude ouvrir demain une compréhension nouvelle. Rabbi Naḥman enseigne précisément que chaque « Nichma », chaque profondeur encore cachée, peut devenir avec le temps un nouveau « Na’assé », puis ouvrir vers un niveau plus élevé encore. Ne crains donc pas ce que tu ne comprends pas encore ; marche de degré en degré. Le Zohar enseigne que « Son fruit est doux » désigne les paroles de Torah, plus douces que le miel, et rapproche aussi « Son ombre » de Betsalel et du Michkan : si tu désires vraiment la proximité de Hachem, construis-lui une place concrète dans ta journée et dans ta maison. Donne une heure à la Torah, une vraie place au Chabbat, un moment protégé à la prière. Et ne juge pas le goût du fruit avant de t’être approché de l’arbre. Certaines douceurs ne se découvrent qu’en vivant la Mitsva, en persévérant dans l’étude et en laissant la Torah devenir familière à ton palais. Alors, peu à peu, ce qui paraissait exigence deviendra nourriture, ce qui paraissait ombre deviendra refuge, et ce qui était seulement croyance deviendra un goût intérieur. Ainsi Israël demeure sous l’ombre de son Bien-Aimé à travers l’exil, jusqu’au jour où la présence aujourd’hui cachée au milieu de la forêt se révélera davantage dans la Guéoula, et où toute âme pourra reconnaître pleinement combien le fruit de Hachem est doux, dans l’amour, la confiance et la profonde sérénité.